Echoes of the wolf – Fenrir

Echoes of the wolfsSans vouloir faire preuve de chauvinisme aiguë, il m’est toujours agréable de chroniquer des groupes de chez moi. Et en l’occurrence, Fenrir est un magnifique spécimen de groupe lorrain, nourrit au metal et a la mirabelle ! Un mélange détonnant, croyez le.

Et puisque nous parlons de mélange, présentons Fenrir qui est un groupe de metal hybride. Et c’est le folk et le metal qu’ils ont décidé d’unir pour donner un album plein d’énergie : Echoes of the wolf.

Le ton est donné dès le début avec une introduction instrumentale. Des cordes et un chœur d’une grande douceur présentent la première face de Fenrir, introspectif, plongée dans un passé chargé d’histoires et de légendes. Awakening nous invite à nous réveiller pour, paradoxalement, entrer dans le monde des rêves, aux côtés de Tristan et Iseult, ou de la tyrannique Mama troll ! Dans l’univers de Fenrir, le rêve semble plus tangible que la réalité, plus cohérent.

Morrigan’s fury, ainsi que son titre l’indique, poursuit pour présenter la deuxième face du groupe : Pleine d’énergie et de rage. La fureur de la terrible Morrigan convient au metal et son énergie ne peut qu’être transmise à l’auditeur qui reçoit son histoire.

D’autre morceaux plus calmes, mais tout aussi chargés en énergie et en émotion jalonnent l’album. C’est le cas de Tale of Taliesin qui alterne entre des parties de guitares clean et de parties saturées plus rageuses. La dualité de ce morceau est admirable, et elle est encore renforcée par l’intervention de Sylvere, le guitariste du groupe, qui donne de la voix et fait un écho masculin a Elsa.

Il n’est pas rare qu’un groupe se laisse aller à une reprise. Fenrir n’échappe pas a la règle, mais plutôt que de reprendre un groupe actuel, ils ont l’excellent goût de rester dans leurs couleurs anciennes, et de puiser dans des sources bien plus lointaines. Belle qui tient ma vie est une amusante reprise du groupe. Elle permet un retour au calme, et rappelle que le visage Fenrir est double. C’est une pavane du 16ème siècle à quatre voix, accompagnées par une guitare acoustique et agrémentée d’un charmant haut bois.

L’instrumentarium de Fenrir est également propre a cet idée d’ensemble folk dénaturé. Les guitares sont saturées, les bodhran sont une batterie, mais le violon est bel et bien présent. Pas de clavier ou de samples, c’est une musique vivante dans laquelle chaque note est le fruit du contact direct sur son instrument.

La voix d’Elsa convient admirablement au parti pris du groupe. Elle se fait conteuse, avec son timbre chantant qui n’aurait pas dénoté dans un ensemble typiquement folklorique. A la première audition, elle peut certes dérouter, mais elle trouve sa place dans cet ensemble, et raconte les histoires. Elle pose les mots sur la musique.

La composition reprend les codes de la musique folklorique, des enchaînements d’accords colorés, s’enchaînant dans la plus appréciable simplicité, et soutenant des mélodies efficaces sans ornementation superflue. C’est ce qui est raconté qui prime, qu’il s’agisse du texte ou de la musique, le conte prime, et la clarté est de mise.

Les textes racontent tous une histoire, qu’il s’agisse de celle de Mac Beth, Tristan et iseult, ou d’un certain le Prancing Pony. C’est la constante de Fenrir qui ajoute des notes à des légendes qui sont dans l’esprit de tous, et qui prennent ainsi plus de consistance et de réalité. Une réalité que l’on retrouve, encore une fois, dans le monde du rêve celtique.

Fenrir est un groupe de pluralité. Rien n’y est unique ou simple, et tout y est au moins double. A la fois metal et musique folklorique, ensemble moderne sur une musique d’inspiration ancestrale, douceur et brutalité. Ce sont des émotions multiples qui se succèdent dans cet album qu’il faut écouter.

Echoes of the wolf
Fenrir

Genre : Celtic Folk Metal
Label : Savage Prod

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