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Marvel : Les Agents du SHIELD saison 5 – Jed Whedon et Maurissa Tancharoen

Sortis du Cadre en vie, Coulson et son équipe sont capturés et envoyés dans le futur grâce à un mystérieux monolithe. Là-bas, ils découvrent que la Terre a été détruite à cause de Daisy. Commence la plus terrible des épreuves : sauver le futur afin d’avoir une chance de retourner dans le présent pour empêcher le désastre.

Renouvelée in extremis pour cette cinquième saison, Marvel : les agents du Shield continue l’exploration des genres de la science-fiction entamée lors de la saison 4. Au programme cette fois, la dystopie (dans l’air du temps) promet un énorme défi pour la team Coulson, à savoir sauver la Terre de la destruction.

Tous les poncifs du genre y sont bien maniés : esclavage de l’humanité, une poignée de gens qui résistent, une planète devenue inhospitalière, des duels dans une arène, ainsi qu’un duo de méchants…très méchants. Cette première partie de la saison fonctionne bien.

Les grandes qualités de la série sont toujours là : une touche d’humour geek, des relations entre personnages en constante évolution, un développement riche de l’univers, un dynamisme global bienvenu.

Le duo de méchants apporte énormément, car leurs personnalités troubles les rend intéressants : Kasius (Dominic Rains) est le fils détesté d’un puissant chef Kree qui entend restaurer son image en vendant des Inhumains à travers l’univers ;  Sinara (la Française Florence Faivre) est sa garde du corps, une guerrière impitoyable aux pouvoirs psy. Ensemble, ils forment un tandem démoniaque à l’équilibre psychologique instable, toujours proche de la rupture, qui cache un profond attachement mutuel dans les épreuves. Une belle réussite en peu d’épisodes.

Mais cette première partie est touchée parce que j’appellerai le syndrome Syfy. En effet, la baisse de moyens de la série, induite par sa reconduction, la contraint à se dérouler quasi exclusivement dans des couloirs et des hangars. Si les scénaristes en tiennent compte dans leur écriture, on finit par ressentir les limites à l’écran et dans l’économie technique qui contraint les réalisateurs à quelques choix malheureux (ah, ces ralentis nombreux sur les combats, notamment). C’est dommage, parce que le choix de se tourner vers les étoiles, comme la phase 3 du MCU, offre plein de possibilités et des épisodes de choix, comme celui de l’épisode 5 de la fuite dans le temps de Fitz (Rewind).

Dans sa deuxième partie, de retour sur Terre, Agents du Shield offre un best of assez jouissif de ce qu’on a vu depuis plusieurs saisons. Au départ, il y a The Real Deal (épisode 12), qui marque un virage en étant le centième de la série. Même s’il est assez anecdotique dans son contenu, il permet d’évoquer à nouveau d’anciens personnages (Lash, Deathlock, Hive) et se termine sur une touche romantique du mariage du couple maudit, aka Fitz-Simmons, sans doute le duo le plus touchant de l’équipe.

Et là, on se retourne sur les 99 épisodes passés et on mesure l’évolution de chacun, les épreuves endurées et l’attachement qui nous lie aux personnages. Si l’on m’avait dit pendant la saison 1 que ces deux-là deviendraient une raison moteur de mon envie de continuer à regarder la série, j’aurai ricané. Et pourtant…

Leur couple, forgé par les épreuves, n’est sans doute pas le plus dangereux les armes à la main, mais ils sont l’exemple type de l’héroïsme ordinaire des agents du Shield, qui auront sacrifié beaucoup pour sauver la planète. De plus, les scénaristes jouent beaucoup de la dynamique des amants maudits, à qui le destin refuserait de vivre leur amour normalement, cette cinquième saison en offre deux nouvelles preuves.

Le reste de la saison, va raccrocher les wagons d’une intrigue non résolue en saison 1 sur le gravitonium, pour proposer au spectateur un tout-est-lié savoureux où les guests stars défilent en nombre, emmenés par la guest principale, Catherine Dent (Officier Dani Sofer dans…la série policière The Shield).

Plus que jamais, cette partie nécessite d’avoir vu les saisons précédentes. Pour le suiveur régulier, ce sera alors l’évocation de plein de souvenirs avec une écriture encore une fois apte, à partir de détails, à bâtir une intrigue solide.

Plus la saison avance, plus on sent qu’elle est écrite comme la dernière. L’épisode final amène à une nouvelle génération d’agents qui sort enfin de l’ombre alors que l’agence redevient un bouclier pour la population. De retour à sa fonction première pré-Capitaine America : le Soldat de l’hiver, le SHIELD fait face aux pires menaces, des extra-terrestres belliqueux et un super-méchant aux impressionnants pouvoirs, sans l’initiative Avengers (occupée alors par Thanos, cf Infinity War). La boucle est bouclée, d’autant que la mort d’un des personnages principaux vient rappeler le danger constant pesant sur les agents.

La technique est globalement au diapason, malgré les maigres moyens à disposition. On sent qu’une grande partie du budget est passé sur la seconde partie (acteurs invités, tournages en extérieur, effets spéciaux), ce qui ressent aussi dans la musique : après une séquence tout-synthé fauché, Bear McCreary retrouve l’orchestre au moment du retour sur Terre et offre des jeux constants sur les thèmes, avec l’occasion de ramener des motifs exploités auparavant. Il livre avec The End (épisode final) l’une de ses meilleures compositions pour la série, qu’il achève par la fanfare habituelle, qui a toute sa force en raison de son absence pendant les 21 épisodes précédents.

Conclusion

Après une première partie fauchée, mais intéressante, le spectateur retrouve Agents du Shield au meilleur de sa forme dans une synthèse jouissive des quatre saisons précédentes. On sort donc conquis de cette cinquième fournée, qui ne sera heureusement pas la dernière. L’équipe reviendra en juillet 2019. J’ai hâte.

Marvel : Les Agents du SHIELD

Crée par Maurissa Tancharoen, Jed Whedon et Joss Whedon

Avec Clark Gregg, Ming-Na, Henry Simmons, Chloe Bennett, Iain De Caestecker et Elizabeth Henstridge

ABC

Diffusée sur Série Club et W9

Eldricht Tales

A propos de Kevin

Passionné d'imaginaire, Kevin lit, voit et assiste à pas mal de choses. Il partage ses découvertes et aime repartir vers le passé, le temps d'une chronique ou d'un article. Depuis 2008, il joue aussi les scribouilleurs amateurs chez Rivière Blanche (Dimension Ecologies Etrangères), Malpertuis (Malpertuis VI) ou les éditions Mots & Légendes où son premier roman de Fantasy débarque en Mars 2018.

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