Entretien avec Justine, pour la sortie de l’album Persona de Elyose

Alors que le nouvel album d’Elyose, Persona, vient de sortir, j’ai posé quelques questions à Justine, chanteuse et fondatrice du projet. Changement de line-up, évolutions musicales, beaucoup de choses sont arrivées en 2020 sur le projet !

Bonjour, et merci de prendre quelques minutes pour répondre à mes questions. On ne va pas rejouer au jeu des présentations puisque ce n’est pas la première fois que je t’interviewe. Quoi de neuf au cœur de cette année 2020 pourrie ?

2020 a été une année charnière parce que c’est l’année où j’ai remercié mes anciens collègues d’Elyose pour que ça devienne mon projet solo. Cette séparation a été une véritable délivrance et un coup de fouet dans ma carrière donc l’année 2020 n’a pas été si négative que ça pour moi finalement.

Tu as repris le projet Elyose entièrement en main. N’est-ce pas trop compliqué pour toi de tout gérer ?

C’est ce que j’avais fait jusque là dans Elyose, tout gérer seule. Mais le projet a pris de l’ampleur et j’ai eu besoin de me constituer une équipe solide. Voilà la raison pour laquelle je ne pouvais pas continuer avec des gens pour qui c’était un simple hobby. Aujourd’hui je ne me sens plus seule et ça m’a donné beaucoup d’impulsion. J’ai choisi de travailler avec de formidables musiciens guests: Anthony Chognard (ex Smash Hit Combo, The Black Russian’s), Maxx Maryan (Helalyn Flowers) et Jean-Baptiste Thomas-Sertillanges (Klub Stalingrad). Je peux te dire qu’ils collent parfaitement à mon projet et que ce sont des gens en or.

Persona est le nouvel album d’Elyose. Comment t’y es-tu pris pour la composition, maintenant que tu es en charge de tout ?

Comme je le disais précédemment, j’ai travaillé avec des musiciens guests et cette fois j’ai pu me concentrer sur l’écriture des mélodies et arrangements vocaux en particulier. Anthony a apporté la touche Metal aux guitares/ batteries, Maxx la touche Indus aux claviers et Jean-Baptiste m’a aidée à affiner les mélodies, les grilles d’accords et les structures des morceaux, à matérialiser mes idées sur les textes. Je lui apporte la matière première et il a le don pour mettre les dernières touches finales qui transcendent un morceau.

A travers le clip de Mille silences on aperçoit également un nouvel univers graphique. Vas-tu rester dans cette veine un peu cyber ou bien prévois-tu de faire évoluer le tout ?

Je trouve l’esthétique cyberpunk parfaitement en phase avec l’univers d’Elyose donc c’est pour moi une bonne direction pour la suite également oui.

Comment s’est passé le tournage du clip justement ? Cela n’est pas trop pénible de devoir faire semblant de chanter pendant des heures ? Et d’où te sont venues les idées autour de ce personnage enfermé ?

Le tournage d’un clip est toujours éprouvant si l’on se préoccupe du résultat bien sûr. Les moments de playback, ou de véritable chant d’ailleurs, sont au contraire les moments de plaisir. C’est là où je peux jouer et chanter et c’est ce que je préfère dans mon métier. Le côté pénible est plutôt le rythme de travail plus rude qu’au quotidien avec des horaires à rallonge, le manque de sommeil, les heures de préparation et le souci permament du détail. Tout va tellement vite que les étourderies peuvent survenir facilement. Il faut rester très concentré.
C’est une personne que j’ai côtoyée qui m’a inspiré cet enfermement sur soi qui conduit à l’auto- sabordage. Communiquer et défendre son point de vue comporte des risques quant au fait de ne pas plaire à tout le monde ou de ne pas être aimé par tout le monde, alors certains n’osent pas. C’est un problème d’égo principalement. J’ai voulu souligner la détresse vers laquelle cela conduit avec un personnage  essayant de fuir sa condition humaine, esquissant un passage de l’humain à la biomécanique.

Comment s’est monté le featuring avec Julien ? Vos deux voix s’accordent vraiment bien pour le coup.

Merci ! J’ai toujours préféré miser sur le contraste des voix, comme je l’ai toujours fait avec mes guests, plutôt que de prendre une autre chanteuse avec un timbre similaire.

C’est un ami, Tangui, qui m’a parlé de lui alors que je lui confiais chercher un chanteur Death Metal. Je l’en remercie beaucoup d’ailleurs. J’ai donc écouté Gorod, le groupe de Julien, et l’ai contacté immédiatement après. C’était lui que je voulais absolument ! On a alors discuté et j’ai trouvé qu’il avait particulièrement bon esprit. Il s’est aussi montré très pro. À partir de là tout a marché comme sur des roulettes, je suis très fière de lui.

Les thématiques de l’album sont plutôt actuelles, avec notamment les réseaux et leurs dérives. D’où t’es venue l’envie de parler de ce sujet ?

Exactement ! Je suis moi-même au cœur de cette machine et en 2020 particulièrement nous nous sommes beaucoup enfermés dans cette bulle virtuelle. Elle exacerbe malheureusement certaines tares humaines, notamment la lâcheté avec les haters qui se permettent à peu près tout pourvu qu’ils restent anonymes. La compétition de plastique parfaite aussi, avec les recommandations de filtres, la chirurgie esthétique pour ressembler à un idéal de beauté et référer sa valeur aux likes, tout ça me laisse vraiment pantois. J’ai eu envie de parler du monde que j’observe tout simplement.

Quelle est ta piste préférée de l’album, et pourquoi ?

Il est difficile de choisir parmi ses bébés mais comme je dois jouer le jeu je vais répondre le morceau « Fit In » parce qu’il a une profondeur émotionnelle que j’avais du mal à insérer dans Elyose du temps où ça n’était pas mon projet solo. Il me fait penser à quelques unes de mes grandes influences du Death/Black Metal Symphonique comme SepticFlesh ou Cradle of Filth. Attention je ne dis pas que ça y ressemble mais plutôt qu’on retrouve un certain esprit plus sombre, grandiloquent et gothique que j’apprécie énormément chez ces groupes.

2020 a été riche en sorties d’albums. Quel serait ton album de l’année ?

Alors ça n’est pas dans mon habitude de promouvoir des grands headliners mais j’ai été ébahie par tous les nouveaux titres d’Evanescence. L’album n’est pas encore sorti mais avec 5 singles on a quand même pu en entendre une bonne partie ! L’écriture est très subtile et beaucoup plus adulte qu’à leur début, j’ai franchement adoré cette nouvelle direction.

Merci pour tes réponses et à bientôt au détour d’un concert !

J’ai vraiment hâte ! À bientôt et merci pour cette interview !

Thomas Riquet

Thomas Riquet

Passionné de littératures de l'imaginaire il cherche à faire partager sa passion au plus grand nombre à travers ses chroniques et le site. Depuis 2011 il est également anthologiste et directeur de la collection Reflets d'Ailleurs (Fantasy) des Editions Asgard, sous son vrai nom. Ce faisant il assure également la direction littéraire d'anthologie lorsque tous ses boulots lui en laissent le temps, ce qui arrive trop rarement à son goût..

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