Marvel : Les Agents du SHIELD saison 6 – Jed Whedon et Maurissa Tancharoen

Les + :
– Des moyens techniques en hausse
– Le plaisir de poursuivre les évolutions des personnages
– Quelques stands alones bien sentis

Les – :
– Une intrigue inégale
– Quelques redites
– Une conclusion trop rapide

Malgré les rumeurs d’annulation, Marvel : les agents du SHIELD revient pour deux saisons plus courtes, de 13 épisodes seulement, qui doivent faire patienter les fans en attendant le lancement des productions Disney +. Paradoxalement, SHIELD est la série la mieux notée et la plus populaire de l’écurie Marvel, mais les audiences sont depuis plusieurs mois mauvaises et le budget important a été fortement réduit depuis la saison 5.
Baisser le nombre d’épisodes permet donc de repartir avec ambition, alors que les scénaristes avaient conclu les derniers arcs scénaristiques et tué l’agent Coulson à la fin du dernier acte. Dans ces conditions, était-il vraiment pertinent de continuer ?

Les épisodes 1 et 2 répondent en partie à cette question. Effets spéciaux soignés, figurants nombreux, équipe de héros élargie, narration épique sont au programme et montrent que le format mini-série apporte à l’écran. C’est nettement moins fauché que précédemment et cela apporte notamment une crédibilité nouvelle au SHIELD, qui n’est pas réduit à une dizaine de personnes errant dans des couloirs.
Le choix du twist de base est également pertinent : Coulson revient dans le camp des méchants, rebaptisé Sarge, une espèce de Mad Max de l’espace. Nos héros vont faire face à leur mentor et ami, ce qui ne sera pas sans conséquence.
Malheureusement, ce démarrage en trombe ne sera pas suivi d’effets. En tentant de maintenir une narration parallèle, les scénaristes nous offrent de beaux moments dans l’espace (épisode 3 totalement déjanté dans le bar, épisode 6 qui parvient encore à creuser la relation Fitz/Simmons) qui ne pèsent pas assez lourd face à l’immobilisme de l’histoire sur Terre. S’en suivent donc de longs tunnels peu intéressants pour une histoire qui ne sortira de ce faux rythme qu’à l’épisode 9, où l’équipe est enfin réunie et où, enfin, le scénario nous fait ses premières révélations.

J’avais déjà expliqué par le passé combien Agents du SHIELD pouvait être efficace narrativement quand elle décidait de traiter sur un arc une thématique SF. Mais ces cinq épisodes de mise en place sont trop peu rythmés, étant donné qu’il reste à la fin 4 épisodes pour tout résoudre. Résultat : certains éléments sont précipités, comme l’histoire autour des Chronicoms dont on ne parle que partiellement, d’autres mal traités comme la prétendue méchanceté de Coulson/Sarge, à laquelle on ne croit rapidement plus et dont la conclusion est expédiée.

La série confirme pourtant certaines de ses qualités. Le casting reste solide et l’évolution des personnages pertinente, malgré quelques redites notamment sur la relation Yoyo-Mack. La série se permet d’introduire plusieurs agents, déjà vus ou non par le passé, dans l’équipe, ce qui permet de nouveaux développements sur des personnages secondaires ou tertiaires.

Si la méchante principale, Izel (Karolina Wydra), manque de charisme, elle permet de creuser l’histoire des monolithes, qui a débuté en saison 1 et ne cesse de s’enrichir depuis. La mythologie de la série en sort encore grandie.
Techniquement, Agents du SHIELD profite du resserrement du nombre d’épisodes. Les parties spatiales sont soignées et l’arrivée de Sarge sur Terre est visuellement percutante. Les effets autour des transformations sont très réussis. Musicalement, Bear McCreary fait le travail sans éclat.

L’intrigue se termine abruptement et ouvre la saison suivante. J’aurai préféré que les scénaristes prennent plus de temps pour élucider la situation dramatique dans laquelle se trouvait l’équipe à ce moment-là. L’ellipse n’est pas toujours une force, surtout dans ce cas. Il n’empêche que la promesse d’explorer l’histoire du SHIELD est motivante, en espérant que les scénaristes utilisent mieux les cartes à leur disposition.

Conclusion

Marvel : les agents du SHIELD saison 6 est probablement la saison la plus faible de la série. Inégale, elle atteint parfois les hauts niveaux, déjà gagnés par le passé, avant de s’effondrer dans un ronron trop classique. L’ennui n’est parfois pas loin, heureusement la série garde certaines de ses qualités. Il faudra faire mieux pour conclure l’aventure en beauté.

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