Nuts Publishing fait partie des éditeurs aux jeux sortant des sentiers battus et originaux, ce qui est loin de me déplaire.

300 a pour thème la guerre entre la Perse et la Grèce qui dura 50 ans et dont le film éponyme doit rappeler des souvenirs à certains. C’est une époque à ma connaissance relativement peu abordée dans les jeux, ce qui rend ce dernier d’autant plus intéressant.

Allons donc faire un petit tour chez Léonidas… :)

Un joli plateau, clair, lisible et parfaitement synthétique.

Oh que c’est sobre et joli !

C’est la première chose qui frappe à l’ouverture de la – relativement – petite boîte. J’avoue, j’aime bien les « cubenbois », qui confèrent un côté je-ne-sais-quoi de chaleureux à un jeu. Ici, ça tombe bien, tous les pions (Armée, Flotte, les divers marqueurs et e Pont) sont en bois.

Le reste du matériel n’est pas en reste : plateau fort joli aux couleurs sobres et les cartes sont solides, glissent parfaitement en sont remarquablement lisibles. Un sans fautes.

Comment on joue ?

En effet, c’est quand même le plus important !

Un des joueurs contrôle donc les Grecs, et l’autre, les Perses. Le but du jeu est (évidemment) d’écraser l’autre et de remporter le plus de points de victoire. La partie s’achève à la fin des 5 expéditions menées par les Perses, où lorsqu’un camp contrôle 2 villes majeures du camp adverse.

La mise en place est toujours la même : les unités des deux camps (armées et flottes) sont positionnées comme indiqué dans le livret. les différents marqueurs (PV et expéditions) sont placés sur le plateau, puis les cartes Événement sont distribuées à chacun. C’est en partie d’elles que dépendra l’issue de la partie, elles sont donc à jouer avec soin.

Le tour de jeu ?

Une expédition est divisée en 4 phases : Préparation, Opérations, Ravitaillement et Score. Comme c’est le Perse qui agresse le Grec, il joue toujours en premier.

Pendant la phase de Préparation, chacun dépense ses talents (la monnaie) en achat d’unités, qui sont ensuite placées dans des cités (ou leurs ports) contrôlées par la nation correspondante.

La phase d’Opérations concerne quant à elle les déplacement, les combats et le cartes Événement. Au cours du Ravitaillement, il faut veiller à ce qu’aucune de ses unités ne soit esseulée et coupée de sa base (sinon, c’est la perte directe).

Enfin, c’est au cours de la phase de Score que les PV sont ajustés (fort logiquement).

Vous l’aurez donc compris, rien de très compliqué (ni même d’original) dans ce déroulement.

Bon, c’est tout naze, alors ?

Non, bien au contraire !

Sous cette apparence de simplicité, 300 regorge de subtilités. Pourquoi ? Déjà, le jeu est « asymétrique » : les Perses ont plus d’argent chaque tour, ils disposent de plus d’armées disponibles. Par contre, les Grecs sont de meilleurs combattants et sont donc redoutables sur le champ de bataille. Les Perses vont à l’inverse se révéler intraitables lors de la défense de leurs villes situées en Asie, ce qui complexifie leurs prises.

Et puis, et puis, il y a les cartes Événement. Vous savez, celles qui sont distribuées à chaque joueur en début de partie. ce sont de gros « game changers » qui peuvent renverser une situation à priori désespérée et redonner de l’espoir à un des deux camps. Certaines d’entre elles sont très fortes, sans pour autant – et heureusement – déséquilibre le jeu.

Vous voulez des exemples ? Non ;) Ce serait vous gâcher une partie de la découverte, et ce serait sincèrement très dommage. Car si, forcément, ces événements n’auront (presque) plus aucune surprise pour vous après plusieurs parties, ils s’en restent pas moins un élément clef du jeu.

La partie se termine donc après les 5 expéditions Perses (auquel cas les PV départagent les deux joueurs), ou lorsqu’un camp s’est emparé de deux cités majeures de l’adversaire. (Et qui sait, peut-être que certaines cartes Événement peuvent changer les choses… À vous de le découvrir).

Sous ses abords bien discrets qui pourraient faire penser à un « petit jeu », 300 en a sous le couvercle et s’avère d’une grande finesse stratégique.

Il est d’autant servi par sa sobriété que ses règles sont simples à assimiler. Cela dit attendez-vous à de nombreuses surprises. Les parties se suivent, sans se ressembler…

Philippe Pinon

Philippe Pinon

Trublion de presque 50 balais, touche à tout, autodidacte, tête de cochon. Après plus de 20 ans à effectuer un travail décérébrant, change de voie. Scribouillard, « traductier de l'impossible », il devient même éditeur (OVNI) en 2015 où il édite, accompagné de son associée et conjointe, romans et JdR. Mais ce qui le définit le mieux, c'est quand même le terme de "Gros Connard" (au grand cœur, malgré tout, pour ceux qui prennent le temps de fouiller au delà des apparences).

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