Il y a des jeux qui passent inaperçus. Il y a des jeux qui bénéficient d’un buzz considérable avant leur sortie et qui accouchent d’un soufflé retombé trop vie.

Et puis, il y a des jeux comme SuccessorS, de ceux qui mettent une grande gifle ludique en plein visage lorsqu’on comprend qu’on a affaire à un jeu d’une rare perfection !

 

 

Un bon jeu se pratique toujours avec une bonne bière (avec modération, s’entend !)

Cela étant dit, SuccessorS est un jeu qui se mérite. En effet, c’est un jeu touffu aux multiples possibilités, d’une profondeur tactique et stratégique assez impressionnante. Tout ceci implique – bien logiquement – une courbe d’apprentissage.

Il ne faut donc pas vous laisser intimider par l’épaisseur du livret de règles ni abandonner si quelque chose vous échappe lors de la lecture, ce serait passer à côté d’un jeu de haut niveau.

Les règles, justement, parlons-en : je ne vais pas, dans cet article, aborder les règles du jeu, mais me concentrer sur notre ressenti au cours de jeu. Pourquoi ? Parce que les règles sont multiples et cela me demanderait un article de plusieurs pages pour ne serait-ce que les aborder.

Et des règles, il y en a : 40 pages pour le Livre de Règles principal et 24 pour celui avec le tutoriel et les scénarios. Cela en fait un paquet. Ajoutez à cela une aide de jeu A4 recto verso pleine à craquer, et vous comprendrez qu’il faudra vous appesantir un tant soit peu sur ces dernières ;) Pour notre part, nous y avons consacré 4 heures (avec un déballage du matériel et une mise en place du matériel en parallèle). Cela reste conséquent, mais nécessaire, et il suffit juste d’un peu de patience ;). Alors oui, vous aurez au début à effectuer des allers-retours entre le LdR et l’aide de jeu (totalement complémentaires), mais au bout de votre 2e partie, vous n’y reviendrez qu’en cas de doute sur un point précis.

SuccessorS, c’est quoi ?

SuccessorS commence à la mort d’Alexandre le Grand. Le trône est vacant, et les candidats nombreux. Dans SuccessorS, chacun des joueurs (de 2 à 5), à la tête d’une faction macédonienne composée d’au moins 2 généraux, va tenter de s’attirer les grâces du peuple, soit par légitimité, soit par ses conquêtes.

Un mot sur le matériel

J’aime les beaux et grands jeux : non pas à cause de ma vue défaillante, mais parce que j’aime bien voir, surtout dans ce genre de jeux à forte connotation stratégique,  tout ce qu’il se passe sur la plateau.

Ici, c’est splendide !

La qualité du matériel est irréprochable : le plateau est grand (il n’y a qu’à voir sur la première photo) et magnifique. Le reste est à l’image : les figurines sont super détaillées et grandes, les jetons sont parfaits et les cartes (nombreuses) sont de la même qualité. Définitivement, j’adore ! Il suffit de se pencher un minimum sur l’immense carte dépeinte par le plateau et on a l’impression de se retrouver à la table d’un général macédonien. Rien de mieux pour l’immersion.

Gagner, oui, mais comment ?

Je l’ai indiqué plus haut : on gagne en s’attirant la Légitimité du peuple ou en faisant preuve de l’étendue de ses conquêtes. En ce qui concerne les conquêtes, c’est « relativement » simple.  Le contrôle militaire d’une province accorde un certain nombre de PV. Le total à atteindre va différer en fonction du nombre de joueurs, mais une fois ce total atteint, la victoire est vôtre.

Pourquoi je parle de « relativement » ? C’est que les provinces sont disputées et qu’il n’est pas facile d’en garder le contrôle une fois acquis. De plus les affrontements entre armées sont TRÈS violents et peuvent mener à une déroute totale et à un renversement stupéfiant de la situation militaire dans une région. Il n’est déjà pas simple de s’emparer des villes/cités/forteresses indépendantes (il faut un siège dans les deux derniers cas), lorsqu’on s’attaque à des généraux ennemis, il faut en plus affronter les armées qui défendent la ville en question !

Légitimité

C’est l’autre façon de remporter une partie. Alexandre est mort. Son corps attend d’être enterré. Soyez la faction qui enterre son corps, vous gagnez de 2 Légitimité. Vous parvenez à l’enterrer à Pella ? 10 Légitimité vous attendent. Vous contrôlez la Macédoine ? 2 Légitimité. Les membres de la famille royale, une fois sous votre contrôle, vous accordent eux aussi de la Légitimité. Mais la Légitimité, ça se gagne, et ça se perd… Un général vaincu accompagné d’un membre de la famille royale ? Ce dernier passe sous le contrôle des gagnants. Tout comme les PV, la Légitimité se suit sur une pite propre. à 18 L, vous remportez immédiatement la partie.

Bref, vous l’aurez compris, la Légitimité, comme les PV pour le contrôle des différentes provinces, change rapidement de camp !

Le tombeau d’Alexandre est arrivé à sa destination finale. Cela a scellé la victoire (bon, pas la mienne ^^)

Un partie se joue en 5 périodes maximum. Au cours de ces différentes périodes, les événements géopolitiques changent et influent le cours du jeu. Des généraux changent, certains arrivent en renfort, et si vous tardez trop à enterrer Alexandre, son charriot funéraire est retiré de la partie.

Mais encore…

Je me rends compte que j’arrive déjà à une longueur d’article conséquente et que j’ai l’impression de n’avoir effleuré que quelques éléments du jeu.

Alors, il faudrait que je vous parle des carte Tyshe (la Déesse de la Fortune) distribuées aux joueurs et qui peuvent influer sur la partie, conférer un avantage ou autre, de la nécessité de former des recrues pour votre armée (mais cela à un coût !), de l’importance des flottes (et du contrôle des provinces correspondantes), des différentes possibilités d’obtenir des PV supplémentaires (comme de contrôle l’Asie dans son ensemble), de… pfiou…

Il y en a tellement ! Et le tout, une fois assimilé, reste d’une grande fluidité et donne des parties intenses (comptez 3 bonnes heures au moins), pleines de rebondissements, et chaque nouvelle partie sera différente de la précédente tant les possibilités sont nombreuses.

Vous l’aurez (sans doute) compris, SuccessorS est un jeu monstrueux et absolument FABULEUX ! Une richesse stratégique immense, des possibilités incroyables et une rejouabilité sans faille !

Un combo 100% win/win pour le trio PHALANX, ASYNCRON Games et PIXIE Games

 

Philippe Pinon

Philippe Pinon

Trublion de presque 50 balais, touche à tout, autodidacte, tête de cochon. Après plus de 20 ans à effectuer un travail décérébrant, change de voie. Scribouillard, « traductier de l'impossible », il devient même éditeur (OVNI) en 2015 où il édite, accompagné de son associée et conjointe, romans et JdR. Mais ce qui le définit le mieux, c'est quand même le terme de "Gros Connard" (au grand cœur, malgré tout, pour ceux qui prennent le temps de fouiller au delà des apparences).

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