Un bon premier tome de dark fantasy pour un nouvel auteur.
Quinze ans après sa disparition, Adelrik, le héros légendaire et maître des Exécuteurs, est enfin de retour.
Mais il ne vient pas pour les sauver.
À la tête d’une horde monstrueuse, le héros déchu marche désormais contre l’Empire immortel qu’il a juré de protéger.
Grâce à un Élixir mystérieux jalousement gardé par l’ordre des Embaumeurs, les hommes ont vaincu le temps.
Mais l’éternité avait un prix.
L’immortel empire Ruinaï s’est figé.
Macabre. Immobile. Paralysé par la peur de mourir.
Sur les remparts de la dernière forteresse, Gald fait face à son propre père.
Dans cet empire sinistre, il porte un secret douloureux : il est le dernier homme capable de vieillir.
Entre complots occultes et batailles désespérées, une vérité émerge : et si l’immortalité était la pire des malédictions ? Car même l’éternité ne peut sauver ce qui est déjà perdu.
Une histoire sombre et surprenante
L’univers de l’empire Ruinaï dans lequel nous plonge l’auteur a le mérite de nous surprendre. En effet je ne me souviens pas avoir lu de récit mettant en avant ce type d’empire éternel, où l’immortalité est la norme. Et justement cela est très intéressant car ce simple fait va impacter la totalité du récit de manière particulièrement décisive. L’histoire qui nous est contée ne va en être que plus sombre, possédant dès lors des enjeux encore plus vitaux, au sens propre…
Des personnages auxquels on s’attache
Avec ses personnages, notamment Gald et Adelrik, Tristan Ranchon nous propose une galerie en quelque sorte modèle de ce que doivent être des protagonistes. Au-delà de leur côté puissant de fiers guerriers, l’auteur a réussi à leur intégrer une faiblesse inhérente à leur statut. Cela les rend d’autant plus attachants, plus proches du lecteur qui peut se sentir impliqué avec eux. Le destin de l’empire Ruinaï est des plus passionnants en tous cas, notamment grâce à Gald.
Une ambiance antique
L’ambiance du roman tirée de l’antiquité gréco-romaine fonctionne bien. Cela change un peu de la dark fantasy médiévale en proposant des références architecturales, en termes de tenues également, mais aussi d’armement etc. Ce dépaysement sert le récit en nous passionnant plus que si nous étions dans un monde de fantasy classique. Cela n’a pas été sans me rappeler les ambiances visuelles de la série Troie de David Gemmell.
Une plume agréable
La plume de Tristan Ranchon est très agréable à lire et elle permet de s’immerger pleinement dans le récit. Alors oui parfois on ressent la jeunesse littéraire d’un auteur lorsqu’il veut en faire parfois un peu trop stylistiquement, mais cela se tassera avec le temps. Les scènes d’action sont bien décrites et on se prend au jeu des aventures de Gald et de son père. L’architecture du récit et la manière dont il est découpé joue aussi beaucoup sur la façon dont le lecteur va s’immerger dans l’histoire et dont les révélations seront distillées.
Avec Trahison, le premier tome de sa saga de dark fantasy, Tristan Ranchon nous invite à découvrir un univers à la fois sombre, où les choix que font les personnages ont une véritable importance, mais dont l’on ressort également avec une réflexion philosophique autour de la mort. Je chronique très peu d’auto-édités mais je dois dire que je ne regrette pas cette découverte à la fois inattendue et précieuse…
