Songs from the Earth – Furor Gallico

furor gallicoAujourd’hui nous allons parler Folk Metal. Et parler de Folk Metal en 2015 est plutôt casse gueule, le style ayant connu son apogée créative et populaire à la fin des années 2000. Depuis, sur album, très peu de groupes arrivent à faire évoluer le genre. On pense à ARKONA par exemple, ou encore SKYFORGER qui proposent des choses originales et personnelles sans être enfermés dans le genre. Cependant, en live, les groupes ayant été moteur du style depuis le début des années 2000 (FINNTROLL, ENSIFERUM, KORPIKLAANI, ELUVEITIE) restent bien sûr des valeurs sûres. Mais sur album, c’est une autre histoire.

Alors quand se pointe un groupe comme FUROR GALLICO, originaire d’Italie et créé en 2007, on se demande bien ce que leur 2e album va pouvoir apporter au genre en 2015. Et la réponse est sans appel : absolument rien.

Alors bien sûr tous les gimmicks du genre sont là : flutiau, cornemuse et autre bouzouki sont de sorties, tout comme le violon et la harpe celtique au demeurant seul instrument folklorique présent sur tous les titres. Mais là où le bât blesse dans ce Songs from the Earth, c’est que l’ensemble manque cruellement de cohérence, d’originalité, de bonnes idées, bref d’inspiration. L’exemple le plus criant étant ce plan de batterie vers les 2/3 du dernier morceau, Eremita, où l’impression d’un mec répétant les gammes de son troisième cours est franchement confondante. Et niveau guitaristique, ça n’est pas vraiment mieux. Les riffs sont fréquemment plats au possible (Nemàin’s breath, Diluvio, Eremita), les différents plans s’enchaînent souvent mal et les quelques idées originales du groupe (ambiance jazzy de Squass, atmosphère sombre et lourde de Steam Over The Mountain ) sont régulièrement gâchés par un mix et une production plus qu’aléatoires et pas du tout adaptés, ou par des longueurs de compositions malvenues (La Notte Dei Cento Fuochi). Et je ne vous parle même pas du chant clair genre lover italien (Diluvio). Mais n’y a-t-il vraiment rien à sauver de ce second full length des huit milanais ?

Eh bien…si. Quand même. Au rayon des satisfactions individuelles, si le chant clair n’est pas vraiment à mon goût, les vocaux typés extrême sont tout à fait convaincants (To The End). Tout comme la présence de la harpe celtique qui apporte souvent une certaine fraîcheur aux compositions (Steam Over The Mountain). Pour ce qui est des titres, je retiendrais le dynamisme et la relative efficacité de Wild Jig of Beltaine ; la fin de Nemàin’s breath, taillée pour le circle pit en concert ; mais surtout Squass, qui est pour moi le seul morceau où les Lombards développent une réelle originalité de composition et où ils réussissent à nous donner envie de sautiller et de taper du pied à son écoute. Ce qui est quand même la base pour un groupe de Folk Metal.

Toutefois, il faut bien le reconnaître, tout cela est bien peu au regard des 62 minutes de musique proposées par le groupe. C’est d’ailleurs d’autant plus étonnant que leur premier album, à défaut d’être original (ce qui est de toute façon bien difficile dans ce style), est tout de même efficace et rempli plus que correctement son office : à savoir nous donner envie de nous défouler dans la fosse, dans la joie et la bonne humeur, une bonne pinte de cervoise à la main.

Ce Songs from the Earth est  donc certainement une bonne excuse pour continuer au groupe de tourner. Mais il faut espérer que celui-ci saura se stabiliser et mettre les bouchées doubles pour le prochain album, sous peine de disparaître irrémédiablement du radar Folk Metal européen.

Songs from the Earth

Furor Gallico

Scarlet Records

2015

Aresius

Aresius

Tombé dans la marmite Hard Rock dès mon plus jeune âge avec la découverte notamment des Guns N' Roses, Cheap Trick, Def Leppard ou encore Blue Oÿster Cult, celle-ci s'est confirmée un peu plus tard. En effet, je découvre au lycée "Lengendary Tales" de Rhapsody, "Century Child" de Nightwish ou encore "Issues" de Korn. C'en est alors fait de moi : mon avenir musical sera Metal (en grande partie) ou ne sera pas. Puis, alors qu'au détour d'un entraînement de basket et de l'organisation d'un événement autour de cette foisonnante culture qu'est le Metal, je rencontre Thomas Riquet, notre Maître à Tous, ce dernier me propose de devenir chroniqueur pour ce bien beau site qu'est Mythologica. Me voici donc aujourd'hui très heureux et honoré de partager ma modeste prose avec vous. Pour finir je n'aurai que 5 mots à vous dire : horns up and be aware ! :-)

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.