Les + :

– Un conte classique et efficace

– La musique de Danny Elfman

– Un visuel de qualité

 

Les – :

– Des personnages fades

– Un manque de folie comparé à L’Etrange Noël de Monsieur Jack

Victor Van Dort est promis à Victoria Everglot, dans un mariage arrangé entre leurs deux familles. Mais le gauche Victor, stressé par cette union à venir, accepte par erreur de se marier avec le cadavre d’Emily. La Mariée décédée l’entraîne alors dans le monde des morts, où il va découvrir une autre vie sans pouvoir oublier l’union qui l’attend dans le monde réel…

Presque dix ans après L’Etrange Noël de Monsieur Jack, Tim Burton revient à l’animation avec Les Noces Funèbres, en coréalisation avec Mike Johnson. Cette fois, il est presque le seul maître à bord de ce conte à cheval sur deux univers qui joue sur les obsessions de son célèbre réalisateur. À cette époque, Burton sort d’un succès avec Big Fish, après plusieurs échecs économiques relatifs (Sleepy Hollow et La Planète des Singes). Il s’engage dans les derniers grands films de sa filmographie (l’imparfait Charlie et la Chocolaterie sort la même année, le puissant Sweeney Todd sera le suivant) avant de suivre une ligne plus sage.

Comment peut-on situer ce cru dans l’œuvre Burtonienne ?

L’histoire de Victor, sa chère Victoria et la Mariée décédée a été glissée à Tim Burton par Joseph Ranft, un ancien animateur de chez Disney et Pixar. Séduit, le réalisateur s’est plongé dans le projet comme jamais, le finançant et travaillant sur chaque étape de la production. Cela se ressent chaque seconde à l’écran. Profondément Burtonien, Les Noces Funèbres reprend ce visuel gothique qui a fait sa gloire tout en réutilisant une esthétique proche de celle de L’Etrange Noël de Monsieur Jack. De ce point de vue, la réussite est totale. La caméra est toujours en mouvement, le montage pose bien le récit et sait lui donner du rythme, comme lorsque l’on bascule dans le monde des morts.

Toutefois, s’il peut faire peur aux plus petits, le film est plus mesuré dans la façon dont il aborde les lubies thématiques du réalisateur. Moins sombre, il se positionne dans une vision plus positive qui cadre avec son dernier magnum opus, Big Fish, où l’on sent Burton en train de faire la paix avec ses démons. Le traitement du thème du monstre ou de la différence est par exemple bien présent, mais il se révèle assez positif (le monde des morts est drôle, la Mariée a une motivation louable) et avec moins de nuances qu’à l’accoutumée.

L’apport le plus significatif est celui de Danny Elfman. Le fidèle compositeur apporte son énergie habituelle. Il aide grandement à caractériser le triste monde réel et son alter égo coloré où l’humour noir est présent, quoiqu’acidulé. Dans le monde réel, il vampirise le spectacle avec ses compositions jazzy et son interprétation de haute volée de Bonejangles. Il contribue à faire sortir de ses gonds un récit très apaisé, très efficace à défaut de la folie débridée des meilleurs récits de Burton.

Cela se ressent dans l’interprétation. Le casting est cinq étoiles : Johnny Depp, Emily Watson, Helena Bonham Carter, Albert Finney, Richard E. Grant ou Christopher Lee font le job. Mais rien ne dépasse et aucun ne se voit offrir de grands moments. En résulte des personnages fonctions, qui servent le scénario, mais se montrent fades.

CONCLUSION

Classique et efficace, Les Noces Funèbres plaira aux petits comme aux grands. Pour Halloween, il sera parfait pour une soirée familiale! Cela peut aussi se révéler comme une porte d’entrée douce vers l’univers de Tim Burton. Mais il ne faut pas en attendre plus.

Autre conseil : chez Burton, outre les deux films d’animation déjà évoqués, il faut bien sûr penser à la légende du cavalier sans tête, Sleepy Hollow, un film d’ Halloween par excellence !

Kevin

Kevin

Passionné d'imaginaire, Kevin lit, voit et assiste à pas mal de choses. Il partage ses découvertes et aime repartir vers le passé, le temps d'une chronique ou d'un article. Depuis 2008, il joue aussi les scribouilleurs amateurs chez Rivière Blanche (Dimension Écologies Étrangères), Malpertuis (Malpertuis VI, Malpertuis X) ou les éditions Mots & Légendes où son premier roman de Fantasy historique, Entre la Louve et l'Olympe, est disponible.

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