Entretien avec Ludovic, pour le projet United Guitars

Le projet United Guitars sort ces jours-ci son second album, assez logiquement intitulé United Guitars II. Un projet atypique, réunissant quelques-uns des meilleurs guitaristes du moment. J’ai posé quelque question à Ludo, à l’origine de cette communauté et du projet d’album.

Bonjour, et merci de prendre quelques minutes pour répondre à mes questions. Est-ce que tu peux tout d’abord te présenter et nous expliquer ce qu’est United Guitars comme projet ?

Bonjour, je m’appelle Ludovic Egraz, je suis à la base un musicien classique (violoncelliste) reconverti au rock. Vers l’âge de 10 ans, j’ai découvert AC/DC et Van Halen, et j’ai eu envie de jouer de la guitare. Parallèlement aux groupes dans lesquels je jouais, notamment Tomfool entre 1997 et 2002, j’ai entamé une carrière de journaliste complètement par hasard, en collaborant dans de nombreux médias orientés guitare, jusqu’à ce que je prenne les rênes du magazine Guitare Xtreme. Je suis aussi professeur de guitare et pédagogue.
L’idée de United Guitars, c’est de construire une communauté autour de guitaristes talentueux et créatifs comme il y en a plein en France, qu’il s’agisse de gens issus du milieu professionnel (musiciens de scène et de studio) ou bien issus de YouTube et des réseaux sociaux. Il s’agit de célébrer la guitare au travers de compositions originales (17 sur le nouvel album). Sur chaque morceau, deux ou trois guitaristes croisent le fer dans la bonne ambiance, avant tout pour le plaisir de jouer et de partager des émotions. Nous voulons aussi créer des ponts entre les guitaristes de l’ancienne et de la nouvelle génération, et aussi entre des guitaristes très connus, connus et moins connus, sans discrimination. Chez nous, tout le monde est logé à la même enseigne.

Pourquoi ce nom pour le projet ?

À la base, ce nom a été choisi un peu dans la précipitation, mais il nous semblait correspondre à notre idée communautaire. Aujourd’hui, il a davantage de poids. Les guitaristes qui contribue ou qui ont contribué à United Guitars sont unis par un lien assez fort, et on le ressent lors d’évèments comme le United Guitars Fest, lorsque tout le monde se retrouve.

Comment en es-tu venu au metal, à la fois en tant que fan et en tant que musicien ?

Comme pas mal d’ados, j’étais à la recherche de sensations fortes. J’ai tout de suite accroché sur le son d’AC/DC grâce à mon cousin qui m’a offert mes premiers albums, et j’ai continué d’explorer ce genre, avec toujours une oreille attentive aux guitaristes qui ont nourri mon parcours, qu’il agisse d’Eddie Van Halen, Vivian Campbell, Jake E. Lee, Dave Murray, Dimebag Darrell et bien d’autres… Je ne suis jamais rentré dans les ramifications « extrêmes » du metal, et aujourd’hui, même si j’en écoute et que j’en joue encore, beaucoup de genres m’intéressent, qu’il s’agisse du jazz ou de la country.

Le projet sort son second album, Vol. II. Comment t’y es-tu pris pour trouver tous ces musiciens qui jouent dedans ?

Pour moi, il y a plusieurs aspects. Le premier, c’est le musicien, son jeu, sa créativité, sa flamboyance, son aptitude à composer. Ensuite, lorsque j’apprends à les connaître, j’essaie de voir s’ils peuvent rentrer dans ce projet. Pour cela, il faut être capable de s’oublier un peu, d’apporter son travail à la communauté et de partager sans vouloir tirer la couverture à soi. Bien sûr, nous essayons aussi de travailler avec des guitaristes actifs sur les réseaux sociaux, et qui sont suivis par une communauté, mais ce n’est pas le premier critère.

Comment sont choisis les morceaux qui sont joués ?

Environ trois ou quatre mois avant l’enregistrement, nous fixons le line-up, et chaque intervenant travailler sur sa composition, en élaborant une démo. Tout le monde a carte blanche. Il y a ensuite une suite d’échange entre le musicien, moi-même et le label Mistiroux Productions, afin d’affiner ce qui doit l’être.

Quelle est ta piste préférée de cet album, et pourquoi ?

Sur le premier, répondre à cette question était probablement plus simple, car l’album était plus monolithique. Celui-ci est extrêmement varié. On parle de rock, mais il y a des détours vers la world music, le blues rock et la fusion. J’adore le côté un peu fou de « First Will Be Last », le titre de Nym Rhosilir. Ce type est un compositeur extrêmement doué et un guitariste à la forte personnalité. Il gagne vraiment à être connu. Il y a toujours des twists surprenant dans sa musique, comme ici, ou les riffs de metal se culbutent avec un groove disco et des handclaps. Le morceau de Saturax, « Reborn A Man » est vraiment très réussi. Voilà un guitariste de la nouvelle génération qui sait jouer à l’ancienne, et qui sonne super bien directement branché dans un ampli à lampes. Les trois solos s’enchaînent merveilleusement bien, ça raconte une histoire, il y a de la tension et le son est vraiment organique. Avec lui, Florent Garcia et NeoGeoFanatic, nous avons vraiment la crème de la crème des musiciens ayant émergé grâce à YouTube.

Si tu devais avoir trois musiciens de tes rêves sur le United Guitars III, ce serait qui ?
Des rêves j’en ai plein, et certains se sont déjà réalisé. J’avais rencontré Gus G. quand il était tout jeune, bien avant qu’il joue avec Ozzy. Nous sommes toujours restés en contact, et j’ai toujours soutenu son travail. Pour moi, c’était important qu’il soit avec nous sur le premier. Il a aussi partagé la scène avec la team lors du Festival en février dernier. Un grand moment ! Pareil pour Doug Aldrich, que je connais depuis le début des années 90 et qui est devenu un pote au fil des années. Il a accepté d’être sur le nouvel album, et il s’est vraiment impliqué, sans jamais exiger de conditions particulières. Pour la suite, mon fantasme serait d’avoir Dave Murray, John Norum, Steve Vai ou Al Di Meola. Si j’ai appris quelque chose avec United Guitars, c’est quand on se retrousse les manches et qu’on y croit, rien n’est impossible.

Est-ce que tu penses un jour organiser un concert avec ce projet ?

Nous avons déjà organisé notre festival United Guitars Fest les 1 et 2 février derniers, juste avant le Covid, avec des concerts, des masterclasses, une exposition de matériel avec nos marques et fabricants partenaires. C’était un super bon moment. Cette année, avec la situation sanitaire, nous ne pourrons vraisemblablement pas remettre le couvert. Ce sera pour 2022.

2020 a été riche en sorties d’albums. Quel serait ton album de l’année, hormis celui de United Guitars bien évidemment ?

J’aime beaucoup Nothing Is True & Everything Is Possible de Enter Shikari, Self Made Man de Larkin Poe, Ohms de Deftones… Quoi d’autre… j’essaie de rentrer dans dans The Raging Wrath of the Easter Bunny Demo le nouveau Mr. Bungle. J’ai le sentiment qu’il appartient à la famille des grands disques qui ne se laissent pas apprivoiser facilement. Le AC/DC est une excellente surprise. Sortir un album aussi cool après plus de quarante ans de carrière, c’est incroyable, même si évident, il ne changera pas la donne et reste à des années-lumière de Powerage ou Highway to Hell. Là, j’écoute le Steven Wilson, qui est tout simplement incroyable.

Merci pour te réponses et à bientôt au détour d’un concert !

Thomas Riquet

Thomas Riquet

Passionné de littératures de l'imaginaire il cherche à faire partager sa passion au plus grand nombre à travers ses chroniques et le site. Depuis 2011 il est également anthologiste et directeur de la collection Reflets d'Ailleurs (Fantasy) des Editions Asgard, sous son vrai nom. Ce faisant il assure également la direction littéraire d'anthologie lorsque tous ses boulots lui en laissent le temps, ce qui arrive trop rarement à son goût..

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