It follows

it_followsAprès une expérience sexuelle apparemment anodine, Jay se retrouve confrontée à d’étranges visions et l’inextricable impression que quelqu’un ou quelque chose, la suit. Face à cette malédiction, Jay et ses amis doivent trouver une échappatoire aux horreurs qui ne semblent jamais loin derrière…

Depuis Sinister, je crois que je n’avais pas vu une aussi belle bouse! Comment faire un film pour ados avec un point de vue ultra réac tout en présentant des personnages féminins d’une façon plus que sexiste. Car ce que dit le réalisateur d’It follows c’est qu’avoir une relation sexuelle c’est mal parce que tu peux te choper une infection (la métaphore passe donc par cette malédiction). Donc, comment culpabiliser les jeunes; c’est parfait! Seulement, à chaque fois qu’on lui pose la question le réalisateur nie ce point de vue osant même ajouter “Je pense que l’aspect sexuel de mon film se rapproche davantage de l’univers de David Cronenberg.” Si c’était de ce niveau, ça serait parfait, mais il est justement loin d’arriver à la cheville de Cronenberg… Si ce n’est pas son point de vue, c’est qu’il y a un problème, car il doit être clairement perçu dans un film. Si les spectateurs se trompent ou ne sont pas d’accord entre eux, cela veut dire qu’il n’est pas clair, car personne ne se rejoint sur le sujet. Et c’est ce que semble dire Mitchell à chaque fois qui réfute cette idée de transmission d’une MST. Alors qu’est-ce que tu veux dire ?? Quel est le but de ton film ? Au moins s’il était divertissant…

Tout en ayant ce point de vue d’un autre âge, Monsieur David Robert Mitchell ne présente des personnages féminins qu’ultra-sexualisés, toujours en petite culotte ou maillot de bain notamment l’héroïne qui à part coucher avec trois personnes différentes pendant tout le film ne fait pas grand chose (d’ailleurs la scène ellipsée du bateau est plus que glauque). Pire, on ne s’y attache pas du tout et on regarde toute cette histoire de très loin sans être réellement impliqué. Le pire est sans doute la séquence d’ouverture où une jeune fille de 16 ans sort de chez elle en courant avec un ensemble de lingerie, plutôt destinée à une femme plus âgée, en talons rouge vernis. On se demande alors: quelle est la logique scénaristique de cette scène sachant que le plus intelligent quand on est suivi ou coursé c’est de courir sans talons! Bref…

Ne vous inquiétez pas, les personnages masculins sont aussi mal traités! Il y a le mec mystérieux qui se tape une jeune fille avant de partir chez sa mère. Lorsque Jay et ses amis découvrent sa planque, ils trouvent des magazines cochons entourés de mouchoirs usagers. Ça donne une fausse image du personnage qui ne semble pas avoir besoin de ça puisqu’il arrive à coucher avec une fille. Passons… Et dans l’un d’entre eux, entre deux photos de bondage, ils trouvent une jolie photo de lycée et c’est comme ça qu’ils arrivent à retrouver sa trace. On s’imagine bien un mec mettre un marque-page dans un magazine porno! Ensuite on a le beau gosse qui ne fait rien d’autre que d’essayer de plaire pour finalement réussir à se taper l’héroïne. Développement du perso = zéro. Enfin, le timide amoureux transi de l’héroïne qui dans une scène magistrale encourage Jay à lui “refiler” la malédiction; pour l’aider, vous comprenez alors qu’on sait immédiatement qu’il rêve de se la faire depuis le début! Surtout, ne me dites pas qu’il essaye d’être gentil parce qu’il faudra définitivement vous acheter des lunettes !! Le personnage est un puceau gentil, geek, qui regarde de vieux films d’horreur à la TV et n’attire donc forcément pas la jolie héroïne blonde. Il n’y a au final pas un seul ado pour rattraper l’autre! Le développement des personnages n’est basé que sur d’énormes clichés qu’on aimerait bien voir franchement bannis.

Sur le monstre maintenant. Donc on sait qu’il prend l’apparence de n’importe qui, n’importe quand, qu’il ne court pas, mais marche et donc peut toujours retrouver la personne qu’il poursuit. OK. Bizarrement, le monstre prend trois fois l’apparence de femmes à moitié à poil dont la dernière qui se frotte langoureusement contre sa proie qui se retrouve noyée. Il faudra m’expliquer le rapport entre une mort par noyade et une agression sexuelle! Pourquoi le monstre fait-il ça ? Qu’essaye-t-il de faire passer comme message à sa victime ? Dans la séquence d’ouverture, il démembre la jeune fille donc pourquoi change-t-il de mode opératoire ? On sait pas ! Pis on s’en fout les gars hein, le but c’est juste de faire un gros plan sur le pubis de la femme. Franchement, pourquoi aller chercher plus loin ! Très honnêtement à ce niveau de bêtise, il faut se faire soigner.

La réalisation n’est pas réfléchie ; pas posée. Le réalisateur nous abreuve de panoramiques vertigineux qui lassent très vite et de longues séquences sur la banlieue de Détroit en ruines. À un moment, on se demande si le décor va jouer un rôle et si tout ceci cache une véritable intention, car c’est un  bon environnement (youhou, un bon choix!) pour un film d’horreur… mais non. À part la séquence de la piscine, assez forte émotionnellement et visuellement réussie, le film manque d’une vraie direction artistique. La musique est très bien produite, mais elle est en décalage avec le ton du film qui n’a pas cette ambiance années 80.

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Au final c’est simple, je me demande toujours pourquoi on a classé ce film dans l’horreur parce qu’il faudrait m’expliquer à quel moment on a peur. Je veux dire, en jouant à The Last of Us j’ai été bien plus impliquée émotionnellement que dans ce film réac d’un mec qui a un réel problème sur la perception des femmes!

CONCLUSION

Il n’y a vraiment rien d’autre à ajouter à part qu’il est bien dommage en 2016 de voir ce genre de film, destiné je le rappelle à un public adolescent, recevoir de telles critiques positives sans se rendre compte de l’impact négatif qu’il peut avoir et de la culpabilité qu’il pourrait procurer. Ce n’est pas la peine de mettre une musique années 80 pour faire croire qu’on a fait un bon film référencé Carpenter! Regardez Stranger Things, ça sera plus intelligent..

It follows

David Robert Mitchell

avec Maika Monroe, Keir Gilchrist, Daniel Zovatto, Jake Weary 

Animal Kingdom 

DVD et blu-ray disponibles (mais c’est vraiment pas la peine…)

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