La peinture, c’est une affaire de pros. C’est la raison pour laquelle j’ai fait appel à l’un d’entre eux – No More Grey Studio – pour rédiger un petit tutoriel pour ceux qui, comme moi, n’ont jamais réussi à peindre une patate mais qui désireraient s’y mettre :)

Voilà ce que ça donne, et, franchement, ça a de la gueule !

Je laisse donc la parole à Thomas, et moi je m’efface…

Un ami m’a demandé un tuto peinture sur deux figurines du jeu Reich Busters de Mythic Games, du coup je lâche les peintures de Super Fantasy Brawl (très bon jeu au demeurant), et accepte le défi !

Le but n’est pas de faire des pièces de collection, mais juste de mettre un peu de couleurs sur le plateau avec le parti pris d’un tuto accessible à chacun. Et pour ce faire on ne va utiliser que le kit Reichbuster, soit 12 peintures et un pinceau :

La première figurine, la demoiselle, sera une peinture simple. La peinture ne sera pas diluée, il n’a aura aucun effet particulier, la seule technique a appliqué et la pose de peinture.

La deuxième, le mec avec deux sulfateuses, la peinture sera diluée (à l’eau), je vais tenter un nmm (travailler le métal sans peinture ayant des pigments métalliques) sommaire avec les peintures à disposition, la principale technique a maîtriser est le glacis (application d’une peinture très diluée en fines couches successive dont la pose reste maîtrisée contrairement au lavis).

Entorse au règlement édicté par moi-même : la sous couche (noir) est appliquée à l’aérographe et pour le soldat un pré ombrage est effectué. Vous pouvez sous coucher avec une bombe noire et faire le pré ombrage avec une bombe de sous couche blanche.

1/ Première couche sur la peau, la fille nécessitera deux couches de « buster flesh » non diluées pour couvrir la sous-couche noire. « Non dilué » ne signifie pas mettre beaucoup de peinture, la pose doit rester propre et ne pas occulter les détails par une épaisseur de peinture trop importante.

NB : toujours bien attendre entre deux couches que la peinture soit sèche sous peine d’abîmer la précédente application.

 

La peinture pour le soldat est diluée « grosso modo » à 2 volumes d’eau pour 1 volume de peinture. Je ferai autant de passage que nécessaire pour obtenir une base relativement homogène sur le dessus des volumes. L’avantage de ce type d’application est de contrôler au mieux la saturation de la couleur (présence plus ou moins importante de pigment) et la transparence, ici jouer avec le pré ombrage pour gagner en nuance.

 

2/ La dame a bien reçu les deux couches. Le résultat est conforme en termes de teinte et les détails sont présents, on est sur un à-plat propre et c’est tout ce que je souhaite à cette étape. Le soldat après 3 passages, la transparence laisse entrevoir le gris dans les parties inférieures des volumes, la teinte est légèrement désaturée par le blanc du pré ombrage sur les parties supérieures, mais homogènes ce que je recherchais, go next.

 

 

 

 

3/ Première couche des cuirs. Je vous mets un exemple de l’un problème qui revient souvent avec les peintures Army painter, à savoir « la consistance des fois n’est pas terrible », sur la palette en bas vous avez cette consistance pas top effectivement, elle est due à un mélange partiel des différents éléments de la peinture, pour y remédier il faut secouer plus fort plus longtemps le pot. Pour vous y aider, l’ajout d’une bille en acier inoxydable dans le pot est un plus non négligeable.

 

Malgré un mélange énergétique pour obtenir la consistance du dessus, la couvrance de « Veteran leather » n’est pas des meilleurs, le noir de la sous-couche est très apparent, donc on va faire d’autre passage jusqu’à ne plus voir ce noir. Sur le soldat c’est moins problématique avec le préombrage blanc comme précédemment on va aller chercher l’homogénéité sur les galbes.

J’ai dû passer 3 couches sur la dame, mais n’en ai fait 2 sur les accessoires, ceintures et pochettes, cela me permet d’avoir un cuir plus sombre avec la sous-couche noire qui reste perceptible. 2 couches pour le soldat auront suffi.

4/

Application du washe le fameux « strong tone ». Alors pour en mettre on charge généreusement le pinceau, j’en mets sur les cuirs et la peau de la tireuse d’élite, ainsi que sur la peau du soldat, mais sur ce dernier je dilue le « strong tone » toujours et je récupère les excédents, je veux juste teinter la peau notamment dans les creux, zones d’ombres, qui sont un peu trop « gris », j’en profiterai pour en mettre dans ombres des cuirs, juste les ombres je ne veux pas toucher à la teinte dominante. Et je laisse bien sécher, c’est plus long qu’une peinture classique.

 

5/

Le strong tone ayant produit son effet, à savoir se caler dans les creux pour marquer les reliefs, il a également assombri toutes les surfaces sur lesqueless il a été appliqué. A cette étape je vais rappeler la teinte de la peau sur les deux figurines en évitant les creux ‘toujours en diluant la peinture pour le soldat).

Avec le « comrade brown », je vais venir éclaircir les plis du cuir, en posant la peinture par le dessus en évitant les creux et les parties inférieures, l’entre-jambes, le dessous du bras qui tient l’arme. Je ne repasse pas sur les accessoires afin d’augmenter le contraste avec la tenue.

Pour le soldat, je passe plusieurs glacis de comrade brown sur les parties saillantes du cuir, le galbe des cuisses, les gros plis de la jambe droite, le haut des épaules, cela permet de faire vivre ce cuir avec un ton un peu orangé pas désagréable.

 

6/ On applique le vert sur le béret et la cape. Notez qu’il a fallu 3 couches sur la cape, la troisième n’ayant pas été appliquée dans les plis dans « l’ombre ».

 

 

 

 

 

7/ Je repasse les parties censées être en métal avec le noir. J’en profite pour faire un lining, alors c’est juste un trait fin noir séparant les volumes de textures différentes, la peau et le béret, la peau et la veste … etc, je passe un trait fin dans les replis du pantalon pour en augmenter les contrastes. le lining permet d’augmenter la lisibilité de la figurine, on aide le cerveau de l’observateur a interprété de manière artificielle les différentes parties de la figurine. Pour de la figurine de jeu ce n’est pas grand-chose (à part beaucoup de précision),  mais cela change tout en termes de rendu. Ce n’est pas si simple d’être précis, si votre trait est raté, avant que cela sèche, lavez votre pinceau gardez un peu d’eau dans le pinceau et délicatement, mais rapidement mouillez la partie « sale » pour l’empêcher de sécher et nettoyez avec le pinceau avec suffisamment d’aller-retour entre le pot d’eau et la figurine vous aurez rattrapé le raté sans dommage (la condition étant que vos autres couches soient bien sèches).

 

8/

Avec le « shrieker grey », je passe sur les arêtes et les volumes supérieurs des armes. Pour les canons je fais des applications successives en limitant de plus en plus la surface traitée. Pour schématiser, la moitié supérieure du canon reçoit la première couche, le tiers supérieur recevra la deuxième, le cinquième supérieur du canon recevra la troisième couche. Cela permet d’augmenter la luminosité du canon vers le haut.

Je passe également deux glacis sur la partie inférieure du visage pour simuler une barbe naissante.

 

9/ Avec le « 6xx claw » (c’est quoi ce nom de peinture sérieux?!?) je rehausse les lumières de la peau, j’en passe sur les arrêtés du nez les doigts, ainsi que les parties hautes des muscles de Schwarzy.

 

 

 

 

 

Étant la couleur la plus claire que j’ai à disposition, je vais l’utiliser pour les reflets de lumière des armes, n’étant pas très satisfait je me retrouve chafouin …

 

 

 

 

 

10/

Pour distinguer le cuir noir des bottes avec les armes du m’sieur en nmm gris, je passe le « doktor blue » pour donner des reflets bleus sur le dessus des bottes, juste avec une couche, la transparence faisant le reste  pour les reflets. Je peins différents détails avec le « vril red », dont les cheveux de la dame, je fais également un glacis sur la peau du soldat pour la faire vibrer, la trouvant un peu trop « lisse ». Le glacis est limité aux parties intérieures et inférieures des différents volumes, j’évite les parties les plus claires pour garder les lumières intactes.

 

11/ Avec le « gun metal » je fais le canon de la dame, et étant toujours chafouin sur le nmm, je triche honteusement. Je mets quelques pointes de « gun metal » sur les parties saillantes des armes qui auraient reçu un traitement de blanc (que je n’ai pas a disposition dans le kit).

Le fusil de la tireuse d’élite a reçu le même traitement que le cuir de sa tenue sans le dernier éclairci au « comrade », le 6xx claw » est utilisé pour le tissu sur le fusil. Je fais un lining avec le noir sur les parties en nécessitant un. Notamment au niveau du calot, le cuir et le rouge des cheveux sont très proches chromatiquement et le lining est indispensable pour les distinguer l’un de l’autre.

 

12/Je fais le liseré de la cape vite fait … le « 6xxx claw » ? Petite astuce, pour augmenter la saturation d’un rouge, faite une couche de couleur chair et repasser le rouge par-dessus. Comparez le rouge des cheveux et celui du liseré c’est le même … l’un est posé sur une sous-couche noire l’autre sur de la couleur chaire claire.

 

 

 

 

 

 

Bonne peinture à tous !

 

Philippe Pinon

Philippe Pinon

Trublion de presque 50 balais, touche à tout, autodidacte, tête de cochon. Après plus de 20 ans à effectuer un travail décérébrant, change de voie. Scribouillard, « traductier de l'impossible », il devient même éditeur (OVNI) en 2015 où il édite, accompagné de son associée et conjointe, romans et JdR. Mais ce qui le définit le mieux, c'est quand même le terme de "Gros Connard" (au grand cœur, malgré tout, pour ceux qui prennent le temps de fouiller au delà des apparences).

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