Entretien avec François, programmateur du Nantes Metal Fest

Le Nantes Metal Fest, qui se tient en décembre chaque année est en passe de devenir un de ces petits festivals incontournables de la scène metal. Hébergé par Le Ferrailleur et proposant une affiche éclectique, ce trio de dates promet beaucoup pour cette année, et c’est pour cela que nous sommes allés poser quelques questions à François, programmateur, ainsi qu’à son acolyte  Léo, afin d’en savoir plus.

Bonjour, et merci de prendre quelques minutes pour répondre à mes questions. Pourrais-tu tout d’abord te présenter et nous expliquer ce que tu fais dans la vie et pour le Nantes Metal Fest ?

Je suis François, 37 ans et chargé de communication du Ferrailleur depuis huit ans, et directeur de production du Nantes Metal Fest depuis huit ans également.

Comment tu en es arrivé là ?

Bah écoute j’ai fais des études de communication et je suis passionné de musique (avec notamment un groupe de reprises de Metallica, The Four Horsemen) et j’ai monté A Jeter Prom avec Tangui et très rapidement on a organisé des concerts, fait de la promo de concerts, et de fil en aiguille c’est devenu mon métier à temps plein.

Et c’est quoi justement le Nantes Metal Fest ?

Eh ben écoute c’est un festival qui se déroule au Ferrailleur, début décembre, sur trois jours, avec quinze groupes en tout. L’idée c’est d’avoir des groupes nationaux, qui sont des têtes d’affiche à l’échelle de notre jauge, et des groupes de scène locale venant de Nantes, Rennes Brest, Saint-Nazaire. Et début décembre parce que justement il n’y a pas trop d’évènements.

Sur l’affiche de cette année, quel est le groupe que tu veux vraiment voir ?

Je sais pas, Betraying The Martyrs est un très bon groupe de live, Trepalium qui revient avec un nouveau chanteur. Après il y a énormément de groupes qui sont excellents donc je ne peux pas choisir.

Comment est-ce que tu sélectionnes tes groupes ?

La programmation c’est d’abord une question d’opportunité : qu’est-ce qu’il est possible d’avoir en fonction du budget, des tourneurs qui nous font confiance et des tournées des groupes. Je contacte d’abord, et booke, la tête d’affiche de chaque journée en premier, et ensuite en fonction d’elle je fais la suite de la journée afin de garder une cohérence musicale de l’ensemble du jour.

Et est-ce que tu as déjà eu des annulations comme Manowar aujourd’hui (l’interview a été réalisée le vendredi du Hellfest) ?

On a bien sûr eu des petites annulations pour divers problèmes de logistique ou autres. Ce qui m’a le plus embêté ce sont les annulations en phase de préparation du festival. Il y a trois à cinq ans des groupes qui n’étaient plus dispos pour des raisons plus ou moins valables. Et c’est assez pénible.

Le groupe que tu voudrais voir jouer sur ton festival, quel que soit le budget ?

J’aurais bien aimé avoir Regarde les Hommes Tomber, qui sont nantais mais que l’on a jamais réussi à faire venir encore, mais qui maintenant est devenu trop gros pour la taille de notre festival. Des groupes qu’on aimerait avoir il y en a forcément plein. La tête d’affiche de mes rêves, à l’échelle du Ferrailleur et sachant qu’on ne fait jouer que des francophones, je dirais Free Kitchen.

Tu as une capacité de combien sur la salle ?

Le Ferrailleur c’est 280 tickets payants, plus les groupes et les accréditations. Tu es donc limité en termes de taille de groupes également. En plus on essaie de faire le ticket d’entrée le moins cher possible afin de le rendre le plus accessible possible. A 16 € la journée et 36 € le pass 3 jours, on ne peu pas vraiment s’autoriser de folies… Et pour des groupes comme ça on propose quelque chose de vraiment pas cher.

Et comment vous gérez en termes de logistique ?

François : Du coup je vais laisser Léo répondre vu qu’il est là.

Léo : Alors oui c’est plus mon job. La difficulté c’est que le Ferrailleur est une petite salle, avec cinq groupes par jour notamment pour la question du backline. On est les spécialistes du Tetris, notamment avec des loges qui ne sont pas conçues pour accueillir autant d’artistes. Ca demande donc que l’on soit irréprochables sur l’accueil afin de faire accepter aux artistes qu’ils ne pourront pas passer leur soirée en loge. On a aussi mis en place un catering de bonne qualité, avec des produits locaux. On offre aux groupes de petits à-côtés afin de faire passer le fait qu’ils soient nombreux dans une petite loge. Ces contraintes nous obligent donc à nous dépasser.

François : Sur le festival on a une quinzaine de bénévoles, les artistes ont un luthier, des petits goodies, un catering de qualité.

Léo : C’est énormément de travail en amont, de discussions avec le tour manager afin que tout soit bien établi d’entrée de jeu. Il faut que les groupes aient conscience que la petitesse de la salle cause des contraintes. On a quasiment eu aucune plainte à l’heure actuelle.

François, revenons à toi : est-ce que l’an dernier tu as réussi à faire complet ?

Généralement on fait toujours deux soirées sur trois qui sont complètes. On a un peu plus de mal sur le jeudi mais c’est normal. L’objectif de cette année est de réussir à être sold out sur les trois jours évidemment.

Et est-ce que à un moment tu prévois un changement de salle, pour pouvoir faire plus grand ?

François : Non, l’idée est que cela reste au Ferrailleur, car on aime bien cette formule, mon travail chez eux me laisse du temps pour ça, les partenariats se montent. On ets bien au Ferrailleur

Léo : Le fait de pouvoir intégralement s’approprier le lieu est une chance énorme. Si l’on devait changer à chaque fois on y perdrait en termes de qualité. Cela a été une force pour nous de rester là où nous sommes.

François : Et tant que l’on n’a pas fait sold out les trois jours, ce n’est même pas envisageable en fait, ça serait avoir les yeux plus gros que le ventre !

Quelle est pour toi l’erreur que tu ne dois pas commettre de nouveau un jour ?

En termes de logistique on a fait pas mal d’erreurs justement, dans notre capacité à stocker le matériel et la gestion des loges. Du coup j’ai demandé à Léo de nous rejoindre. En fait l’erreur que je ne dois pas refaire c’est de tout faire moi-même, car à un moment tu ne peux plus…

Et ta plus grande réussite ?

Franchement notre plus grande réussite ça a été de partir avec 0 euros et de lancer ça. Et finalement cela a fonctionné. En comptant tout aujourd’hui le festival c’est dans les 12.000 € de budget de production. Avec ce budget on fait de la déco, on cherche à faire vivre une expérience à notre public.

Et tu dors des fois ?

Eh bien j’adore ce que je fais et donc c’est chronophage mais vraiment stimulant, donc je le fais avec grand plaisir. Et avec l’expérience tu apprends à te ménager aussi.

Merci beaucoup pour tes réponse et à bientôt sur le festival justement !

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