Entretien avec Jaypee, chanteur et guitariste de JaCOB

Bonjour, et merci de prendre quelques minutes pour répondre à mes questions. Est-ce que tu peux tout d’abord te présenter et nous expliquer ce que tu fais dans JaCOB ?

Bonjour! Je suis Jaypee, le J de JaCOB (Jaypee & the Cannibal Orgasmic Band), je suis le chanteur et guitariste du groupe. Je suis accompagné par Marie au violoncelle, Rémi à la batterie, Jean à la basse et Fred à l’harmonica et à la guitare électrique.

D’où vient le nom du groupe ? Et tous les autres membres du groupe sont donc cannibales ?

JaCOB c’est la continuité en groupe de mon projet one man band Jaypee-Jaypar. Les termes “Cannibal” et “Orgasmic” viennent de l’envie de manger le public sur scène, et d’y prendre plaisir !

Tout le monde est cannibale du coup ! Sauf Rémi qui est végétarien ! (rires)

Comment en es-tu venu au metal, à la fois en tant que fan et en tant que musicien ?

Je suis arrivé très vite au Metal, par le biais de mon grand frère à la préadolescence. Et je n’en suis pas encore sorti. Après en tant que fan, en vieillissant , je me rends compte que j’écoute surtout les mêmes albums que dans les années 90 et 2000 (Pantera, Slayer, Machine Head, Sepultura, Neurosis, Alice in Chains entre autres). En tant que musicien ça a défini ma manière de structurer les morceaux, et apporté une espèce de touche spéciale, même sur une guitare acoustique !

Comment définirais-tu la musique de ton groupe ?

On peut la définir comme un western moderne peut-être. Le spectre d’influences est large, du blues, du rock, de la folk, de l’americana, avec une ombre de Metal planant au-dessus de tout ça.

Metamorphosis est le nouvel album du projet, qui devient désormais un groupe. Comment s’est passé le travail dessus ? Qui a écrit quoi ?

C’est moi qui qui ai tout écrit, à la base, je voulais juste de vrais musiciens pour accompagner le nouvel album en studio (au studio Magneto à Lyon). Je suis donc arrivé avec des squelettes de morceaux qu’on a mis en chair ensemble. Rico (Fred Pellerin) est arrivé après coup avec une oreille nouvelle et s’est chargé de la direction artistique de l’album, il a fait les derniers réglages. On a aussi bossé avec Rico et Russell (qui est ingé son au studio magneto, et aussi américain) sur les textes, les tournures de phrases, les accents toniques,…

Avec les musiciens, ça s’est tellement bien passé qu’on s’est dit qu’on allait continuer ensemble pour défendre cet album, et ainsi, JaCOB est né !

Cela change-t-il vraiment beaucoup la manière de travailler de passer au format groupe ? Comment as-tu appréhendé ces changements ?

L’avantage n°1, c’est qu’il n’y a eu aucun conflit d’égo, tout le monde a bien compris que c’était moi le dictateur! (rires).

Plus sérieusement, j’appréhendais pas mal le rôle de “leader” mais ça s’est tellement bien passé que je n’en tire que du plaisir! Je n’avais pas joué en groupe depuis plusieurs années, et franchement, ça fait vraiment du bien !

Où trouves-tu l’inspiration quand il s’agit d’écrire de la musique ?

Dans ma vie! j’ai de la chance, j’ai atteint la quarantaine, donc on est sur des thèmes très “mid-life” (la peur de la mort, l’introspection, les regrets, les envies, les constats, les échecs, et la convivialité aussi bien sûr!)

Quelle est ta piste préférée de cet album, et pourquoi ?

C’est Rain! sans aucun doute! parce que musicalement, elle représente pas mal tout le spectre de ce que propose JaCOB, j’adore la montée en tension tout au long du morceau! J’aime aussi le thème abordé, confrontant les opposés, le vice et la vertu, la culpabilité et l’innocence, l’art qu’on peut avoir de tout vouloir reprendre à zéro et se dire… “merde, j’ai pas fait mieux” ! Bref, c’est un morceau d’humain, imparfait, pas “ni bon ni mauvais” mais plutôt “mi-bon, mi-mauvais!”

L’illustration de l’album est magnifique. Comment s’est déroulé le travail dessus ?

Il y a deux personnes qui ont bossé dessus: d’abord Yakin, alias mmmoaaa, un illustrateur indonésien dont j’avais vraiment aimé la patte. J’ai pris contact avec lui, il a bien compris ce que je cherchais : une œuvre un peu surréaliste dans l’esprit de Max Ernst, et le petit (gros ?) clin d’oeil Doom qui en sort.

Il a réussi aussi pas mal à faire que chaque élément de ce tableau corresponde à un morceau précis.

Ensuite il y a eu Yohan Silère Omnia, que je connais depuis des années qui a fait le montage de la pochette, pour donner une cohérence à tout ça

Qu’y-a-t-il de prévu niveau clip pour soutenir cette nouveauté ?

On vient de faire la captation live, sans public, de deux morceaux (I’m coming for you et Another Summer Day in France) dimanche dernier, le 13 février, au Ninkasi Kao à Lyon qui devraient être prêts d’ici fin février. On s’apprête également à tourner le clip de Rain, dans une ambiance court métrage en Bourgogne. D’ici quelques mois, Lonesome Bastard devra faire aussi l’objet d’un clip! Le tout sera réalisé par mon pote Zacharie Dangoin, qui avait déjà fait le clip de City of Lights, extrait de mon précédent album Meet me Again. Je lui fais confiance, et il me met à l’aise !

JaCOB remonte prochainement sur scène ?

Le 22 mars, au Ninkasi Kafé à Gerland, à Lyon pour la release party, avec Cafard Palace qui ouvrira pour nous! C’est gratuit, il y aura du beau merch tout neuf, alors n’hésitez pas!

2021 a été très riche en sorties d’albums. Quel serait ton album de l’année ?

En toute honnêteté, je n’ai pas écouté beaucoup de nouveautés en 2021, enfin sûrement, mais rien ne me vient ! Non, je n’ai pas accroché sur le dernier Turnstile, désolé ! J’ai adoré le premier album de mes potes de Deaf Apaches, duo rock stoner de Lyon, sinon… En 2020 j’aurais dit Quadra de Sepultura qui m’a vraiment agréablement surpris, vu que je ne m’attendais à rien depuis 25 ans ! et en 2022, Douce Fange de Pensées Nocturnes, grosse claque, très étonnant!

Merci pour tes réponses et à bientôt au détour d’un concert !

Thomas Riquet

Thomas Riquet

Passionné de cultures alternatives, Thomas dirige eMaginarock depuis 2008. Editeur, photographe, anthologiste, graphiste... ses casquettes ont été nombreuses dans sa vie, un peu comme un chapelier fou, mais avec toujours une ligne directrice qui s'est dégagée : faire découvrir les univers qu'il aime aux autres.

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