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X-Men – Michael Kamen

 

X-Men a été le porte étendard de la nouvelle vague de films de supers héros qui s’est abattue sur les écrans depuis le début des années 2000. Pour ce premier opus, la production a décidé de faire confiance a celui qui a mis en musique les aventures des héros de la décennie passée : John McLane et Martin Riggs. Alors que les musiques de films de super-héros sont taxées de simplisme, d’absence de thèmes marquants, il convient de se pencher sur les glorieux ancêtres à la narration affirmée.

Michael Kamen est un compositeur quasi inconnu du grand public, alors qu’il a mis en musique deux des franchises les plus populaires du cinéma d’action contemporain : L’arme fatale et Die Hard. On lui doit de nombreuses et superbes partitions – citons au hasard Brazil, Robin des Bois : prince des voleurs ou Highlander, tous dotés d’une belle approche thématique. Pour X-Men de Bryan Singer, il met en place une ambiance plus futuriste, très typée science fiction, où sont particulièrement mis en avant les sonorités électroniques.

Et la thématique me direz-vous ? Car qui dit film de super héros dit forcément gros thème accrocheur à la clé – du moins à ce moment là, Marvel ayant largement changé de politique à ce sujet. Eh bien elle ne dispose pas vraiment d’une large place sur le CD, noyé au milieu des douze pistes de l’album.

Death Camp s’ouvre sur une mélodie au piano, puis les cordes prennent le relais dans un adagio qui évoque dans le film la découverte du camp de concentration où le jeune Eric Lensherr – le futur Magneto – est conduit. Les cordes montent en puissance jusqu’à ce que l’orchestre éclate quand le garçon utilise pour la première fois ses pouvoirs à l’écran. Le thème de Magneto est alors esquissé en fond, mais ce sont surtout les percussions qui sont mises en avant dans un style très reconnaissable, proche de Die Hard. S’en suit une dernière réminiscence du thème avant que les cordes ne déclinent.

C’est Ambush qui servira de main title alors que la piste s’ouvre sur une légère initiation du « love theme » (Logan and Rogue). La piste illustre l’affrontement Dent de Sabre/Wolverine et plane un léger chœur d’enfant jusqu’à ce que la guitare électrique prenne le relais. Soutenue par les sonorités électroniques, elles vont rythmer la piste jusqu’à l’apparition de l’écran titre, joué pour la première fois au complet. Au programme, un mouvement classique et crescendo des cordes, soutenus par les cuivres. Malheureusement, c’est bref et on ne l’entendra plus avant un bon moment.

Ces deux premières pistes permettent de situer l’approche de Michael Kamen : au détriment d’une thématique certes travaillée mais discrète, le compositeur a choisi de mettre en avant l’ambiance sombre et les sonorités électroniques qui donnent un ton futuriste au film de Bryan Singer.

Ce son particulier, entre synthé et percussions électroniques, n’est pas sans rappeler l’univers musical d’Hans Zimmer. Rien de surprenant à découvrir que les percussions sont interprétées par un certain Klaus Badelt, collaborateur proche de Zimmer à l’époque, dont les samples serviront à nouveau pour ses partitions personnelles de second ordre comme La Recrue. C’est particulièrement flagrant sur une piste comme Cerebro où les cordes sont étouffées par les sonorités « boite à rythme » qui l’entourent.

Mutant School est lui un vrai thème empli de gaieté, qui n’est pas sans rappeler le style Kamen de Robin des Bois. On y esquisse dans une lente progression de cordes le thème des X-Men et des sonorités plus sombres, plus solennelles aussi.

 

On pourra par contre remarquer que le thème du personnage de Magneto est plus mis en avant que ses petits camarades. Comme Magneto’s Lair et Magneto stand off  s’ouvrent sur lui, justement. Cordes amples au rythme lent, toujours emplie de tragédie, le mouvement renforce le côté torturé du personnage . A noter au début de la première piste et à la fin de la seconde des évocations du thème de Mystique. Train propose une approche climax très typée K-men, avec violons stridents et réminiscences toujours présentes du thème de Magneto. La chorale fait une discrète apparition. Là encore, le drame est mis en avant : comme dans la première piste, les cordes ont le beau rôle mais les sonorités électroniques sont ultra présentes.

 

Bon, ce n’est pas tout ça, la moitié du CD est déjà passée et on ne peut pas dire que cela bouge beaucoup. C’est peut-être le plus paradoxal avec le CD de X-Men : on va passer en quelques instants du mélodramatique à l’épique. The X-Jet permet enfin d’apprécier à sa juste valeur l’excellent thème des X-Men, qui dispose ici d’un large développement. Enfin me direz-vous, il aura fallu attendre le dernier quart de l’album pour qu’il se fasse présent. En fin de piste, le compositeur fait jouer pour la première fois à l’orchestre le thème complet – et dissonant – de Mystique. Un thème que je trouve très réussi, avec des stridences oppressantes, qui revient plusieurs fois sur l’album.

Museum Fight poursuit sur ce même thème. Puis Kamen développe une piste d’action très classique de sa part, digne héritière de Die Hard, où les cordes soutiennent l’action pendant que le thème des X-Men s’invite à nouveau. The Statue of Liberty, piste s’il en est inutile, se contente de maintenir l’ambiance entre électro et orchestre.

Heureusement, Final Showdown prolonge le plaisir et le déploiement très énergique entrepris par l’orchestre. Le thème des X-Men est mis en avant et c’est une explosion orchestrale où tous les secteurs sont mis à contribution. Ce thème marquera durablement les esprits, au point de devenir celui de presque tous les films X-Men (sauf First Class).

Un peu à part sur la galette se trouve la dernière piste Logan and Rogue. C’est un peu le love theme de l’album même si on peut surtout parler d’affection réciproque entre les deux personnages dans le film – j’irai même jusqu’à dire un lien père/fille. Mais Michael Kamen se lance dans de longs mouvements au violon dont les envolés rappellent le love theme de Highlander et son Who wants to live forever immortalisé par le groupe Queen. L’album se termine comme il a commencé, avec quelques notes au piano, suivi d’une dernière évocation du thème des X-Men. Un vrai End title.

 

 

La thématique est au final très présente, mais moins mise en avant lors des premières écoutes. Privilégiant l’ambiance, le soutien de l’action à l’écran, Michael Kamen ne cède pas à l’approche  John Williams/Danny Elfman mais il choisit d’épouser l’image, disséminant par à coups des thèmes plus nombreux qu’il n’y paraît.

 

Conclusion :

Au final, on prend plaisir à se laisser surprendre par l’apparition en filigrane des thèmes de X-Men, à voir sous quelle forme ils nous sont proposés, et c’est là qu’on regrettera la brièveté de l’album. Seulement quarante minutes, on aurait aimé en avoir un peu plus car c’est la frustration qui domine à l’écoute du CD. De fait, seule la moitié des pistes est vraiment digne d’intérêt, dommage.

On attend toujours une édition complète de la BO pour rendre justice à cette musique prenante, édition qui se fait attendre désespérément.

 

X-Men

Composé par Michael Kamen

Album édité par Decca Records

À propos Kevin

Passionné d'imaginaire, Kevin lit, voit et assiste à pas mal de choses. Il partage ses découvertes et aime repartir vers le passé, le temps d'une chronique ou d'un article. Depuis 2008, il joue aussi les scribouilleurs amateurs chez Rivière Blanche (Dimension Ecologies Etrangères), Malpertuis (Malpertuis VI) ou les éditions Mots & Légendes où son premier roman de Fantasy débarquera courant 2017.

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