Le feu de la Sor’cière – Les Bannis et les Proscrits tome 1 – James CLEMENS

Louée par R. A. Salvatore, paru chez Bragelonne en broché dès 2006, la saga Les Bannis et les Proscrits fait actuellement l’objet d’une réédition au format poche.

Par une nuit fatale à Alasea, pays ravagé par une malédiction, trois mages accomplissent un ultime sacrifice dans l’espoir de préserver le bien. Cinq cents ans après cette nuit funeste, une jeune fille hérite d’un pouvoir perdu depuis longtemps. Mais avant qu’elle puisse en saisir les implications, le Seigneur Noir lance ses hordes des ténèbres pour s’emparer de la magie embryonnaire qu’elle détient. Dans sa fuite, Elena est précipitée vers une issue terrible… mais aussi vers la compagnie d’alliés inattendus, avec lesquels elle va tenter de combattre les forces inexorables du mal et de secourir un empire autrefois glorieux.

Dans un monde où la magie a abandonné les hommes, Elena, jeune adolescente rêveuse, sort à peine de l’enfance. Elle vit auprès de ses parents et de son frère Joach, coulant une enfance heureuse, jusqu’au jour où elle devient femme et que se révèlent ses pouvoirs. Dismarum et Rockingham, serviteurs du Seigneur Noir, sonnent à sa porte. Son destin et la vie toute tracée qu’elle entrevoyait alors volent en éclats. Obligée de fuir les serviteurs des ténèbres, perdue, elle cherche de l’aide auprès de la seule famille qui lui reste, sa tante. Très vite, le sort continue de s’acharner sur elle et la fuite se poursuit.

Séparée de son frère, témoin de la mort de sa tante, elle se rend chez son oncle Boln suivie par d’étranges compagnons : Er’ril, un combattant manchot, Nee’lahn, une femme mystérieuse qui sait beaucoup de chose et Kral, un hommes des montagnes qui cherchent à se venger des serviteurs du Seigneur Noir. Accueillant tout ce beau monde chez lui, Boln révèle à Elena sa destinée et désigne Er’ril ainsi que ses nouveaux camarades comme ses protecteurs. Liés par le destin, ils ont pour mission de trouver le Grimoire, objet forgé par la magie cinq cents ans auparavant par le frère d’Er’ril (oui le gars a plus d’un demi millénaire et se porte comme un charme :D), afin de chasser les Ténèbres et de détruire le Seigneur Noir. En chemin, elle rencontre d’autres personnages, devenant ses compagnons de route, ils l’aident à lutter contre les créatures des Ténèbres. Nous rencontrons Tol’chuck (un demi-og’re) ainsi que Mogweed et Fardale (des si’lura jumeaux – métamorphes), et enfin Méric (seigneur el’phe). Tous en quête de quelque chose qui pourra sauver leur peuple ou les délivrer d’une malédiction.

Malgré quelques clichés qui ne sont pas sans rappeler le folklore occidental (la jeune fille rousse aux pouvoirs magiques – heureusement, elle n’est pas gauchère), ainsi que des spécificités au niveau de l’orthographe de certains mots (sor’cière, og’re), j’ai été enchantée par cette lecture et ravie de découvrir un auteur talentueux.

James Clemens possède un style fluide et maintient ses lecteurs en haleine par un découpage des scènes et des chapitres nous laissant dans l’expectative. Que va-t-il donc se passer ensuite ? Où en sont-ils ? Que vont-ils devenir ? Les questions se bousculent dans notre tête et notre imagination. Tourner les pages, avancer dans le récit sont les seuls remèdes à cette attente. L’auteur manie l’action et le suspense avec brio. Autre particularité du roman qui m’a séduite : le préambule. L’auteur nous met dans la peau d’un étudiant qui se penche sur les écrits relatant les faits du Feu de la Sor’cière. On nous y met en garde contre la véracité des faits relatés « L’auteur est un menteur », et il y a même une assignation de responsabilité !!!

Les personnages, conçus eux aussi selon certains schémas classiques de la fantaisie, sont également attachants. Elena, qui je dois dire n’est pas très intéressante au début (c’est une gamine qui comprend mal ses pouvoirs) prend de l’ampleur au fur et à mesure que le récit se déroule. Elle gagne le respect d’Er’ril, qui avait beaucoup d’a priori à son sujet (dans cet univers les femmes qui font de la magie sont mal vues, quand elles ne sont pas qualifiées d’imposteurs), et se trouve plus de protecteurs qu’elle n’en espérait. Tous ses compagnons ont des parcours et des histoires différentes (traitées en amont ou en aval de la rencontre), mais semblent avoir un destin commun qui les guide sur ses traces. La quête d’Elena se révèle être un chemin initiatique à la découverte d’elle-même et de ses pouvoirs.

Enfin, bien que le public premier de cet ouvrage soit les adolescents, les adultes peuvent aussi se trouver séduits par la verve de l’auteur (merci à la traduction !), les personnages et l’histoire, ainsi que par la couverture.

 

Clemens ravira les jeunes et les moins jeunes avec cette aventure trépidante qui nous transporte dans un univers riche où les bannis et les proscrits d’aujourd’hui seront, sans doute, les héros de demain.

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