Entretien avec Seb, bassiste de Red Mourning

Bonjour, et merci de prendre quelques minutes pour répondre à mes questions. Peux-tu tout d’abord te présenter et nous expliquer ce que tu fais dans Red Mourning ?

Bonjour, je suis Seb, bassiste du groupe.

Comment tu en es venu au metal ?

Ma mère écoutait beaucoup de musique et j’ai rapidement identifié que les moments intenses et puissants, le plus souvent amenés par des grosses guitares ou des ensembles de cordes me faisaient particulièrement vibrer. Puis je me suis mis à écouter du rock comme Dire Straits, Queen, Scorpions, conseillé par mes potes du collège. Un jour, l’un d’entre eux m’a vendu (10 francs à l’époque) la K7 de Kill ’em all . Et là j’ai basculé…

Comment est né ce groupe ? Et d’où t’es venu le nom ?

Le groupe est né en 2003. J’ai rencontré, via une petite annonce, Romaric, notre premier guitariste. Nous avons cherché un chanteur, JC, qui est fan de blues, et qui nous a proposé des noms pour cette formation. Parmi ceux là se trouvait Red Mourning, qui ferait référence à la couleur que revêtaient certains esclaves du détroit du Mississippi, lors de cérémonies de deuil. Ces mêmes esclaves qui sont à l’origine du blues

Comme définirais-tu la musique de ton groupe ?

Un mélange d’influences très diverses qui émanent des goûts de chacun de ses musiciens. Ça part du blues jusqu’au metal extrême en passant par des riffs rock et pourquoi pas des touches de prog, et même de hardcore. On y intègre des instruments parfois un peu exotiques par rapport au style metal, comme l’harmonica, des claviers aux sonorités blues, du banjo, de la clarinette, des percussions diverses et variées… Il y a aussi beaucoup de place pour les harmonies vocales, principalement partagées entre notre chanteur et notre batteur (Aurélien), auxquelles se greffent de temps en temps les nôtres, celle d’Alexandre comprise, notre guitariste.

Tu sors un nouvel album, Acoustic. Comme son nom l’indique il est entièrement acoustique. D’où est venue l’idée de réaliser un album de cette manière ? Et que peux-tu dire sur ce que l’auditeur va trouver sur la tracklist ?

L’idée de faire de l’acoustique a toujours été présente puisque sur tous les albums du groupe, on retrouve des morceaux non amplifiés, plus dépouillés, pour créer des respirations au milieu de titres denses et violents. Mais c’est lors d’une tournée pour promouvoir notre troisième album (Where Stone and Water Meet), que nous avons eu la proposition de faire un concert acoustique lors d’un day off. N’ayant pas franchement un répertoire de reprises très complet, nous avons donc réarrangé certains de nos titres pour les faire sonner en acoustique. Et ça nous a plu. Nous avons alors un peu plus travaillé cette idée d’adaptation, pour en faire des maquettes puis les morceaux aboutis qui sont sur ce nouvel album.

Quelle est ta piste préférée de l’album ?

Je pense qu’il s’agit de Come To Bury. C’est le premier titre de notre tout premier album. En version électrique, il est très franchement agressif et violent, avec du blast, des hurlements à tout va et des riffs parfois chaotiques et dissonants.

La version acoustique, essentiellement composée par Aurélien, est au contraire très douce et d’une profonde mélancolie, que vient souligner la ligne de clarinette (jouée par Aurélien, encore lui). Tout en étant acoustique, et sans batterie, la fin est portée par un souffle assez épique je trouve, renforcée par les voix qui lui confèrent une infinie tristesse.

Est-ce que cela ne fait pas bizarre de finalement faire ses propres reprises de ses morceaux ?

Pas du tout. Ils sont suffisamment différents d’un style à l’autre. Et c’était là tout l’enjeu d’un tel album. Il n’y pas vraiment grand mérite ni justification à réinterpréter des titres en simplement débranchant l’électricité. Nous voulions leur apporter un nouveau souffle pour en faire des entités différentes dont l’interprétation en acoustique en renouvellerait l’intérêt. Avec notamment l’apport de nouveaux instruments, et une place différente pour ceux déjà présents, comme la basse dans mon cas, mais aussi les voix, qui sont au centre de l’émotion.

Qui a réalisé l’artwork ? Et comment avez-vous travaillé ce point ? Il me semble que c’est une nouvelle fois le même artiste qu’avant ?

Il s’agit d’Orianne Mazeaud. Nous travaillons avec elle depuis plusieurs années. Nous lui avions confié la création d’un logo, pour orner nos T-Shirts. Sa vitesse d’exécution et la justesse de son regard sur notre groupe n’a pas laissé trop de place au doute quant à une collaboration pérenne.

Nos avons pas mal de matériel qu’elle nous a laissé, et nous nous en servons au fur et à mesure de notre progression. Mais c’est également elle qui a réalisé la pochette de notre précédent opus (Flowers and Feathers), que je trouve fantastique.

C’est une graphiste certes, mais aussi une artiste protéiforme, qu aime le beau dans tous ses états. Elle a un nom d’artiste qui est « Capitaine Corbeau », que je vous invite à découvrir dans tous les domaines qu’elle explore.

 

Est-il prévu autre chose, en vidéos, pour accompagner cette sortie ?

Nous avons tourné un clip avec notre pote MEROU (behindthebars_hd). Il vient mettre en musique de façon assez simple, Splintered Bones, comme nous l’avions déjà fait pour le titre A Whole Different Life, il y a quelques temps. C’est une vidéo tournée à la brasserie d’Orville, à Louvres dans le Val D’Oise où nous jouerons d’ailleurs le 21 juin en acoustique, et avec qui nous restons en excellents termes pour des collaborations futures.

Et nous allons aussi mettre en chantier, dans les jours qui viennent, un deuxième clip pour Come To Bury justement, avec un peu plus de décors et de paysages différents.

Est-ce que ce n’est pas trop difficile de faire semblant de jouer en vidéo ?

AHAHA.

Non, c’est plutôt rigolo en fait. En plus, on fait pas vraiment semblant. Mais là je parle surtout pour les instruments. C’est vrai que c’est assez drôle de voir un chanteur faire du play-back en essayant d’y mettre toutes les émotions de la terre, mais sans un son.

A quand la scène en acoustique ? Quand est-ce que l’on pourra découvrir Red Mourning sur scène de manière générale ?

Comme je te le disais nous avons une date acoustique le 21 juin à la brasserie d’Orville, mais juste avant nous jouons à la chaumière du télégraphe (Essonne) le 1er juin, le 05 juillet au cirque électrique (Paris), en électrique donc, une date acoustique le 11 octobre au Stock à Mennecy (Essonne), puis d’autres dates à découvrir sur nos pages facebook et instagram.

Si je te demande de me dire quel est ta sortie préférée depuis le début de l’année, tu penses à qui ?

Je pense à Monkey 3, pour leur album Welcome to the Machine. C’est un vrai trip. Parfois planant, parfois écrasant et dévastateur. J’adore. Je fais pas mal de vélo, et quand j’écoute ça, j’ai l’impression de voyager et de rouler au travers des galaxies, un peu comme quand j’écoute du Pink Floyd (CQFD).

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