La Croisade des Carpates – Les Sept portes de l’Apocalypse T1 – Vanessa et Diana Callico

croisade_carpatesComment réagiriez-vous si, au lieu de mourir, vous vous trouviez projeté dans le corps d’une jeune aristocrate du XVe siècle promise à Vlad Drakul ?

C’est ce qui arrive, de nos jours, à Eva, étudiante en littérature, qui est poussée dans une faille volcanique par le linguiste qu’elle voulait retrouver. Celui-ci, possédé par l’esprit d’un légat du pape de Drakul, n’a que ce moyen pour sauver les deux époques de l’Apocalypse.

Commence alors pour Eva une étrange quête qui doit la mener à comprendre pourquoi, au XXIe siècle, une étrange maladie ravage le monde et au XVe, de monstrueuses créatures surgissent au cœur de la plaine du Danube.

Quel roman passionnant que ce premier tome ! Beaucoup de sérieux dans le respect de l’Histoire et le travail sur les personnages. L’Apocalypse et ses légions d’insectes viennent ajouter des éléments fantastiques à petit dose autour de l’intrigue de la réincarnation d’Éva.

La couverture de Mathieu Coudray est très agréable avec de belles couleurs et surtout un beau travail sur la lumière. En découvrant les personnages dans le roman, on se rend compte que l’illustrateur a très bien su retranscrire le caractère des deux protagonistes.

Vanessa et Diana Callico varient les ambiances pour soit nous émouvoir, soit nous dégoûter. En réhabilitant les faits historiques sur l’origine de Dracula aka Vlad Tepes et en nous faisant ressentir des émotions pour le personnage, on peut alors ce concentrer sur une autre histoire différente de la vampirique. Vlad Tepes est certes un souverain autoritaire, mais juste, passionné et respectueux. Sa manie de l’empalement est certes abordée, mais d’un point de vue guerrier et protecteur, et non fantasque et barbare. L’évolution d’Éva dans le corps d’Ilona est bien menée. Sa relation avec Vlad Tepes connaît une évolution cohérente, mais surtout plaisante pour le lecteur.

Certains passages sont assez durs à lire, comme la scène d’automutilation de De Mordrussa avec ses mains, vraiment glaçante. Mais le pauvre prête n’en n’a pas fini avec les souffrances puisqu’au chapitre 6, certainement le plus horrible du roman, la scène cannibale est affreuse, mais au final parfaite puisque nous donnant ce sentiment de répugnance. Le passage n’est pas facile à déchiffrer, car assez complexe et présentant trop de figures de style, le reproche principal (le seul d’ailleurs…) de l’ouvrage qui en comporte souvent à foison dans les mauvais moments. La scène de délire clôturant le chapitre est poignante, mais réellement éprouvante.

Les citations à chaque chapitre de La Légende des Siècles de Victor Hugo sont tout à fait pertinentes et adaptées à la situation. On retrouve souvent dans les lignes de l’écrivain les scènes se déroulant dans le chapitre.

Dans le chapitre 12, on revient quelque temps à l’époque moderne et ce retour aux Atlantes est assez déconcertant, car difficile à visualiser et très théologique. Beaucoup de notions religieuses et apocalyptiques sont abordées et demandent des recherches personnelles par la suite. Ces notions ont leur importance dans le déroulement de l’histoire, mais il faut posséder quelques connaissances théologiques pour bien les cerner. Les quelques chapitres suivants souffrent de la non-présence de Drakul qui reste un personnage fort et central du roman.

L’ensemble des actions des personnages sont cohérentes, mais surtout justifiées. Le corps du roman est dynamique, intelligent et recherché. Les scènes d’action, de fantastique ou d’horreur se croisent avec des scènes plus posées mettant en avant découvertes théologiques et culturelles. Les personnages prennent le temps de se découvrir et de s’apprécier ; d’appréhender leur univers également et de renforcer au fur et à mesure leurs objectifs qui restent toujours clairs et motivés.

La fin du premier tome annonce une suite amorcée naturellement dans la continuité des découvertes d’Éva. Le cliffhanger est fin et maîtrisé : on a vite envie de lire la suite !

CONCLUSION

La Croisade des Carpates est un roman passionnant et palpitant au style littéraire assez incroyable avec une maîtrise des personnages et de l’Histoire. Un moment de lecture intense et parfois bouleversant qui se laisse dévorer avec joie !

Les Sept Portes de l’Apocalypse
La Croisade des Carpates T1
Vanessa et Diana Callico
Couverture : Mathieu Coudray
Éditions Asgard

19 €

2 Comments

  1. Le Dracula de Stoker possède déjà cette particularité. La structure du roman est particulière : la plupart des personnages tiennent, en effet, un journal et c’est l’assemblage de ces différents témoignages qui constitue le résultat final. Dans ces témoignages, le vampire est, la plupart du temps, présenté comme un monstre sans cœur, une représentation du mal absolu. Mais ce n’est pas toujours le cas. Il est ainsi remarquable que Mina Harker éprouve de la pitié à son égard. Quant à Abraham Van Helsing , il est véritablement fasciné, tant par le personnage historique que Dracula a été que par le vampire lui-même ; il s’émerveillera, ainsi, de l’ingéniosité dont le prince des ténèbres a fait preuve pour préparer son voyage jusqu’à Londres : « Si un autre parmi les non-morts avait tenté cette même entreprise, tous les siècles qui furent et ceux qui seront n’y auraient peut-être pas suffi (…). Il a tout accompli tout seul, tout seul, à partir d’une tombe en ruine au fond d’un pays oublié » ( p.

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