Fate/Zero T1 – Shinjirô et Type-Moon

shinjirotypemoonfatezero1Il y a de cela deux cents ans, trois familles ont décidé d’unir leurs pouvoirs pour atteindre « l’autre côté du monde ». Les Einzbern, les Makiri et les Toshaka. Ils unissent leurs forces et leurs connaissances secrètes pour recréer le Saint Graal et fabriquer le « Récipient ultime ». Cependant ce calice ne peut réaliser le vœu que d’un seul être humain. La collaboration entre les magiciens se transforme alors en conflit violent et sanglant.
Après trois défaites consécutives dans sa conquête du Saint Graal, la famille Einzbern est bien décidée à remporter cette ultime bataille. Elle engage le redoutable Emiya Kiritsugu, plus connu sous le nom de Tueur de Mages, et lui confie une relique qui lui permettra d’invoquer le plus puissant des Servants parmi les Esprits héroïques : Saber.
Sept Maîtres, sept Servants, la guerre commence…

Le décor est planté avec cette quatrième de couverture qui ne nous cache rien des enjeux de cette nouvelle série manga sortie cette année aux éditions Ototo. Le dessinateur de la série est Shinjirô, un mangaka de talent que je ne connaissais pas plus que l’éditeur, mais la surprise vient surtout du scénariste. En effet, Type-Moon n’est pas le pseudonyme d’un scénariste, mais c’est celui d’un studio de développement de jeux vidéo dont Fate/Zero est la préquelle de Fate/Stay Night, une de leur production vidéo qui paraît également sous forme de manga eux éditions Pika.

Nous sommes clairement dans l’univers du jeu vidéo avec une mise en abîme de l’univers. Nous ne sommes pas dans la projection du jeu dans le manga comme j’ai pu l’évoquer avec Front Mission. Nous sommes plutôt dans la construction de l’univers d’un jeu, avec les codes, parfois complexes qui en découlent et forcément des scènes, notamment de combats, qu’on rencontrerait dans un jeu vidéo. Le risque est qu’au fil des volumes la narration devienne poussive.

En fait, dans ce premier volume, nous assistons surtout à l’évocation de quelques servants par leurs maîtres. Si nous avons des classes de guerriers, le personnage qui représente une classe est un être issu des mythes européens, parfois traité avec une désinvolture déconcertante par rapport au mythe d’origine. Le graphisme est précis et la mise en page dynamique, même si certains combats sont assez difficiles à suivre. Il ne faut pas être devin pour savoir que tout cela finira en « battle royale ». On peut alors se demander ce que le lecteur aura retenu de ce tournoi et de ses principes ésotériques qui partent souvent dans tous les sens avec des règles complexes. Pour les fans du genre. Pour ma part, je passe mon chemin, tout en gardant à l’esprit que Shinjirô est particulièrement doué et ne manquerai pas de m’intéresser à ses prochaines réalisations.

Fate/Zero T1
Shinjirô (dessin) et Type-Moon (scenario)
Traduction par Nicolas Pujol
Editions Ototo
Collection Seinen
2014

7,99 €

Chris

Chris a toujours apprécié les littératures de l’imaginaire, mais il lit également d’autres genres pour son plus grand plaisir. Il préfère le terme de critique à celui de chronique qui lui semble toujours trop consensuel. Non qu’il dise systématiquement du mal des auteurs, mais quand il tient une bonne daube ou une resucée maladroite alors il laisse la plume glisser dans de bien sombres humeurs. Comme tout lecteur passionné – ça lui arrive parfois – il n’aime rien tant que de devenir festivalier et d’aller à la rencontre des auteurs. Chris participe de temps à autre à des appels à texte et s’intéresse depuis peu à la photographie, histoire d’apprendre à cerner l’essentiel d’une situation comme d’un lieu. Enfin, il aime plus que tout le transgenre et espère avec une certaine impatience pouvoir être à l’origine de la découverte d’un auteur qui aurait l’audace d’écrire un roman policier avec des sorcières, des mutants et bien entendu quelques créatures extraterrestres aux mœurs exotiques, à défaut d’être douteuses.

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