Entretien avec Philippe, aka Mr Strangler, de PORN

PORN c’est un peu ma Madeleine de Proust : un album par an, toujours un délice de dark-rock, un univers développé, des paroles totalement adaptées. C’est donc avec grand plaisir que je l’ai rencontré pour parler du troisième opus de la trilogie de Mr Strangler, No Monsters In God’s Eyes.

Bonjour, et merci pour cette rencontre. Peux-tu tout d’abord te présenter et nous expliquer ce que tu fais dans PORN ?

Bonjour, je m’appelle Philippe, Mr Strangler actuellement pour les intimes, et je suis chanteur, compositeur, parolier, tout plein de choses, pour PORN.

Pourquoi ce nom connoté pour le groupe ?

Eh bien on va dire qu’il y avait deux raisons. La première tient au groupe The Cure et leur album Pornography, ce groupe a beaucoup compté pour moi. La seconde est le côté subversif du nom qui nous apporte aussi bien des désagréments que des avantages.

No Monsters In God’s Eyes est le troisième album de la trilogie concernant Mr Strangler. Comment est-ce que tu vis cette fin d’un cycle ?

Bien, très bien même. C’est toujours agréable de finir un cycle car on fait un bilan, on passe à autre chose. Cela permet aussi de ne pas devenir esclave de nos personnages. Cela provoque quand même un peu de tristesse car ce personnage nous a apporté beaucoup. On va clôturer  cette trilogie avec la sortie d’un album remix en avril, avec de très belles collaborations, et donc on est ravis de ce Strangler nous a apporté. Il nous a amené à une stade de notre carrière qui permet d’envisager la suite plus sereinement.

Est-ce qu’il va y avoir un fil conducteur sur la suite tout de même ou est-ce que tu envisages de passer entièrement à autre chose ?

Le format trilogie nous a offert la possibilité avec une vraie possibilité de développer une narration, c’est ni trop long ni trop court. Pour la suite on a déjà travaillé sur une suite d’au moins deux albums, avec des personnages totalement différents, dans l’univers du Cirque, mais on retrouvera un peu de Strangler dedans, son ombre va continuer à planer sur cette suite.

Est-ce que ce n’est pas compliqué quand tu gères un groupe, comme tu le fais, d’avoir toujours cette ombre d’un personnage au-dessus de toi ?

Non parce que tout est écrit d’avance, les formats d’albums, leur nombre, les personnages, l’histoire, tout était prévu. Donc pas vraiment de problème pour moi de ce point de vue. C’est un peu la même chose que pour un réalisateur qui a prévu tout son projet dès le départ. Je n’ai clairement je n’ai pas ressenti d’enfermement du tout, d’autant plus qu’il nous a apporté beaucoup. Le second album nous a rapporté quatre fois plus que le premier, et les trois premiers singles de celui-ci déjà sortis nous ont déjà rapporté plus que les deux albums cumulés. Il nous apporte donc des moyens.

Comment est-ce que tu as fait pour te plonger dans la psychologie d’un serial-killer comme Mr Stangler ? As-tu étudié des cas de psychopathes ?

Alors ça ne fait je l’ai fait essentiellement sur l’écriture du deuxième album. Sur le premier j’étais beaucoup plus sur l’idée de ce monstre intérieur qui te ronge parce que ce que la société attend de toi ne matche pas avec ce que tu ressens être. Et lorsque je me suis plongé dedans j’ai lu et regardé beaucoup d’interviews, d’articles, et ce vieux truc d’acteur que je voyais quand j’étais jeune où ils disent qu’ils vivaient le personnage, qu’ils s’étaient oublié en lui, eh bien je l’ai ressenti. Et pourtant je n’ai aucune formation de comédien, mais je me suis tellement plongé dedans entre l’enregistrement, le mixage, j’étais totalement dedans de bout en bout. J’ai été content de reprendre un peu de distance après cet album central. Sur le dernier j’ai un peu plus galéré sur les prises de voix.

Et du coup tu peux en dire plus sur les projets futurs ? Quelques spoilers sur l’univers à venir ?

Eh bien comme je te disais on va avoir la sortie du remix un mois après l’album, donc en avril, sur lequel on retrouve Combichrist, Orgy,… Et du coup quand on a travaillé avec Chris Brennan, on a eu un super contact, en plus qu’il fasse un super boulot, et il va travailler avec nous sur le nouvel album. La composition est quasiment finie, on va passer en production et on vise à finir ça pour juillet. On a essayé sur un titre test et ça l’a fait.

Concernant l’univers : Strangler est donc parti, et on va basculer dans une toute autre ambiance, avec un nouveau personnage, plus basé sur les marginalités, mettant en avant The Guide et son cirque itinérant, avec un côté secte et culte, que les gens rejoignent, car ils sont déçus de la société. On va parler culte de la personnalité, comme être en dehors de la société. Et on aura une pointe de Strangler car The Guide est un peu une sorte d’incarnation de Strangler. Et l’idée est de faire ça sur deux albums dont le premier sortirait dans un an, pour mars 2021. Sauf si un label nous signe et souhaite retarder la sortie.

Quelles sont les prochaines dates du groupe ?

On était censés faire Milan le 26 mars, une autre date au Legend Club a été annulée aussi. On est prévus sur Lyon le 2 avril, Paris le 3, Nantes le 4 et le 30 mai à Toulouse. Voilà pour le moment, et on refera des dates à l’automne.

Et justement, quel est ton pire souvenir sur scène ?

Ça doit être le premier concert que j’ai fait : j’étais tétanisé et premier accord je pète deux cordes et je me rends compte qu’il n’y a pas de son. C’était un genre de scène ouverte et ouais c’est mon pire moment.

Merci à toi pour cette rencontre et à l’an prochain pour les prochaines aventures de PORN !

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