Sex Opera – Satan Jokers

sex operaSatan Jokers est un groupe ancien de la scène hard-rock depuis près de trente ans. Séparé puis reformé en 2009 ils tentent encore des expérimentations musicales, ce qui est plus que plaisant. J’ai mis beaucoup de temps à réussir à écrire ma chronique de Sex Opera car j’adore cet album, mais il m’était difficile, de manière assez étonnante, d’en parler…

La pochette est ma fois particulièrement réussie au vu de la thématique de l’album. Cette scène d’orgie, de corps mêlés, de petits détails pas forcément anodins et cet ange de la mort au milieu sont particulièrement bien trouvés. Personnellement j’ai beaucoup aimé cette illustration à la fois décadente et magnifique.

La liste des personnes ayant participé à cet album est également impressionnante :

Renaud Hantson – Le Sexaholic

Brigitte Lahaie – La Narratrice

Stéphane Buriez (Loudblast) – King Sodom

Virginie Gonçalvès (Kells) – Cassandra Domina

Céline Lacroix (Sainte Ombre) – La Transex

Olivier del Valle (Shannon, Blasphème) – Voyeur

Fred Le Tazz (Black Bear Fury) – Voyeur

Boban Milojevic (Snake Eye) – Voyeur

Jo Amore (Nightmare) – Sex Addict

Walther Gallay (Café Bertrand) – Sex Addict

Gildas Arzel (ex-Canada) – Voyeur

Sébastien Bizeul (Alien Breakfast) – Voyeur

Christophe Godin (Mörglbl, GNO) – Voyeur

Patrick Rondat – Voyeur

Flory Ann – Exhibitionniste

L’Intro est de bonne qualité et met immédiatement les choses en place avec la voix de Renaud Hantson. Et tout de suite Préliminaire à l’Infini prend le relai avec ses riffs de guitares. Le morceau est ma foi particulièrement réussi même si vraiment classique, les paroles venant relever le tout d’une dose d’épices… Sexaholic suit et ressemble par pas mal d’aspects et est pourtant un poil plus rapide. Renaud Hantson vient nous expliquer sa vie de sexaholic, le refrain étant particulièrement entraînant. King Sodom, alias Stéphane Buriez, prend la suite avec un morceau plus lourd, plus sombre, avec toujours ces paroles liées au sexe débridé. 666, chiffre satanique bien connu, sert de part narrative pur mettant en scène le morceau suivant : Club 6 sex 6. Ce morceau est très entraînant et les guitares se déchaînent à plusieurs moments pour le plus grand plaisir de l’auditeur. Asphyxie Erotique prend la suite avec un aspect grandiloquent renforcé par des guitares triomphantes et une voix féminine de toute beauté. Un des meilleurs morceaux de ce CD. Charnel Déclic vient ensuite et, même si la chanson est intéressante, j’ai moins accroché aux changements de rythme et aux voix. Simple question de goût car il faut reconnaître que jusqu’à maintenant la cohérence de l’ensemble de l’album est particulièrement bien pensée. Professionnelle commence avec des riffs de guitares enflammés qui laissent présager le meilleur pour le reste du morceau, conçu à deux voix. Assez bien conçu ce morceau prend son envol sur le refrain qui est vraiment entraînant. Mother I’d Like to Fuck vient ensuite, tout en douceur avec une narration préparant une fois de plus l’arrivée tonitruante de Milfs avec ses guitares alourdies. La voix rauque qui suit est parfaitement adaptée au morceau et une fois de plus le refrain donne envie de l’entonner fièrement. Promis est une véritable promesse de la part du sexaholic d’arrêter, sorte de vœu d’abandon d’une drogue. Le morceau en lui-même est musicalement intéressant, alternant une fois de plus les rythmes et laissant la part belle aux guitares. Voyeurs commence comme une ballade, avec un son de guitare acoustique. La vraie ballade vient ensuite avec Exhibition, morceau à deux voix des plus réussis. Transex reprend ensuite le rythme habituel de l’album. Rien de nouveau, ce morceau ressemblant beaucoup aux précédents. Par contre Royaume Décadence vient imposer un rythme plus doux et pourtant tout aussi fort. Outro fait office de sortie narrative réussie, mettant fin à l’opéra proposé ici. Et en guise de générique de fin le morceau VIP-HIV vient conclure de manière définitive cet album aux multiples saveurs. Donnant une sorte de leçon autour du sexe et du sida, ce qui n’est jamais mal dans ce genre de situation…

Sex Opera est un album rare, difficile à comprendre dans un premier temps, une fois passé le premier sourire qui vient aux lèvres, et pourtant si évident. Car oui l’évidence même de cet opéra rock se pose une fois écouté. Oui l’ensemble est cohérent, bien conçu, parfaitement exécuté. Rien à redire sur la forme, le fond étant également intéressant, les paroles étant pleines de sens. Délire du groupe ou véritable ambition de monter un opéra rock dédié au sexe de manière sérieuse ? C’est difficile à dire mais le fait est qu’il n’y a aucun raison de ne pas venir écouter ce qu’a à nous dire ce cher sexaholic…

Sex Opera
Satan Jokers
2014

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