Le collectif qu’on ne présente plus vient poser ses fûts à l’Alhambra de Paris en formation “Weapons Of Mass Percussions”

 

 

Onze bidons bosselés et peints disposés en arc de cercle sur la scène. Pour quiconque ne connaissant pas Les Tambours du Bronx cette vision peut être plus qu’étonnante. Pour les autres c’est l’assurance de passer un moment exceptionnel. Dans sa version metal “Weapons Of Mass Percussion“, le groupe de cogneurs est accompagné d’un autre frappeur de qualité en la personne de Francky Costanza, un DJ affublé d’un masque de catcheur Mexicain, deux guitaristes, un bassiste et pas mois de TROIS chanteurs : Stephane Buriez (Loudblast), Renato Di Folco (Trepalium) et Reuno Wangermez (Lofofora)

Et quand cette machine se met en route, c’est un spectacle incroyable qui remue l’Alhambra. Dès que les premiers coups tombent sur les bidons d’acier, la résonnance est collective et tout le public bouge instinctivement. Le rythme des fûts a quelque chose d’hypnotique, comme un joueur de flute de Hamelin moderne en un peu plus bourrin qui nous emporte dans une spirale rythmique. Il est difficile de détacher ses yeux de la vague de mailloches en bois qui s’écrasent inlassablement sur le métal gondolé.

Et entre ce mur de frappadingues et le public il y a trois pieds de micros. Face à nous les trois chanteurs alternent ou se complètent pour interpréter les titres de l’album WOMP dans un ballet de bonne humeur et de complicité qui se transmet au public.

Stephane, Reuno et Renato transmettent une ambiance de fête un peu débonnaire et sont dans la déconne entre eux. On sent une forme d’humilité chez eux, qui se manifeste sous une forme de gaminerie très sympathique. Pour autant la performance est de qualité et on sent l’habitude de la scène derrière. Le contact avec le public est naturel et spontané, ils profitent tout autant que nous des rythmes puissants des Tambours du Bronx. Les voix s’alternent ou se superposent selon les morceaux mais prennent aussi le temps de s’écarter pour laisser toute leur place aux fûts tonitruants qui sont le cœur battant de la soirée. On regrettera un peu tout de même de ne presque pas voir les autres musiciens, seul le bassiste passe un bout de morceau de notre côté de la rangée de bidons.

 

 

Le public vibre, tressaute et sautille de bout en bout du concert, totalement emporté par ce spectacle sensoriel unique. Un show des Tambours du Bronx ne s’écoute pas, il se RESSENT par les vibrations qui nous parcourent. Et lorsque les morceaux de WOMP laissent place à quelques covers de chansons connues, c’est un joyeux bordel dans la fosse, tout d’abord pour un petit medley de Sepultura qui intègre Roots Bloody Roots mais aussi et surtout sur le rappel : un cover de Dragula de Rob Zombie sur lequel nous sommes invités à danser, guidés par Reuno qui se trémousse comme sur une piste disco.

 

Lorsque la musique s’arrête, il y a comme un flottement dans l’Alhambra alors que s’estompe lentement la sensation d’avoir passé un moment ailleurs. Tous les membres des Tambours du Bronx viennent saluer la foule et échanger un petit peu avec les premiers rangs.

Une belle soirée signée Access Live dont les participants se souviendront

Nicolas Chaigneau

Nicolas Chaigneau

Rentré dans la photo par le monde de l'animalier, je me suis vite intéressé aux bêtes de scène. Mon plaisir : capter l'ambiance d'un concert depuis le point de vue du public, ou mieux, de juste au dessus pendant un slam muni de mon appareil photo.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.