Mankind Woman – Brant Bjork

 

Pour celles et ceux qui ne le connaîtraient pas, Brant Bjork était le batteur iconique du non moins iconique groupe Kyuss, considéré comme l’un des pionniers et piliers les plus importants du stoner metal et du desert rock. En tant que fan absolu de ces deux genres, j’avais suivi d’assez près les carrières des membres de ce groupe après leur séparation. Et pourtant, le projet solo de Brant Bjork était passé sous mon radar jusqu’à présent. C’est Mankind Woman qui a eu l’honneur de rétablir ce tort.

L’album s’ouvre sur la chanson Chocolatize. Ouverture efficace et groovy, elle est très caractéristique du rock psyché old school dont le stoner s’est massivement inspiré. Acide, énergique et entraînante, elle constitue une excellente entrée en matière. La deuxième piste, Lazy Wizards, ralentit le tempo et se fait beaucoup plus calme, en n’oubliant pas pour autant de groover. Pisces prend la suite en augmentant un peu le tempo, mais en gardant la distorsion a un niveau relativement bas. Charlie Gin a un feeling beaucoup plus épuré, direct et rock n roll. La chanson éponyme, Mankind Woman, se sépare en deux partie. Même si la première a ses qualités, dont le phrasé qui me fait beaucoup penser à du Fu Manchu, ce qui n’est jamais une mauvaise chose, je porte une affection toute particulière à la deuxième, plus rapide et plus bluesy. Mention spéciale au lick joué à la guitare fuzzy qui traverse l’intégralité de cette chanson. Swagger & Sway est l’une de mes chansons préférées de cette album. Sans doute l’une des plus groovy, et celle dont le riff principal me fait le plus pensé à du Kyuss. Somebody ajoute un peu de lourdeur, ce qui est loin de me déplaire. Pretty Hairy est sans doute ma chanson préférée de tout l’album, mélangeant l’énergie de Chocolatize, le groove de Swagger & Sway et la lourdeur de Somebody. En bref, un cocktail excellent. Brand New Old Times est la seule chanson de l’album que je n’aime pas. Elle n’est pas mauvaise à proprement parler, mais elle vient comme un cheveu sur la soupe en étant beaucoup trop légère et guillerette pour l’album. Elle a au moins la décence de ne durer que 2 minutes et de laisser place à 1968, qui vient remettre un coup de groove et de disto bien grasse comme on l’aime, malgré une voix un peu approximative. Nation of Indica vient conclure cet album, et elle le fait plutôt bien.

Au final, j’ai plutôt bien aimé cet album. Et pourtant, je ne peux m’empêcher d’en ressortir quelques déceptions. Peut-être est-ce ma faute, peut-être mes attentes ont-elles entaché mon écoute de l’album, mais je ne peux pas m’empêcher de comparer Brant Bjork aux autres projets post Kyuss, comme Fu Manchu, Slo Burn ou Queens of the Stone Age, et une conclusion s’impose : il ne tient la comparaison avec aucun d’entre eux. C’est tout de même triste de se dire que le projet solo du gamin qui était derrière la batterie pour les albums les plus iconiques du stoner et du desert rock est à ce niveau-là. Surtout quand on voit ce qu’il a réussir à accomplir avec Fu Manchu. Pris à part, c’est un album de rock psyché plutôt sympa, qui plaira sans doute aux fans de rock 60’s et 70’s, mais mis en relation avec le reste de sa carrière, il est loin d’être à la hauteur.

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