Entretien avec Rémy, chanteur de BullRun

Le nouvel EP de BullRun, Wilderness, a totalement su me convaincre, après la réussite de Dark Amber. Rémy, chanteur et bassiste du groupe, a pris le temps de répondre à quelques-unes de mes questions, afin d’en savoir plus sur lui, sur le groupe, mais aussi sur leurs projets…

Bonjour, et merci de prendre quelques minutes pour répondre à mes questions. Est-ce que tu peux tout d’abord te présenter et nous expliquer ce que tu fais dans BullRun ?

Salut, je suis Rémy. Je suis le chanteur et compositeur de Bullrun. Je compose les morceaux et écrit les textes, que je propose ensuite à mes acolytes (Gaël, à la guitare et Mark, à la batterie). Ensemble, on peaufine ensuite les morceaux, pour arriver au rendu final. Ce sont des heures de boulot, beaucoup de bons moments mais aussi des débats, et des confrontations d’idées. Au final, on a tous les trois la même vision de la Musique. C’est ça un groupe.

D’où vient le nom du groupe ?

Avant de former BullRun, Mark et moi avions un groupe de Thrash Metal qui s’appelait Kwartz. Une formation qui nous a pas mal bouffé la vie parce qu’il se trouve qu’au fil des années ce style ne nous plaisait plus du tout, cela nous dégoûtait clairement. Du coup si nous remontions un groupe ça serait forcément dans un registre rock’n’roll plus cool. On était même dans une optique blues rock à la ZZ Top, Lynyrd Skynyrd, Molly Hatchet, Blackfoot, et j’en passe. Du coup il nous fallait un nom qui rappelle un peu ce côté rock sudiste. Et étant féru d’histoire depuis un certain nombres d’année, je me suis souvenue du nom de cette bataille de la guerre de sécession, et on est parti là-dessus.

Comment en es-tu venu au metal, à la fois en tant que fan et en tant que musicien ?

Le Metal est une culture qui m’a toujours parlé directement. A la fois riche musicalement mais aussi visuellement, à mes yeux elle regorge de thématiques plus fascinantes les unes que les autres. J’y retrouve un moyen d’y canaliser mon énergie, ma colère, mes angoisses, etc…. Bref le Metal est pour moi le moyen idéal de canaliser absolument toutes les émotions qu’elles soient positives ou négatives. J’ai ressenti le besoin très tôt de créer ma propre musique, mon propre univers afin d’y coucher mes propres textes.

Wilderness est le nouvel EP du groupe. Comment s’est passée son écriture ? Et pourquoi trois ans depuis Dark Amber ?

Fluide et assez naturelle. Misanthrope, j’ai pu me concentrer sur les morceaux. Une vraie période de création, j’ai écrit les morceaux en quelques semaines, après la sortie de Dark Amber. Ça explique la couleur commune et la cohérence des morceaux sur Wilderness que je pense être la continuité logique du premier EP. C’est toute la suite du procédé qui au final prendra le plus temps. Nous voulions un son plus puissant, plus incisif afin de correspondre à la hargne des morceaux. Seul on va plus vite, mais à plusieurs on va plus loin. La symbiose entre auteur, musiciens, arrangeurs et producteurs prend du temps. C’est un processus extrêmement important où l’erreur n’a pas ça place afin d’être toujours fier de son travail dans 10 ans.

Pourquoi ce titre pour l’album ?

Wilderness nous semblait un titre parfait. La chanson est à mes yeux un parfait medley de ce que sait faire le groupe. Le titre est traversé par plusieurs ambiances très différentes et reste dans la continuité incisive de l’EP.

D’où te viennent les idées pour les morceaux ?

Je m’inspire de ma vie, mes expériences mais également de ma passion pour la littérature et le cinéma. Qu’elles soient heureuses ou douloureuses, les émotions que je peux ressentir nourrissent mon imagination et ma plume.

La musique de BullRun est particulièrement énergique, tout en restant très mélodique. Comment parviens-tu à cette alchimie musicale ?

On est tous un mélange compliqué. C’est ce qui fait de chacun un être original. C’est pareil pour la Musique : elle doit vivre, évoluer, se transformer. Et pour ça elle s’enrichit de mélodies complexes, de tempo changeant, de riffs improbables… Je pense que c’est ce qui rend notre album vivant, et parlant pour ceux qui l’écoutent.

Quelle est ta piste préférée de l’EP, et pourquoi ?

Sans hésiter Fire And Hate. C’est le morceau dont je suis le plus fier, à la fois au niveau de la composition mais également du texte. Si je ne devais en faire écouter qu’une seule pour faire découvrir le groupe ce serait celle-ci. Du feu, de la haine, un résumé très court mais diablement efficace et révélateur.

Le premier clip sorti, Fire And Hate est juste magnifique. Comment s’est passé le tournage ? Est-ce que ce n’est pas trop compliqué de faire semblant de jouer et réussir à garder l’entrain nécessaire ?

Éprouvant (rires). C’était une expérience humaine folle ! Des heures de tournage dans un lieu original avec des conditions météos incroyables. Entre les éclairs, la pluie, ce hangar qui vibrait… On ne pouvait trouver mieux pour être dans l’ambiance du clip. On a eu la chance d’avoir Julien Metternich pour nous guider. C’est un excellent réalisateur. Il avait parfaitement compris cette chanson, du coup il nous a aiguillés pour coller à notre musique, mais aussi au clip artistique qu’il voulait. La présence d’un artificier nous a permis de jouer avec le feu. On gardera à jamais ces souvenirs…On est très fiers du résultat.

Et ça ressemble à quoi un concert de BullRun, hors confinement évidemment ? On se prend la même claque d’énergie ?

J’en ai des bons souvenirs donc ça ne devait pas être si mal que ça (rires). Les concerts pour le groupe ont toujours été de véritables marathons où toute notre énergie est mise au service de la musique. Nous voulons que les fans ressortent de l’expérience du Live avec un morceau de cette énergie et puissent la ramener chez eux. La scène est l’endroit parfait pour transmettre toutes les émotions mises dans l’album. Hâte d’y retourner.

2020 a été riche en sorties d’albums. Quel serait ton album de l’année, hormis celui de BullRun bien évidemment ?

Ça serait un peu too much de parler d’album de l’année car pour être franc je ne me suis pas trop penché sur les sorties ces derniers temps, mais à chaud comme ça j’ai envie de citer Curse of the Crystal Coconut d’Alestorm. Même si la formule se répète un peu au fil des albums, je trouve ce
groupe vraiment sympa et plaisant à écouter.

Merci pour te réponses et à bientôt au détour d’un concert !

Thomas Riquet

Thomas Riquet

Passionné de cultures alternatives, Thomas dirige eMaginarock depuis 2008. Editeur, photographe, anthologiste, graphiste... ses casquettes ont été nombreuses dans sa vie, un peu comme un chapelier fou, mais avec toujours une ligne directrice qui s'est dégagée : faire découvrir les univers qu'il aime aux autres.

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