Griz vit avec sa famille et ses chiens sur une île au large de l’Ecosse. Ses premiers voisins sont à trois îles de là, et les suivants… si loin que ce ne sont sans doute plus des voisins. En fait, si Griz additionnait toutes les personnes croisées au cours de son existence, on pourrait à peine former une équipe de football. Car, une génération après la Castration, la Terre compte moins de dix mille habitants. Et pas beaucoup de chiens. Alors, quand on lui vole un des siens, son sang ne fait qu’un tour. Ainsi débute l’épopée de Griz au cœur des vestiges de notre civilisation laissée à l’abandon, avec pour seuls compagnons son autre chien, son journal et la nostalgie d’un monde entraperçu au travers des livres trouvés sur son chemin.

Extraordinaire! Magique! Touchant! Il y a énormément de mots positifs et enjôleurs pour décrire ce superbe roman qui, contrairement à ce qu’il y a écrit sur la quatrième de couverture, n’est pas une dystopie, mais bien un roman post-appo.

Un roman post-appo certes, mais complètement différent de ce que l’on peut lire dans le même genre. Étonnamment, j’ai pensé à un mélange entre le film Freaks et le roman Positif de Wellington, c’est-à-dire du post-appo très humain et pas dans la surenchère. La tension de l’histoire ne vient pas du fait qu’on aurait peur que Griz se fasse attaquer par tels ou tels humains malades, non, elle vient du moteur de la quête: récupérer sa chienne, voler par un homme qui a débarqué sur son île jusque-là tranquille. A travers cette quête, Fletcher réussit une chose incroyable: parler de notre monde dans la bouche d’un ado du futur qui, rédigeant son carnet intime, s’adresse à nous; nous qui avons péri à cause de notre comportement. Le fait que Griz nous parle nous met dans une position délicate et désagréable, mais l’auteur, tout en accablant l’espèce humaine, ajoute des touches d’humour et beaucoup, beaucoup d’espoir et de joie.

La quête pour la chienne Jess se transforme en plaidoyer pour la nature, pour les animaux, pour la famille, contre l’esclavagisme, contre la religion, contre les croyances… Bref, Fletcher mêle habilement roman post-appo divertissant, drame familial, drame social et fable écologique. Comment pourrait-on mieux faire?

L’écriture de Fletcher est fluide avec parfois des tournures poétiques, des dialogues bien ficelés et des descriptions maîtrisées nous plongeant très facilement dans cet univers.

Un gars et son chien à la fin du monde est un roman sublime qu’il faut absolument lire! Un roman d’anticipation brillamment écrit qui nous met face à nos responsabilités actuelles en montrant les bêtises que nous sommes en train de commettre. Ce type de roman, certes divertissant et nous plongeant dans une vraie lecture immergée, devrait cependant aussi nous faire réfléchir: nous remettre en question sur notre propre humanité.

Arwen

Arwen

Je m’appelle Marie et j’ai 29 ans. J’ai fait des études de cinéma pour devenir scénariste. J’ai travaillé entre autre pour des chaînes jeunesse et des productions de dessins animés. Egalement auteur jeunesse, j'ai publié 4 livres à ce jour. Je suis une passionnée de littérature et de cinéma bien sûr! Tout ce qui touche au fantastique (et à ses cousines Fantasy et Féerie) me parle tout particulièrement. Je développe actuellement mon premier roman pour la jeunesse!

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *