The Boys – Eric Kripke

Quelque part dans un monde où les Supers font la loi, certains décident de s’élever contre ces super-héros tout-puissants un poil trop égocentriques. Ils se font appeler « the Boys ».

The Boys est l’adaptation de la BD éponyme de Garth Ennis (le scénariste de Preacher) et Darick Roberston. Elle a été développée par Erik Kripke (le papa de Supernatural), après moult péripéties de production et sera finalement réalisée sous la houlette d’Amazon. Le géant a mis les p’tits plats dans les grands et livre une fois de plus une série d’une grande qualité, et sans doute ENFIN son plus grand succès pour le moment.

Les acteurs ont été choisis avec un grand soin, Kripke n’avait qu’une seule exigence : Billy butcher serait joué par Karl Urban (Eomer dans Le Seigneur des Anneaux, ou encore Mc Coy dans le reboot de Star Trek). Il y a aussi un guest qui semblait pour le moins évident. Dans la BD Hughie Campbell, a les traits de Simon Pegg (Darick Roberston est un grand fan, et a voulu lui rendre hommage ainsi. L’acteur en a été flatté, mais s’estimait trop vieux pour le rôle dans la série). Du coup, les créateurs ont quand même créé un rôle sur mesure à l’acteur, en lui faisant incarner le père de Hughie. Le reste du casting est tout aussi intéressant en particulier le rôle du protecteur, campé par l’excellent Antony Starr (le rôle principal dans Banshee ou les jumeaux de Outrageous Fortune) ; ou encore Elizabeth Shue en Madelyn Stillwell, glaciale à souhait (son visage vous dira sans doute quelque chose en particulier si comme moi, vous avez regardé les Retour vers le futur et autre Karaté Kid). On notera également la présence d’Erin Moriarty, jeune actrice qu’on a pu voir dans True Detective notamment.

The boys est une série un peu spéciale. On aura déjà vu des anti-héros type Deadpool ou Kick Ass, mais pas encore des saloperies élevées au rang de stars, juste parce que ce sont des super-héros. Ici, c’est l’anti-marvel, les Supers sont drogués, violents, corrompus jusqu’à la moelle, addicts au sexe et à ses déviances… bref, ils se croient tout permis et c’est le cas. Ah oui, ils sauvent parfois des gens, et la masse populaire pense que ce sont des héros. Mais quelque fois, ça dérape.

La série montre leur intimité et on se rend très vite compte que le monde tout parfait des supers n’est en fait qu’une façade marketing redoutablement bien orchestrée et menée d’une main de maître, par la nickel Madelyn Stillwell. Le public quant à lui, a de la poudre aux yeux et quelque fois, la dure réalité vient les heurter de front (littéralement dans le tout premier épisode), et s’ils refusent de se faire acheter, c’est la bérézina… Certains finissent par se regrouper, bon gré mal gré, et se rebellent. Ils intègrent alors le groupe « the boys », mené tambour battant par Billy Butcher qui a décidé il y a longtemps qu’il fallait destituer les Supers. Il va essayer avec son groupe, traquer les uns et les autres, tout en essayant de ménager les sentiments du pauvre Hughie, qui a déjà bien assez souffert. Ils vont être aidés, de manière plus ou moins consciente, par Stella, nouvelle Super, innocente et naïve comme l’agneau qui vient de naître… ou qu’on envoie à l’abattage. Car oui, The boys c’est aussi une grosse boucherie par moment et c’est totalement jouissif pour la plupart des non-fans de super-héros (comme moi) et pour ceux qui aiment l’humour caustique. C’est déjanté et absolument totalement inattendu.

On notera une photographie très bien faite, relativement graphique, à la hauteur du budget. Les auteurs ne se gênent pas pour parodier et écorcher tout l’univers Marvel dans son ensemble.

Vought, la société que gère Stillwell est bien entendu un avatar de Marvel dans son ensemble. Le Protecteur a plus qu’une similitude avec Captain America (le code couleur et les logos ressemblent). On écorche aussi joyeusement Wonder Woman, l’homme invisible, Aquaman (il est trash celui-là;))… Tout est très codifié et on voit vraiment ce qu’ils ont essayé de faire. C’est extrêmement bien réussi.

Selon les personnes qui ont lu la BD en entier (j’ai pas encore fini), la série serait cependant édulcorée, Butcher étant moins psychopathique et le Protecteur un poil moins trash. Vu ce qu’on voit dans ce début de série, je me réjouis de découvrir cela !!! Car on dira ce qu’on veut, mais cette première saison est une vraie réussite, Kripke a su vraiment balancer la purée au moment T et il n’y a pas de temps morts. Bien entendu, elle est plutôt dense, mais l’univers est totalement placé au bout de ces 8 épisodes haletants (ils durent tous aux alentours d’1h). Le cliffhanger de fin laisse présager une saison 2 explosive.

En conclusion, une surprise de taille m’attendait le jour où j’ai décidé que je donnerai sa chance à The Boys (malgré ma promesse de ne plus regarder de série de super héros;)) et grand bien m’en a pris. La profondeur (il y a une vraie grande critique de la société bien pensante et de la place de la femme) et la trashitude développées sont de loin ce que j’ai vu de mieux dans le sujet. Les critiques sont dithyrambiques et c’est totalement mérité.

The Boys est d’ores et déjà une série culte : foncez !

The Boys

d’après la BD de Garth Ennis et Darick Robertson

réalisé par Eric Kripke

avec : Karl Urban, Jack Quaid, Antony Starr

Amazon Prime

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