Les + :

–          Une histoire toujours prenante

–          Des idées visuelles

–          Un récit ambitieux

Les- :

–          Un changement de ton trop net

–          Des personnages féminins sacrifiés

La cité d’Otrante est assiégée par les Turcs. Bloqué à l’intérieur, Leonardo veut tout tenter pour l’emporter, mais il doit faire face à ses propres armes, qu’Al Rahim lui a volées. Et il découvre que sa mère est prisonnière de l’ennemi…

! ATTENTION :SPOILERS !

Changement de cap pour Da Vinci’s Demons : l’érosion des audiences en saison 2 entraîne le remplacement de l’équipe de scénaristes. L’équipe est désormais menée par John Shiban (X-Files, L’Epée de vérité, Hell on Wheels). Le résultat se voit très vite à l’écran, la série passant d’un ton à la Game of Thrones version Starz à une intrigue noire et désespérée. Pour le meilleur et pour le pire…

Le siège d’Otrante est un détonateur pour Leonardo et ses amis : vaincu, Da Vinci paie lourdement cet échec et jure de se venger. Le jeu de massacre du casting régulier,  qui durera tout au long de la saison, commence. Aucun personnage ne sera à l’abri.

Ce changement de ton est plus global : la mise en scène adopte des couleurs sombres, avec de la pluie un peu partout. Mais l’écriture va aussi vers plus d’introspection. Cela ralentit le rythme des épisodes qui se montrent moins denses narrativement. Le croisement des intrigues en souffre, plusieurs personnages disparaissant pour revenir subitement (Lucretia, Lorenzo). Cela rend aussi les personnages plus indécis ou prompts aux larmes. Bref, la modification d’approche de l’équipe aux commandes ne profite pas à cette saison 3.

Pourtant, les arcs narratifs sont puissants : au conflit italo-turc vient se superposer l’affrontement entre les Frères de Mithra et le Labyrinthe. Au milieu, Leonardo doit gérer toutes les menaces. Le personnage de Tom Riley s’enrichit encore. L’épisode 4 (“The Labrys”/”Le fil d’Ariane) nous permet de mieux comprendre ses aspirations : dans cette uchronie, De Vinci a réussi sa vie personnelle, mais a laissé gagner le Labyrinthe. On saisit bien le poids du destin contrarié, qui est simple et bien écrit.

À côté, le comte Riario continue son évolution. Blake Ritson est toujours très impressionnant et son duel d’amour et de haine avec Riley reste plaisant à suivre. Greg Chillin (Zo), Hera Hilmar( Vanessa) et Eros Vlahos (Nico) profitent aussi de cette saison pour gagner en épaisseur.

Il est dommage que le reste du casting soit laissé à l’abandon. Déjà, la moitié des noms au générique de la saison 2 a disparu, leurs personnages éliminés au cours de la S3. Ceux qui restent n’ont pas énormément de temps d’écran et c’est regrettable. C’est particulièrement marquant sur les rôles féminins : devenues des outils scénaristiques, elles ont perdu toute leur force. On notera enfin les apparitions rares et savoureuses de Paul Freeman (Bellocq dans Indiana Jones) en prêtre démoniaque.

La Fantasy historique est toujours bien présente, notamment à travers les inventions de De Vinci. Et la série joue plus la carte des sociétés secrètes, des poisons et de la divination. Ce pan est intéressant, même si son exploitation laisse des éléments sans réponses (autour de la mère de Leonardo et de ses pouvoirs, par exemple). Dans les derniers épisodes, la Fantasy est plus présente à travers le Livre des Feuilles ou avec le retour de Dracula. Ce dernier bénéficie même d’un arc narratif rapide qui a le mérite de creuser un peu le personnage.

Mais la question la plus importante reste : Da Vinci’s demons a-t-elle une fin ?  La série a été arrêtée à la fin de cette saison 3. Quelques arcs majeurs de la série s’achèvent lors des derniers épisodes. La plupart des conflits qui ont porté cette saison 3 sont soldés. Mais la frustration demeure sur le duel Riario/De Vinci, qui est en situation de reprendre de plus belle dans les dernières minutes. Il faudra donc imaginer leur fin commune puisque nous n’aurons pas de conclusion officielle.

Toutefois, je vous recommande de tenter la série, car si la destination est frustrante, le voyage de ces 30 épisodes vaut le coup.

CONCLUSION

Da Vinci’s demons aura été une série agréable. Il est rare de voir les scénaristes jouer la carte Fantasy historique ainsi. Si cette saison 3 est moins bonne, elle fait avancer l’intrigue  générale et apporte des conclusions assez satisfaisantes à certains pans de l’histoire. Ce n’est toutefois pas entièrement satisfaisant pour en faire une série avec un début et une fin. Dommage.

Kevin

Kevin

Passionné d'imaginaire, Kevin lit, voit et assiste à pas mal de choses. Il partage ses découvertes et aime repartir vers le passé, le temps d'une chronique ou d'un article. Depuis 2008, il joue aussi les scribouilleurs amateurs chez Rivière Blanche (Dimension Écologies Étrangères), Malpertuis (Malpertuis VI, Malpertuis X) ou les éditions Mots & Légendes où son premier roman de Fantasy historique, Entre la Louve et l'Olympe, est disponible.

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