J’ai déjà eu plusieurs fois l’occasion de parler de différentes boîtes d’initiation éditées par Black Book Éditions. À chaque fois, c’est carton plein, et l’éditeur place la barre toujours un peu plus haut à chaque nouvelle itération.

Ici, c’est la boîte Nains qui passe au crible. Nains, qu’est-ce que c’est ? Vous connaissez les séries de BD des Éditions Soleil (Elfes, Nains, Orcs & Gobelins et Mages) ? Ces dernières prennent toutes place dans les Terres d’Arran, un univers qui sert ici de base à un nouveau JdR. Après une boîte consacrée aux Elfes il y a quelques temps, BBE continue sa déclinaison.

Alors, ces Nains, sont-ils toujours aussi bourrus ?

 

Le matériel

Je ne vais pas y aller par 4 chemins : il n’y a RIEN à redire. Comme toujours — et c’est devenu une constante avec BBE – on se retrouve avec une boîte pleine à craquer : 3 livrets, des prétirés, un superbe écran, un bloc de feuilles de personnages vierges, des pions en cartons et des dés.

Non, vraiment, c’est parfait. Et puis bon, le tout est solide et ne craint pas les manipulations. C’est d’ailleurs à se demander comment l’éditeur pourrait encore améliorer son offre matérielle… Une question à se poser pour les futures sortie, messieurs les Hommes en Noir ^^ ?

Le jeu

Avec le système COF (Chroniques Oubliées Fantasy), BBE possède un système éprouvé et qui tient parfaitement la route. C’est donc fort logiquement que c’est ce dernier qui sert de base à la boîte.

Encore une fois, on sent que l’effort à été porté sur une prise en main la plus facile possible pour les débutants. Tout dans les 3 livrets le rappelle : une mise en page aérée, des encadrés, des conseils au MJ, une iconographie claire réhaussée par l’usage de couleur dans le texte.

Bref, COF est un système parfaitement rôdé qui fait encore une fois ici toutes ses preuves.

 

Les règles sont présentées de la même façon que dans les autres boîtes (mais pourquoi changer une équipe qui gagne ?) dans les premières pages avant de s’intéresser aux spécificités des Nains avec les Ordres, les Profils et Voies. J’avoue avoir été enthousiasmé par certaines voies, qui donnent un aperçu très visuel de ce que peut donner le personnage au fil de son évolution. Je m’attendais à quelque chose de très « bateau », et en fait, non. C’est bien pensé et ça donne envie de s’y mettre !

Enfin, on termine ce premier livret par l’équipement et quelques monstres. Logique et indispensable dans tout bon JdR de ce genre.

L’ensemble est très facile à assimiler. Un MJ débutant n’éprouvera aucune difficulté à s’approprier le système, et il n’aura plus qu’à se jeter sur la mini campagne de 4 scénarios fournie avec la boîte.

 

La campagne

4 scénarios, tout de même. Alors certes, ils ne font pas 50 pages chacun, mais couvrent les différents types de parties auxquelles on est en droit de s’attendre autour d’une table de JdR fantasy : exploration, combats, enquêtes et intrigues.

4 scénarios donc, répartis en 2 livrets. L’ensemble forme un mini campagne centrée autour d’une des forteresses naines des Terres d’Arran. Une petite mise en contexte ouvre le premier livret, ce qui permet au MJ de se caler et de situer un peu mieux les choses. Alors certes, en tant que grand fan de background, j’aurais aimé en avoir plus. Mais n’oublions pas qu’on reste dans la boîte d’initiation, et qu’il faut ben fixer quelques limites à l’ensemble.

Le premier scénario permet aux joueurs d’entrer « en douceur » dans la peau de leurs personnages et de s’approprier les mécaniques de COF. Parfait pour une mise en bouche. Mais, très vite, les choses vont changer, et nos valeureux Nains (je précise d’ailleurs qu’il est fortement conseillé d’utiliser les prétirés de la boîte pour jouer cette campagne) vont se retrouver embarqués dans une histoire… bien complexe, et qui risque de secouer plus d’un barbu. C’est une excellente idée que d’offrir aux joueurs un aperçu de différents types de scénarios. D’autant que là, certains enjeux vont s’avérer de taille…

Alors, certes, d’aucuns pourront grommeler dans leur barbe et trouver certaines parties de la campagne trop dirigiste. Certes, il est possible d’avoir l’impression de « subir » certains (rares, je vous rassure) passages, mais tout dépendra de la façon dont le MJ amène la scène. Il est d’ailleurs fourni des conseils au MJ sur la façon de gérer ces différents événements dans le livret. Après, je ne peux pas vous en dire plus sans spoiler l’histoire, mais rien de choquant pour ma part. (Certains « grandes » campagnes d’autres jeux possèdent elles aussi des passages quasi-obligés).

Dans tous les cas, la conclusion – autant épique qu’intimiste – de cette campagne laisse la porte ouverte à de nombreuses suites, offrant au MJ de multiples possibilités d’approfondissement. Et c’est bien là ce qu’on demande à une boite d’initiation : avoir envie d’aller plus loin !

 

Et les Elfes ?

On m’a demandé si la boîte ELFES était compatible avec la boîte NAINS. Évidemment que oui. On est dans le même univers, COF est le moteur des deux boîtes, et, de toutes façons, il est évident qu’à un moment où un autre ces deux peuples vont se rencontrer et vivre de grandes histoires ensemble (ou pas ^^) !

Encore une fois, donc, BBE réussit parfaitement son coup. NAINS est une boîte complète, maitrisée de A à Z et offrant une parfaite porte d’entrée aux Terres d’Arran. Il ne vous reste plus qu’à vous y plonger.

Philippe Pinon

Philippe Pinon

Trublion de presque 50 balais, touche à tout, autodidacte, tête de cochon. Après plus de 20 ans à effectuer un travail décérébrant, change de voie. Scribouillard, « traductier de l'impossible », il devient même éditeur (OVNI) en 2015 où il édite, accompagné de son associée et conjointe, romans et JdR. Mais ce qui le définit le mieux, c'est quand même le terme de "Gros Connard" (au grand cœur, malgré tout, pour ceux qui prennent le temps de fouiller au delà des apparences).

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *