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A game of thrones – A song of ice and fire – George R. R. Martin

 

Cette histoire se déroule dans un vaste monde de fantasy dans lequel l’été s’étend sur des décennies, et l’hiver peut durer une vie entière. Du Sud calculateur et des terres sauvages de l’Est jusqu’au Nord gelé et à l’ancien mur qui protège le royaume des ténèbres, les puissantes lignées des Sept Royaumes sont engagés dans une bataille pour le Trône de Fer. Il s’agit d’une histoire de duplicité et de traîtrise, de noblesse et d’honneur, de conquête et de triomphe. Dans la course pour le Trône de Fer, il faut vaincre ou mourir.

Même si je peux dire aujourd’hui être une grande fan de l’univers de A song of ice and fire, force est de reconnaître que j’ai eu un peu de mal à rentrer dans l’histoire du premier tome.

Certes la scène d’entrée est accrocheuse (un déserteur du mur protégeant le royaume se retrouve confronté à une créature étrange et dangereuse qui tue impitoyablement ses camarades), certes l’univers est complexe et l’histoire crédible.
Mais j’ai trouvé que le rythme souffrait de quelques longueurs, et je me suis ennuyée lors de certains passages. Ce premier tome n’a pas été un véritable coup de cœur, et je ne l’ai pas dévoré comme j’ai pu le faire pour d’autres par la suite : je n’étais pas particulièrement pressée de reprendre ma lecture entre deux chapitres, ce qui m’a un peu déçue étant donné tout le battage qui avait été fait autour de l’œuvre.
Cependant avec le recul, etnmême si je pense toujours que l’auteur aurait pu resserrer l’action, il semble évident que ce premier tome sert à poser le contexte d’une histoire extrêmement complexe, dont les multiples ramifications ne se dévoilent qu’au fur et à mesure. Il faut attendre plusieurs tomes pour réaliser l’importance par exemple de certains récits et légendes, qui donnent des détails très précis sur certains points et permettent des révélations subtile, à côtés desquelles on passe lors des premiers chapitres.

L’univers de A song of ice and fire est donc très travaillé et complexe.
Plusieurs cartes du royaume sont ainsi présentes au début du livre et nous détaillent les lieux, et à la fin nous est dressée la liste (impressionnante) des personnages, ce qui s’avère très utile au cours de la lecture au vu de leur nombre.
On découvre lors de ce premier tome plusieurs des peuples, religions, cultures et coutumes qui constituent ce monde. L’hypocrisie qui règne à King Landing est bien loin de la rudesse du nord, et les nomades Dothraki ressemblent à ces hommes qu’on qualifie de sauvages avant de comprendre combien on s’est trompés.
Si l’histoire s’ancre dans un univers plutôt fantasy, le traitement est extrêmement fantastique : aux premiers chapitres du roman, peu de choses distinguent en effet notre monde de celui de Martin, si ce n’est la différence des géographies et des cultures. Les touches de surnaturel s’invitent au fur et à mesure avec parcimonie, et de plus en plus de question de posent : la magie existe-t-elle ? Qu’en est-il des dragons, qui auraient existé il y a si longtemps ? Quel pouvoir étrange portent les direwolves des enfants Stark, ces gros loups retrouvés dans la neige ? Etc…

Ce qui fait de A Game of Thones un roman de fantasy particulièrement original, c’est également le traitement politique qui en ressort.
L’histoire est en effet abordée sous un angle très tactique et diplomatique : si on retrouve bien sûr le côté romanesque et aventureux de ce genre de littérature, l’essentiel réside dans la dissection que fait l’auteur des jeux de pouvoirs. Tout n’est que manipulations, stratégies et tactiques pour garder ou prendre le pouvoir. Certains sont maîtres en la matière tandis que d’autres s’y perdront.
Ces jeux de pouvoir sont complexifiés par différents éléments tels que les intérêts personnels, la religion ou la volonté de plaire, qui rendent l’ensemble encore plus crédible.

Mais ce que j’ai le plus apprécié dans ce livre, c’est la grande profondeur de ses personnages. Chacun a une personnalité bien a lui, jamais définie par des qualificatifs qui l’enfermeraient dans des traits caricaturaux, mais que l’on ressent d’une façon subtile à travers ses dialogues, ses actions, ses pensées.
Et s’il semble de prime abord que certains soient plus faciles à aimer ou à détester que d’autres, plus on avance dans l’histoire et plus on réalise que la réalité est loin d’être aussi manichéenne. Cersei par exemple n’est pas uniquement une reine cruelle et égoïste, elle est aussi une amante maudite, une mère extrêmement aimante et surtout une femme qui refuse un pouvoir exclusivement masculin dans ce monde où on la laisse si peu s’exprimer.
Chaque lecteur est libre d’apprécier ceux dont il se sent le plus proche. Beaucoup d’entre eux semblent très attachés à Ned Stark ou à Jon Snow, des personnages que j’ai pour ma part eu beaucoup de mal à aimer : Ned est trop accroché à son honneur et Jon aurait le potentiel pour devenir un grand homme mais sa personnalité pointue risque de le pousser à faire trop d’erreurs.
J’aime en revanche beaucoup Tyrion, sur lequel je n’aurais pourtant pas parié à l’origine. S’il se fait voler la vedette par Ned dans le premier tome, plus on avance dans l’histoire et plus on prend la mesure de cette personnalité si particulière : parce qu’il a été rejeté pendant toute son enfance en tant que nain, Tyrion a fait de sa faiblesse une force et répond aux insultes par l’humour. Il est surtout de ceux qui portent le principal message de la série : le respect pour l’autre et la différence. Arya et Daenerys sont également des personnages forts qui sauront se frayer leur chemin avec toute leur sensibilité féminine, dans cet univers où semblent dominer les hommes.

Ces messages se retrouvent à travers la plupart des personnages féminins qui se forgent une place à leur manière. Car c’est là que réside toute la subtilité de l’auteur : dans cette série, les femmes fortes ne le sont pas parce qu’elles se prennent pour des hommes ; leur puissance vient de ces qualités féminines qui les portent vers une égalité menacée mais toujours plus proche.
Catelyn, la femme de Ned Stark, impose son point de vue non par les armes mais par sa douceur et son amour pour ses enfants et son mari. Sansa, qui semble se conformer parfaitement au rôle qu’on attend d’une femme, en gagnera en force et en pouvoir. Quant à Daenerys, à la soumission apparente, sa liberté sexuelle chèrement conquise en fera une khaleesi bien plus reine que son frère se croyait roi.

L’ensemble est porté par un style qui m’a beaucoup plu : j’y ai retrouvé certains aspects littéraire des romans du dix-neuvième siècle, sans pour autant que cela paraisse vieilli. Il y a énormément de vocabulaire, et certains passages sont assez poétiques. D’autres se démarquent par leur humour et leur légèreté.
J’ai donc pris beaucoup de plaisir à lire l’écriture de l’auteur.

Si ce premier tome de A song of ice and fire n’est pas un coup de cœur pour moi du fait de ses longueurs et de mes quelques difficultés à rentrer dans l’histoire, il pose cependant le contexte d’un univers complexe et brillant dont les messages de paix et de tolérance, de respect et d’égalité prennent toute leur importance dans le monde d’aujourd’hui.

A game of thrones

George R. R. Martin

HarperCollins Publishers

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