Xénome – Nicolas Debandt

debandtxenomePour ceux qui, comme moi, ont de l’affection pour les Editions de l’Homme Sans Nom, le nom de Nicolas Debandt n’est pas inconnu. En effet, il a déjà signé avec Marc-Antoine Fardin le dyptique d’Iluvendan. Aujourd’hui, il nous revient seul avec un one-shot de science-fiction intitulé Xénome. Indubitablement le titre nous fait penser au terme génome, mais le préfixe nous laisse supposer l’introduction de gènes inconnus. Et il s’agit bien ici, soyons fou, d’un thriller génétique futuriste proposé par un auteur qui est également professeur de biologie documentée.

Lorsque Yann s’éveille à la conscience, il a un corps d’homme et il va lui falloir tout apprendre dans le Paris de l’année 2184. Monde à mi-chemin du Meilleur des mondes et de 1984, ce Paris est peuplé par quatre races humaines qui, manipulées génétiquement, fluctuent du quasi primate, main d’œuvre bon marché, au surhomme amélioré par le génie génétique. Il va falloir que Yann trouve sa place dans ce monde alors que tout le monde le traque. En effet, il est bien différent de toutes ces humanités.

Par chance, il rencontre l’Infatum, des humains de base bien décidés à contester la détention du pouvoir par les plus aboutis. Dans cette société viscéralement inégalitaire, Yann va peu à peu exhumer l’histoire de ce monde au travers des traces laissées par une chercheuse de jadis et, dans ses fibres mêmes, découvrir qui il est. Messie ou simple chaînon manquant, il est unique et va changer l’ordre établi.

Il n’est pas évident de parler de cette histoire sans trop en dire. L’auteur fait preuve de justesse dans son récit. Il maîtrise parfaitement le format du thriller avec des cliffhangers efficaces et un chapitrage rapide. L’histoire est passionnante et on en décroche difficilement, d’autant que les scènes d’action se succèdent avec un rythme sans faille. On regrettera peut-être d’être aussi perdu que le héros dans les premières pages et que la conclusion beaucoup d’informations en trop peu de pages, tout en laissant une ouverture inattendue.

Il n’en reste pas moins que j’ai surtout apprécié que ce soit un auteur français qui écrive cette œuvre, avec des noms français, et une ville française comme décor. J’ai été impressionné par cette identité forte utilisée pour nous raconter une quête d’identité. L’effet est bien mené, les hypothèses sont intéressantes et ramènent les postulats du Lucy de Luc Besson à ce qu’ils sont : des délires souvent mal maîtrisés – cette affirmation n’engage que moi, mais je peux en débattre. Certes, Nicolas Debandt est parfois lui aussi dans l’excès, mais nous sommes dans le domaine de la science-fiction, et le génie génétique sera sans aucun doute, après la vapeur et l’informatique, la troisième grande révolution technologique. Ce sera un progrès ou un dystopie absolue, comme essaie de nous le montrer l’auteur. Mais ce sera irréversible. Un bon roman, un thriller haletant.

Xénome
Nicolas Debandt
Couverture illustrée par Alexandre Dainche
Les Editions de l’Homme Sans Nom
2014

19,90 €

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