Projet atypique originaire de Suisse qui a attiré mon attention depuis déjà un an, Versatile sort ces jours-ci son premier album, Atra Bilis. Composé de Hatred Salander, Cinis et Famine, le groupe propose un black metal aux accents doom et teinté d’indus, renforcé par un chant en français. Une alchimie qui mélangée à une belle dose de jeu scénique vient donner un ensemble atypique et séduisant. Cinq titres pour nous convaincre que leur projet vaut le coup, c’est peu mais en l’occurrence cela sera suffisant.

On débute l’écoute avec La Conteuse des Méandres qui vient directement nous plonger dans la décadence musicale que le groupe nous propose. Ils se disent inspirés par les Catacombes de Paris et la Cour des Miracles et très clairement les paroles ne sont pas sans rappeler cette imagerie fantasmée. D’ailleurs le phrasé comme la teneur des paroles n’a pas été sans me rappeler un groupe parisien que j’avais adoré à l’époque de la sortie de leur dernier album, Wormfood. On y retrouve la même intensité musicale avec des paroles en français qui sont à la fois littéraires, fantastiques et décadentes. Je dirais même que Versatile se fait plus intense musicalement du fait de proposer du black metal au lieu du doom. Clairement l’alchimie se fait et l’or naît de la fange. Ad Nauseam qui suit dispose d’une introduction grandiloquente qui n’a rien à envier à un Behemoth avant que la suite du morceau confirme tout le bien que je pense du groupe : ils ne sont pas juste à bons à se costumer, au contraire, leur musique est inspirante et prenante. Les orchestrations, comme ici avec des cloches, ajoutent à l’ambiance qu’ils arrivent à mettre en place pour l’auditeur.

Un Hiver de Cendre est le premier morceau qu’ils aient sorti, clippé en mai. Un petit bijou de black metal intense et immersif, le tout avec des paroles toujours aussi puissantes. Un petit bijou qui déjà à l’époque m’avait interpellé et continue à me séduire. La Marque du Chaos et Versatile viennent conclure l’album de belle manière. La première se donne aspect majestueux dans ses orchestrations tandis que la voix de Hatred se plie à l’exercice avec facilité. La seconde vient clore ce premier chapitre avec une explication, peut-être, du nom du groupe, toujours sur un black metal aux tendances indus bien senties.

Avec Atra Bilis Versatile a su me convaincre de bout en bout que leur premier titre n’était pas qu’un coup d’essai réussi par hasard. Tout l’album est excellent, on se prend au jeu de leur musique, de la noirceur qui la compose, des orchestrations qui viennent lui donner une dimension épique. Rien à redire, tout est parfait et j’ai hâte de pouvoir les découvrir sur scène lors de leur tournée !

Thomas Riquet

Thomas Riquet

Passionné de cultures alternatives, Thomas dirige eMaginarock depuis 2008. Editeur, photographe, anthologiste, graphiste... ses casquettes ont été nombreuses dans sa vie, un peu comme un chapelier fou, mais avec toujours une ligne directrice qui s'est dégagée : faire découvrir les univers qu'il aime aux autres.

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