J’ai beaucoup aimé ce roman jeunesse, qui n’est pas sans rappeler l’excellent Tobie Lolness et devrait donc plaire à ceux qui avaient apprécié ce dernier.

On y suit les aventures de Violette, une petite fille qui cherche à fuir la violence de son père et découvre le Jardin Sauvage, escortée de son chien Pavel.

Nul ne sait quand le Jardin Sauvage est né. Violette Hurlevent y pénètre le jour où elle doit fuir de la maison de sa mère. Loin des soucis de son existence, elle découvre alors un univers immense, caché aux autres humains et peuplé d’êtres aux coutumes étranges. Ici, les loups parlent, les pierres s’animent ; même le temps s’écoule selon de nouvelles lois. Mais la beauté du Jardin Sauvage cache de nombreux périls. Avec son chien Pavel, aussi courageux que gourmand, Violette va affronter une menace encore plus terrible que les problèmes qu’elle voulait fuir. Pour faire face à ce défi, elle devra choisir ses alliés et retrouver les reliques, des objets aux pouvoirs mystérieux qui détiennent la clé de son destin. 

Ce roman est avant tout un roman initiatique et nous présente le cheminement de son héroïne, un cheminement qui est tout aussi intellectuel que physique. Au cours de ses pérégrinations, Violette va en effet beaucoup apprendre sur les relations entre les individus, leur impact sur le monde, mais aussi et surtout sur elle-même, ses forces, ses faiblesses.

Ses aventures au sein du Jardin Sauvage peuvent tout aussi bien se lire comme un cheminement intérieur, un passage de l’enfance à une maturité plus adulte. Au fil des pages, Violette se construit, renforce son identité, apprend à affronter ses peurs et à poser ses limites face à l’autre. Cette double lecture porte tout l’ensemble de l’œuvre, qui nous présente d’un côté les péripéties de l’héroïne telles qu’elle pense les vivre et de l’autre une métaphore intéressante de la construction de l’identité. Ces deux aspects ne sont, bien sûr, pas incompatibles, et cohabitent très bien.

Au travers de ce parcours initiatique qu’il propose à Violette, le Jardin Sauvage foisonne d’imagination. L’auteur a pensé tout un univers entre les brins d’herbe et les arbres, dans lequel j’ai adoré me plonger. On y découvre d’excellentes trouvailles (mention spéciale au monde sous-racines et à l’oiseau livre), d’adorables communautés et des personnages très attachants (seul celui de Violette m’a par moments agacée, de par sa façon un peu trop directive de s’adresser aux habitants des lieux). Dans le Jardin Sauvage, les animaux parlent, les pierres s’animent et la lune vampirise. De quoi passer un excellent moment, pour les petits comme les plus grands.

Le livre propose également des messages importants. On y retrouve bien sûr le courage, la capacité à affronter ses peurs et à connaître ses limites, l’acceptation de l’autre et la différence.

Mais d’autres idées sous-jacentes sont également soulevées, et parmi elles l’importance d’aller au-delà de ses préjugés (cela permet parfois de faire de belles rencontres) ainsi qu’une indéniable dimension écologique (dans le Jardin Sauvage, tout repose sur l’équilibre et si cet équilibre est détruit, le jardin le sera aussi).

Enfin, le livre est illustré par les superbes dessins de Jean-Baptise Bourgois, qui rendent tout à fait justice à l’histoire. Ces illustrations fourmillent de détails, à l’instar de l’histoire, et apportent beaucoup à l’ensemble.

 

J’ai donc beaucoup apprécié ce roman jeunesse, qui devrait plaire aux petites comme aux plus grands.

NokomisM

NokomisM

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *