La scène française regorge de groupes incroyables, et le moins que l’on puisse dire, c’est que la Klonosphère est un véritable nid ! Le collectif formé initialement par Klone, Hacride et Trepalium à l’aube des années 2000 a vu naître et/ou grandir des formations à la personnalité et au son uniques tels que Pitbulls In the Nursery, Kadinja, Hypno5e ou The Walking Dead Orchestra, entre autres. C’est aujourd’hui l’un des piliers du collectif qui nous intéresse, puisque Trepalium revient sur le devant de la scène avec son cinquième album : From the Ground.

Absent du monde de la chronique musicale depuis quelques années, je me suis dit que j’allais remettre le pied à l’étrier en choisissant la facilité et donc un groupe que j’aime depuis longtemps. L’exercice s’avère finalement moins évident que prévu… Là où Trepalium s’est toujours distingué pour son aisance à repousser les limites, les voilà qui, à mon sens, dépassent les bornes.

“Pourquoi ?” me demanderez-vous.

En bref : 6 ans d’attente pour entendre le successeur de l’excellent EP Voodoo Moonshine, pour obtenir un album de 7 titres pour… 21mn de musique… Soit moins que l’EP précité, qui lui contenait 6 titres. Déception…

Mais du coup, la durée prévaut-elle sur la qualité ? Plongeons dans ce nouvel opus pour le découvrir.

Rappelons que depuis « Voodoo Moonshine », il y a eu du changement dans les rangs. Cet album voit l’arrivée du nouveau vocaliste Renato, à qui appartient la tâche ardue de succéder à Kéké, chanteur historique de la formation. Renato n’est pas un bleu sur la scène Metal, puisqu’il évolue déjà dans des groupes tels que Flayed ou Les Tambours du Bronx.

From the Ground ouvre le bal sur les sonorités groovy à souhait qui sont devenues la signature du combo.

Le rythme dansant, celui qui te fait taper du pied et claquer des doigts, avec ce piano de saloon (que l’on retrouvera plus loin, en conclusion de Aimless Path Pt.1) parfaitement exécuté par Harun, guitariste de son état, fait mouche immédiatement. La voix de Renato, loin des sonorités plus gutturales et Death Metal de son dreadeux prédécesseur, se révèle parfaitement adaptée au style. Plus proche d’un hybride entre Phil Anselmo et les frères Potvin (Lyzanxia), Renato donne une nouvelle couleur aux compositions.

Sa palette vocale se montre encore plus étendue sur le refrain du très bon Secretly Depressed, qui me rappelle la voix de Laurent Gisonna, chanteur de Deficiency.

Plus lent, ce titre est emmené par les influences jazzy propres au groupe. A noter ce petit solo de guitare qui vient savamment et délicatement épicer le tout.

…To the Sun se démarque par une longueur plus conséquente (désolé d’insister là-dessus…) et par un rythme plus varié, tantôt soutenu et servant des guitares alambiquées et techniques, tantôt plus attendu, avec ces rythmiques groovy typiques mais néanmoins efficaces.

Un groove qui sera une fois de plus l’élément prédominant de l’album, soutenu par une section rythmique toujours aussi incroyable (ce son de basse, bordel !).

Preuve supplémentaire avec le bluesy et lancinant Feelin’ Cold, avant-dernière piste de cette galette, laissant apparaître quelques notes d’orgue Hammond vintage à souhait. Malgré un côté plus « simpliste » sur le papier, il s’avère être l’un des titres les plus inspirés de From the Ground.

Everything Is Supposed To Be OK clôture l’album sur un mid tempo où les guitares s’entremêlent et se font plus hypnotiques.

Vous l’aurez compris, une fois la frustration de la durée passée, cet album est vraiment loin d’être mauvais, même si je lui reprocherai malgré tout un léger manque de prise de risque, ou en tout cas moins de folie que par le passé, et un tempo et des plans un peu redondants dans l’ensemble.

L’atmosphère propre au groupe est au rendez-vous, la production est massive, la technicité parfaitement dosée pour ne jamais basculer dans la surenchère, et on y retrouve quelques surprises (« Feelin’ Cold » notamment).

Un beau retour aux affaires, avec un goût de trop peu, et dont on attend logiquement plus à l’avenir.

Julien Dijoux

Julien Dijoux

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