Beast In Black + Myrath – L’Elysée Montmartre – 4/11/2019

Ce soir, une belle affiche signée Contra Promotion GmbH et Veryshow a attiré une belle foule aux porte de l’Elysée Montmartre. En effet, la file d’attente grimpe bien haut dans la rue perpendiculaire à l’entrée de l’édifice parisien, et le terrain pentu du quartier laisse bientôt se déverser un public aux ambitions festives dans la salle. Ce n’est pas un groupe et sa première partie que nous venons voir, mais bien un show à double headline, ce qui signifie que les tunisiens de Myrath et les finnois de Beast In Black bénéficient bien du même temps pour jouer sur scène.

En ce qui concerne Myrath, la sortie de leur dernier album « Shehili » en mai dernier et les images récentes présentes dans la presse qui nous donnaient un aperçu de leur nouveau format de concert avaient donné une vive envie de les découvrir ou redécouvrir sur scène. Au top départ de leur set, la foule est conviée directement à prendre part à une ambiance très bien conçue. Aux rythmes orientaux du titre d’intro, une danseuse orientale prend place sur scène et elle est bientôt accompagnée par un magicien qui fait léviter devant nos yeux un étrange objet fluorescent. Pour vous donner idée, si vous avez manqué cette sublime intro, allez donc jeter un coup d’oreille au Live in Carthage enregistré en 2019, et fermez les yeux. L’entrée des musiciens les uns après les autres provoque un dynamisme qui sort le public de la transe, puisque le riff de Born To Survive retentit et diffuse ses airs de défi et corrobore une impression épique. Myrath se déploie bien en écho avec sa catchphrase, « blazing desert metal », et la scénographie décorée de tapis et de coussins est en adéquation avec le voyage qu’ils proposent. Après quelques minutes seulement, c’est leur très attendu hit Dance que l’on apprécie en live, soutenu par la puissance vocale de Zaher Zorgati. Mais le son de Myrath ne se résume pas qu’à cela, et on se doute bien qu’ils sont appréciés par un spectre d’auditeurs très large : par exemple, un petit retour à l’album « Legacy » (2016) dessine un contraste dans le set par une envolée quasi lyrique et l’impact d’un tempo plus lent, effectués par le titre Nobody’s Lives. Le charme du groupe est efficace et le public venu pour les écouter semble confirmer cette impression.

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Toutefois, tous ne sont pas venus voir Myrath. L’entracte, l’heure de se ravitailler en boisson pour beaucoup, permet de noter la quantité de t-shirts Beast In Black portés au sein des participants. Il s’agit ce soir de la deuxième étape parisienne du groupe, puisque leur tournée les avait conduits à remplir la Maroquinerie le 3 mars dernier. Le public est prêt à se déchaîner, l’excitation de l’audience est palpable. Le groupe arrive enfin sur Cry out for a Hero, et directement, le public se transforme en têtes qui sautent partout. Il faut dire que le heavy metal bien typique de Beast In Black révèle ce côté dansant et festif, injecté d’énergie nous transpose dans une toute autre ambiance. Les musiciens se présentent sur scène bien en rang, face à nous, et rappellent un petit peu une première ligne de soldats prêts à conquérir le terrain. La foule explose un petit peu plus à chaque morceau performé par le groupe, et cela répond entre autres à une recette simple : lorsque le refrain monte de quelques tons, le public s’adonne à le chanter en chœur avec encore plus de vigueur. Le groupe est souriant, galope d’un bout à l’autre de la scène. Leur concert est fougueux, plein de teintes pop, et rythmé. C’est d’ailleurs un sport qui n’est pas accessible à tout le monde, que de pouvoir donner de sa sueur à l’instar du groupe, et de tenir la cadence tant la musique est entraînante. Leur setlist permet de se promener entre leur nouvel album,  From Hell With Love  sorti le 8 février dernier, et  Berserker  (2017). C’est en somme un moment joyeux et revigorant, qui semble là aussi répondre tout à fait aux attentes des amateurs.

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Voilà une soirée plein de saveurs et de couleurs différentes offerte par ces deux groupes. Si le public est venu défendre les couleurs de son camp, il est presque assuré que chacun sort de l’Elysée Montmartre avec un avis amélioré et au moins tout neuf de chacun des groupes. Le choix des artistes sur l’affiche de ce soir renforce encore les notions de partage et d’échange qu’il est nécessaire d’appréhender pour enrichir et sa culture metal, et apprécier encore plus les rassemblements qui en découlent. 

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