Les portes de la maison des morts – Le livre des Martyrs tome 2 – Steven Erikson

Les portes de la maison des morts est le second tome de la saga qu’on ne présente plus, le livre des Martyrs de Steven Erikson, publié aux éditions Leha. Dans ce beau bébé de près de 900 pages nous allons quitter le continent de Genebackis, qui nous a accueilli durant le premier tome, pour le continent beaucoup plus désertique de Sept-cités. L’histoire se déroule donc sur un autre continent et est bien différente de celle des jardins de la lune. Là où la trame principale se déroulait dans un secteur somme toute plus limité, ici c’est à l’échelle du continent. Ce tome a pour moi été une lecture plus compliquée que le premier, demandant plus d’attention tant l’histoire va en se densifiant et les personnages se faisant en plus grand nombre. Un tome plus complexe que le précèdent, qui nous montre à quel point l’auteur a du talent pour créer des univers riches et denses.

Deuxième tome de la saga épique de Steven Erikson, Les Portes de la Maison des Morts nous emmènent sur le vaste continent de Sept-Cités, au cœur du Saint-Désert de Raraku où l’oracle Sha’ik rassemble son armée pour une rébellion des plus sanglantes : un maelström de fanatisme et de férocité qui façonnera des destinées et enfantera des légendes…

Félisine, la plus jeune fille de la Maison Paran, tombée en disgrâce, rêve de vengeance dans les mines d’Otataral. Pendant ce temps, le sapeur Violain et l’assassin Kalam, deux Brûleurs de Ponts devenus hors-la-loi, se sont fixé comme mission de ramener la jeune Apsalar chez elle et, ce faisant, de confronter l’Impératrice Laseen. Tandis qu’à Hissar, Coltaine, commandant de la 7ème Armée de Malaz, s’apprête à lancer ses fidèles Wickiens et ses troupes dans une ultime bataille pour sauver les populations jetées sur les routes par le chaos de la rébellion. C’est ce moment que choisissent deux vagabonds séculaires pour revenir : Mappo le Trell et son compagnon Icarium de demi-sang Jaghut, porteurs d’un secret dévastateur qui menace de rompre ses chaînes à tout instant…

Commençons cette chronique par le scénario, les scénarios devrait-on dire au vu du nombre d’arcs narratifs différents qui composent ce tome. A mon sens un arc se dégage nettement des autres par sa noirceur et son action, mais aussi par son habilité. Il s’agit de toute l’histoire qui va entourer Coltaine et sa tentative de protéger les civils alors que le lecteur attentif comprendra rapidement que s’il abandonne les civils il aura toutes les chances de s’en sortir mais sans honneur. Réduire les motivations de Coltaine et de sa chaîne à un simple orgueil serait une grossière erreur, tant le grand stratège qu’il est a de multiples motivations. Second arc au moins aussi important en nombre de pages, est celui de Félisine, la prisonnière politique qui se révèle avoir une pièce à jouer. Je ne peux même pas vous décrire la haine que j’ai ressenti envers elle ! Ce personnage de gamine je-sais-tout m’a tout simplement insupporté et pour chaque coup qu’elle se prend j’ai envie d’en remercier son auteur. Et pourtant voilà ici un arc très intéressant qui va nous en apprendre beaucoup plus sur le continent et le passé de l’univers. La magie y est très présente et le système des changeurs de forme est pour le moins surprenant et efficace. D’autres arcs plus secondaires ont lieu durant le roman, mais on notera particulièrement celui de Kalam dont le final est explosif. Pour parler un peu du final, celui-ci est digne d’un des meilleurs feux d’artifice que l’on pourrait imaginer.

Avant de parler des personnages nous allons nous attarder un tout petit peu sur la couverture de Marc Simonetti. Celle-ci représente un passage très tardif du roman. Elle est particulièrement réussie, mais en mon for intérieur je ne la trouve pas représentative du roman. J’aurais préféré une illustration en rapport avec Coltaine ou alors avec Sha’ik.

Parlons un peu des personnages. J’ai déjà évoqué le brillant Coltaine et l’insupportable Félisine. Les sentiments qu’ils engendrent sont très forts, ce qui prouve que l’auteur les a magnifiquement réussis. Après tout si on arrive à un tel niveau de haine c’est forcément que c’est bien écrit, sinon on resterait indifférent à cette petite c****. Le personnage de Duiker, historien qui suit Coltaine va nous permettre de mieux appréhender l’univers et les actions en cours. On retrouvera Violain, Kalam et Apsalar entre autres du premier tome, ce qui approfondira leurs histoires respectives. Erikson sait briller avec ses scénarios complexes et originaux, mais cela n’est clairement pas au dépend des personnages.

Que dire sur l’écriture de Steven Erikson, eh bien pas grand-chose car après tout c’est un texte traduit, et ce par un passionné non professionnel contrairement au premier tome. Malheureusement cela se ressent par moments et la traduction peut se retrouver très lourde, alors que le premier tome se montrait beaucoup plus fluide. Je ne critique absolument pas le travail colossal de Nicolas Merrien qui a fait tout de même un travail de folie, mais par pitié qu’il arrête les « Yep » toutes les deux phrases. En dehors de ces quelques maladresses et lourdeurs, le style reste lisible et, même si il manque un peu de finesse, reste tout à fait agréable à lire (au vu de ma propre expérience je ne peux que m’incliner quand un amateur livre une prouesse pareille que de traduire 900 pages d’Erikson et son style ardu, précis et au combien imaginatif).

Pour conclure, une lecture plus compliquée dans un monde plus complexe. Le tome 2 nous montre que l’auteur est loin d’en avoir fini avec nous et qu’il a encore de la ressource. Une histoire dense et surprenante qu’il vous faudra lire pour en savoir plus.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *