Entretien avec Elie et Nesh du groupe Forest In Blood

Forest In Blood, c’est du bon gros hardcore à la française, quelque chose de délicat, de fin, d’empreint de délicatesse. Et pourtant leur dernier album, Pirates, a beaucoup plus à dire qu’il n’y paraît de prime abord. Petite interview de Elie et Nesh sur un coin de table autour d’une bière et de la notion de fraternité pirate…

Bonjour, est-ce que vous pouvez tous les deux commencer par vous présenter et nous expliquer ce que vous faites dans Forest In Blood ?

Elie : Elie, chanteur.

Nesh : Et moi je suis Nesh, le batteur

Comment s’est fondé le groupe ?

Elie : Tout a commencé en 1998 et à la base c’est un groupe de potes de lycée. J’ai rencontré Barth, le guitariste, et les autres membres après. Le groupe a évolué et sorti un album en 2000, What A Wonderful World, et à partir de là on a continué. Et là on vient de sortir le petit dernier, Pirates, en octobre.

Nesh : Moi je suis arrivé en 2010 mais depuis 2000 je suis roadie pour le groupe. Avec Hervé, guitariste aussi dans le groupe, on a joué pendant des années ensemble, puis on s’est dit qu’on allait refaire Forest avec ce line-up là.

Pourquoi ce nom ?

Elie : A la base c’est un groupe de potes de lycée, et comme tous les ados bah tu bois pas mal. Et un jour on était en forêt de Sénart un week-end et notre con de batteur avait ramené des extas et au lever du soleil il voyait la forêt en sang. Il s’est mis à crier « Forest In Blood ! Forest In Blood ! » et le nom est resté.

Comment est-ce que vous définissez la musique du groupe ?

Elie : C’est un mélange de metal, de hardcore metal. Pour nous c’est plus du hardcore avec des tendances metal alors que pour d’autres c’est plus du metal avec des tendances hardcore.

Nesh : Une personne qui écoute du metal entendra beaucoup plus de harcore et vice-versa.

Elie : On est à la frontière, quoi.

Nesh : De toute façon c’est une base de rock quoi…

Dans le processus de composition de l’album, qui a écrit la musique et qui a écrit les paroles ?

Nesh : Pour la première fois je pense tout le monde a participé. Anciennement c’était beaucoup Barth ou Hervé les guitaristes qui posaient vraiment les bases. Concernant les textes c’est Elie qui s’y colle car c’est lui qui a le meilleur niveau en écriture. Sur les morceaux il y en a deux qui sont collés à chaque guitariste et bassiste, et pour le reste c’est vraiment de la composition collégiale. C’est vraiment un gros travail d’équipe pour la première fois et comme on a tout fait en express, avec compo et enregistrement en quatre mois, ça a aidé. On a pas eu le temps de laisser place à l’ego ici. Par exemple je suis pas fan de double en tant que batteur et donc je vois pas pourquoi j’irais m’embêter à en mettre… Le tout s’est fait aussi sans prises de tête et c’est agréable.

Elie : L’avantage c’est que l’on est partis sur un thème : la piraterie. On savait donc quelle ambiance on voulait donner, on voulait donner l’ambiance marine, faire sentir l’iode à nos auditeurs. Et on a fait attention de ne pas rentrer dans le délire Pirates des Caraïbes, à rester sérieux pour donner une vision de ce qu’était la piraterie. C’était des gangs sur mer, extrêmement bien organisés, on retrouvait même des mariages gays, ce qui pour l’époque est surprenant ! C’était une société dans une société.

Finalement ce côté confrérie, fraternité, c’est un peu une image du groupe ?

Elie : Tout à fait, mais plus largement à la communauté hardcore, voire même la communauté metal dans son ensemble !

Nesh : Si tu écoutes du metal, tu as ce sens d’appartenir à une communauté à part, un peu comme un pirate au sein de la société. On a tous des codes, des mouvements, une mentalité,… Tu te pointes dans un bar metal, personne ne va te juger au contraire.

Elie : Moi à la base je viens du metal et je me rappelle que quand je rencontrais des metalleux dans le métro on se faisant des signes de ralliement. Ca fonctionne encore comme ça aujourd’hui.

En parlant de pirates justement : le groupe se retrouve sur une île déserte, rien à manger, même pas des feuilles. Vous mangez qui en premier ?

Nesh et Elie : On mange Hervé, c’est le plus petit donc plus facile à choper (rires).

Vous en êtes où niveau clips ?

Nesh : Le nouveau, Descendante, est en cours de montage et ce sera donc le troisième. On en a déjà un en lyrics, un second avec seulement Elie.

Quels sont les prochains concerts du groupe ?

Nesh : On a Colmar et Nantes en avril, Poitiers, Angoulême et Bordeaux en cours de finalisation, Viry-Chatillon en février. On est en train de voir pour Montpellier et Orléans par exemple.

C’est quoi votre pire souvenir de concert à tous les deux ?

Nesh : Moi c’est un concert à Arcueil, dans un squat de punk avec des bergers allemands qui chiaient dans la salle. C’était juste fabuleux car du coup les gens sortaient donc on jouait pour les chiens. Concept spécial.

Elie : Moi c’était un problème technique. Quand on a joué avec Hatebreed au Casino de Paris, notre ingé son était saoul comme un cochon et pendant deux morceaux on a pas eu de son en façade. Devant un Casino full avec 400 personnes ça fait tâche quoi… Et sur Anthrax le batteur avait pété sa double et il faisait que des rythmes à a AC DC, devant un Trabendo blindé.

Si vous deviez refaire quelque chose sur cet album ça serait quoi ?

Nesh : Moi j’aimerais une petite semaine de répet après les vacances avant d’enregistrer. Mais personnellement je suis ultra-fier de ce que l’on a réussi à accomplir.

Elie : Moi peut-être ajouter un ou deux BPM en plus sur la dernière chanson mais c’est vraiment pour faire chier.

Merci beaucoup et à bientôt au détour d’une escale !

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