Entretien avec Jack, chanteur et guitariste de Knuckle Head

Bonjour, et merci de prendre quelques minutes pour répondre à mes questions. Est-ce que tu peux tout d’abord te présenter et nous expliquer ce que tu fais dans Knuckle Head ?

Salut c’est Jack et je suis le chanteur/guitariste de Knuckle Head.

D’où vient le nom du groupe ?

Knucklehead (sans espace) est un surnom utilisé pour un type de moteur Harley-Davidson des années 30, ainsi nommé en raison de la forme distincte de ses cache-culbuteurs. Pas la peine d’essayer de le traduire. Étant pour Jock et moi une bécane de rêve, c’est venu instinctivement. Et puis c’est le seul nom de moteur qui sonne aussi bien. Pan ou Flat Head aurait été moins bien.

Comment en es-tu venu au rock & metal, à la fois en tant que fan et en tant que musicien ?

En tant que musicien, j’ai commencé la guitare avec des techniques de country et de finger-picking. Mon prof me disait que ces techniques-là appliquées à l’improvisation à l’oreille permettaient de quasiment tout faire. Il avait raison. Cela m’a permis de pouvoir jouer des solos de heavy-métal par la suite quand je suis devenu ado. J’ai eu un revirement vers la country lorsque j’ai rencontré Jock et j’y ai mélangé mes influences rock/métal. En tant que fan, je pense qu’un bon groupe doit avoir une identité forte et de bon goût que ce soit musicale et visuelle, mais doit surtout envoyer le bouzin sur scène. Les groupes de supers musiciens techniquement hors-normes qui ne font pas de show m’ennuient assez vite.

Comment définirais-tu la musique de ton groupe ?

On peut voir ça comme un OVNI dans le monde du rock. C’est un mélange d’énormément de styles et de choses qu’on aime. Du stoner, de la country, du heavy-blues, de la pop anglaise, du rock 80s… Le coté mystique, sombre, presque gothique de l’univers, des paroles et des sonorités nous confortent dans le fait que « Dark Country » définit finalement très bien notre musique. En tout cas ça reste de la musique brute, généreuse qui nous rappelle les groupes qui ont débuté dans les 70s mais avec une touche moderne de notre époque. La recherche du juste milieu de faire du neuf avec de l’ancien.

Holsters And Rituals est le nouvel album du groupe. Comment s’est passé le travail dessus ? Qui écrit quoi ?

On laisse venir des riffs en répète suivant une idée d’un des deux. Souvent l’autre va ajuster si c’est trop bourrin ou pas assez country. On fait tourner jusqu’on ait les prémices d’une structure. Ensuite on fait assez vite une préprod à l’ordi où on peut couper, jeter, rajouter des parties. Jock me donne une ligne de conduite que je mixe avec la mienne. On écoute ça pendant des semaines. Ça mature dans nos têtes comme un whisky dans un fût ahah. La mélodie est quasi instantanée dans ma tête généralement, j’en ai des fois deux différentes. J’imagine des images qui défilent comme un film et c’est avec ça que j’écris les textes. J’écris le chant comme un instrument, en me forçant à avoir un rythme de syllabes et des rimes bien précises. Sans le savoir on m’a dit que je faisais de la prosodie (technique utilisée dans la poésie). Pour finir l’album c’est un mois de travail en studio pour mettre tout ça sur bande, faire les arrangements, rechercher des sons… chez White Bat Recorders avec Rémi Gettliffe.

D’où vient cette idée d’ambiance western ?

Qui dit country et guitare resonator dit western non ? La grosse base reste effectivement une musique américaine. Et puis en Alsace il y a un côté grands espaces qui me fait penser à la liberté des grandes plaines américaines. Sinon on aime beaucoup les vieux films western, ils sont plus simples, plus authentiques, moins matrixés. Perso je préfère sortir une VHS de Bud Spencer et Terrence Hill que de lancer Netflix.

Le titre de l’album a un côté assez mystique. Est-ce une volonté d’ajouter une tendance

On voulait un nom en deux mots qui définiraient notre univers, pour pouvoir annoncer la couleur dès le départ. Comme on a rajouté un côté sombre, mystique à cette ambiance western, on l’a tout simplement appelé Holsters And Rituals.

Où trouves-tu l’inspiration quand il s’agit d’écrire de la musique ?

Seul dans une pièce entièrement sombre pour les paroles. Seul dans la forêt pour les riffs de stoners. Puis le reste c’est ce qu’on vit tous les jours, les succès, les joies mais aussi les soucis, les injustices qu’on transforme en force.

Quelle est ta piste préférée de cet album, et pourquoi ?

Living deep / Into de night, qui est en réalité deux titres qu’on a fusionnés car ils sont indissociables. Ce que j’aime énormément c’est le cheminement entre le début et la fin. Tu écoutes un riff de country du bayou entrainant au début et si tu passes directement à la fin, tu tombes sur un orgue d’église énorme où tu imagines très bien Vlad Tepes dans son château à la Castlevania. Le cheminement entre les deux, le changement de tempo 4/4 en 6/8, pour moi c’est un voyage à chaque fois qu’on la joue.

Le dessin qui illustre l’album est très réussi et plonge dans l’ambiance. Comment s’est déroulé le travail dessus ? Que peux-tu nous dire sur sa signification ?

Nous avons été mis en relation avec Vaderetro, le studio parisien qui a pu travailler entre-autres avec Green Lung, Kvelertak, Kadavar, Gojira, Orange Gobin… J’adore leur travail. On avait préparé un PDF avec une tonne d’idées à synthétiser sur la pochette, un texte de présentation de notre univers et notre vision du truc ainsi qu’un vieux croquis rincé. Alexandre et Julian on compris et nous ont composé un premier jet incroyable. On a tout de suite validé finalement. Nous leur avons demandé aussi de dessiner deux vitraux qui ont été fabriqués en réel pour la scène par les excellents amis/éditeurs/imprimeurs de www.symetria.fr.

Si on se place dans notre univers post-apocalyptique, je porte une gerbe de blé qui représente le côté pratique, les besoins matériels, l’abondance, … Jock représente le côté plus mystique, il porte un livre de prière qui représente les besoins spirituels. Les vitraux mettent en scène un archétype très médiéval de l’opposition bien et mal. Ils ont fait fort car le public a compris notre transition western/US/bécane à un western plus européen, sombre et mystique.

Qu’y-a-t-il de prévu niveau clip pour soutenir cette nouveauté ? Burn et Holsters And Rituals sont déjà sortis, mais d’autres choses sont-elles en production ?

Il y a la suite qui est en cours d’écriture. Je ne peux pas vous en dire plus car nous n’avons pas encore décidé précisément ce que nous allons faire. En tout cas la superbe équipe derrière les caméras restera la même, avec de grosses surprises en plus.

Quand est-ce que l’on pourra vous découvrir sur les planches ?

On essaye de caler un maximum de dates sur de belles scènes un peu partout. Vous pouvez retrouver la liste des concerts et toutes les infos sur notre site web : www.knuckle-head.com ainsi que sur notre appli mobile iOs/Android.

2021 a été très riche en sorties d’albums. Quel serait ton album de l’année ?

Mojothunder – Hymns From The Electric Church

Merci pour tes réponses et à bientôt au détour d’un concert !

Merci à vous !

Thomas Riquet

Thomas Riquet

Passionné de cultures alternatives, Thomas dirige eMaginarock depuis 2008. Editeur, photographe, anthologiste, graphiste... ses casquettes ont été nombreuses dans sa vie, un peu comme un chapelier fou, mais avec toujours une ligne directrice qui s'est dégagée : faire découvrir les univers qu'il aime aux autres.

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