Constantine

18401439John Constantine est un exorciste des temps modernes. Cynique, désabusé, mal aimable, solitaire, gros fumeur, il vit sa profession comme un sacerdoce promesse d’un laisser passer pour une vie après la vie plus rose que la plupart des trépassés n’en auront jamais. Mais le secret de Constantine est qu’il n’a pas le choix. Né avec le don de voir ce que les gens ne voient pas, les démons et les anges qui franchissent la frontière des mondes grâce à leur nature hybride et se livrent une guerre parmi les humains, usant de leur pouvoir pour se combattre en influant sur la vie des mortels, son rôle est d’intervenir et de sauver ces proies des griffes démoniaques ou des ailes angéliques. Ce quotidien déjà bien rempli de surprises est sur le point de changer. L’apparition dans le monde physique d’une certaine pointe de lance ayant autrefois transpercé la poitrine du Christ bouleverse les forces en présence. Car le fils de ce cher Satan aimerait bien prendre forme humaine et venir régner ici bas, mieux que son père ne l’a jamais fait et cette relique serait une clé. Grâce à certains indices que seul un médium peut entrevoir, Constantine est aux aguets. Dans sa quête de réponses, il croise le chemin d’Isabelle et Angela, des jumelles médiums elles aussi. Mais Isabelle se suicide, laissant une porte ouverte sur le monde des enfers pour Angela et Constantine. Quel rôle ces deux femmes ont-elles à jouer dans le combat ultime entre anges et démons ? Constantine pourra t-il aider Angela, seule dans le monde physique, médium incrédule mais persuadée que sa soeur n’a pas pu se suicider sans une très bonne raison…?

Basé sur le comic Hellblazer créé par Alan Moore, développé par Jamie Delano et Garth Ennis, Constantine est une superbe réalisation qui réinvente le film d’affrontement entre les forces sataniques et les exorcistes. Fini l’uniforme ecclésiastique et la lecture de la Bible en tenant fermement un crucifix devant le/la possédé(e) (hormis une scène clin d’oeil). Keanu Reeves campe un Constantine très « bdesque », costume cravate de croque-mort, cheveux gominés mais mal peignés, clope au bec sitôt la précédente terminée, teint pâlot du mort en sursis, vannes saignantes et sans fard. Le personnage est un anti héros séduisant par sa singularité qui évolue dans un univers qu’il connaît par coeur et ne se fatigue pas à expliquer au commun des mortels. Promis à une mort douloureuse et inévitable, il accomplit sa tâche par obligation plus que par devoir, avec un esprit revanchard sur les créatures qu’il peut voir alors qu’il aurait bien aimé être comme tout le monde, aveugle et inconscient. Du moins jusqu’au jour où il rencontre Angela, femme flic dont la chance est perturbante, qui refuse de voir ce que sa jumelle voit depuis l’enfance mais commence à se remettre en question après le suicide de cette dernière.

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Les indices s’agglutinent, les pistes se succèdent et Constantine mène l’enquête, intrigué par Angela et Isabelle. Le fait que les démons s’agitent plus que de coutume, qu’Angela soit apparemment une proie de choix pour eux et que les rares compères de Constantine disparaissent les uns après les autres, remuent les principes décadents et j’m’en foutistes de l’exorciste. Bref, ce n’est pas un film sur la rédemption mais presque et surtout, ce rachat de fautes apparaît comme un but auquel le héros n’aspire pas plus que cela lorsque le moment se présente. Vous l’aurez compris, Keanu Reeves est très bon dans ce rôle, de même que Rachel Weisz qui jongle entre deux personnages complémentaires mais nuancés.

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La pléiade d’acteurs interprétant des personnages secondaires fait impression. Shia LaBoeuf est un assistant maladroit, râleur mais motivé pour Constantine, Djimon Hounsou un maître exorciste reconvertit en patron de night club mais recelant des armes uniques, Tilda Swinton campe un ange Gabriel aux dents longues et avides, Gavin Rossdale impressionne en démon Balthazar et Peter Stormare joue un Satan qui fait frissonner (allumant une cigarette pour Constantine, il l’encourage : « Vas-y j’ai des actions »).

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Bonjour, mon nom est Satan

La photographie est un autre protagoniste. Du grand art, de celui qui fait d’un film un bide ou chef d’oeuvre. Le travail de Philippe Rousselot et Jeff Cutter crée toute l’atmosphère de Constantine, alternant entre grand jour ensoleillé, nuit hantée par des démons de tous genres, éclairages dantesques lors de visites éclairs aux enfers, néons blancs déshumanisés… Chaque scène a son ambiance et toutes ensemble donne une vision globale cohérente, enivrante. Les effets spéciaux essentiellement centrés sur les créatures démoniaques ajoutent à la qualité du film et de l’intrigue.

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Une balade en enfer
Une balade en enfer

 

Meilleur film d’horreur 2006 pour l’Académie de Films SF, Fantasy et Horreur, Constantine présente des démons décharnés, aux dents pointues, au crâne coupé, cervelle à nu, se déplaçant comme des insectes en poussant des cris stridents mais aussi des entités prenant corps par l’amalgame d’objets du monde physique pour aussitôt se désintégrer et se reformer quelques mètres plus loin, des démons ailés façon chauve souris affamées et géantes, des hybrides trahis par des pupilles rougeoyantes se liquéfiant sous une pluie d’eau bénite, un Balthazar démasqué pas si beau à regarder… Et encore…

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Pour se promener en Enfer, rien de mieux qu’une chaise électrique retraitée

 

Film de genre qui transcende les codes, Constantine est un bon film mêlant horreur, suspense, fantastique et humour noir.

 

Constantine
Réalisateur : Francis Lawrence
Avec : Keanu Reeves, Rachel Weisz, Djimon Hounsou, Shia LaBoeuf, Gavin Rossdale, Tilda Swinton, Peter Stormare, Max Baker, Pruitt Taylor Vince…
Scénario : Kevin Brodbin, Frank A. Cappello d’après le comic Hellblazer
Musique : Klaus Badelt, Brian Tyler
Production : Warner Bros
Sortie France : 16 février 2005

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