Entretien avec Jérôme Vincent, directeur éditorial des Nouvelles Editions ActuSF

Bonjour Jérôme, et merci de prendre quelques minutes pour répondre à mes questions. Je ne vais pas te demander de te présenter de nouveau, tu es loin d’être un inconnu de nos pages. Les éditions ActuSF ont bien failli disparaître l’année dernière, avant d’être reprises par Pollen. Tout d’abord qu’est-ce que cela va signifier pour le lecteur ? Pourra-t-il retrouver les mêmes auteurs et titres ?

Bonjour Thomas, bonjour tout le monde !

Oui, tout à fait. Les nouvelles éditions Actusf ont été fondées par le groupe Pollen et le groupe éditorial Salomon / Sansonnet. Le temps de transférer les stocks, une grande partie du catalogue est rapidement redevenu disponible en librairie dès la fin de 2023. A nous maintenant de redéployer un programme éditorial, en nous appuyant sur des auteurs et des autrices avec qui on travaillait déjà, accompagnés de nouvelles voix, et avec trois axes : des romans en imaginaire, des romans en poche (la collection Hélios) et des essais.

C’est d’ores et déjà effectif puisqu’aux Imaginales qui arrivent dans quelques jours, nous aurons en avant-première deux nouveautés : « Tout Terry Pratchett » de Stéphanie Chaptal et Yannick Chazareng, et « Pourquoi Lire de la science-fiction et de la fantasy ? (et aller chez son libraire) » que je cosigne avec mon camarade Ariel Kyrou.

Est-ce que ce changement de tutelle pour la maison d’édition a changé ta manière de travailler ? Est-ce que cela va modifier l’orientation du catalogue ?

Non, le process pour la production des livres reste le même. Pour le catalogue, pas de changement dans l’orientation, nous ferons toujours de l’imaginaire. Simplement on aura un peu moins de nouveautés chaque année, histoire de mieux assurer leur promotion.

L’activité de la maison redémarre donc en 2024. Que peux-tu me dire de ton planning éditorial sur l’année ? A quelles surprises peut-on s’attendre ?

Ça des surprises, il y en aura ! Mais je ne peux pas tout te dire maintenant…
Dans ce que je peux annoncer, les festivités commencent donc dès ce mois de Juin avec les deux livres que j’ai évoqué. Nous aurons aussi une belle opération poche en juillet avec un relooking de notre collection Hélios par Victor Lejeune, un formidable illustrateur. En Août, il ne faudra pas manquer Malemort d’Aurélie Haderlé, un super roman de fantasy viking. Et à l’automne, nous aurons également un essai sur Stephen King (Not Just Horror), une anthologie sur les robots intitulée Au boulot les robots, portée par Stéphanie Nicot et Jean-François Stich, et Le Changelin de Victor LaValle.

Le paysage éditorial évolue beaucoup depuis deux ans, des éditeurs prenant du plomb dans l’aile tandis que d’autres sont en pleine ascension, la romantasy est née, les livres deviennent de plus en plus beaux dans leur fabrication… Et les petits et moyens éditeurs peinent à exister au milieu de ce paysage. Que penses-tu de toutes ces mutations ? Comment vois-tu le paysage éditorial dans quelques années ?

Le premier constat que je fais, et c’est ce qui nous sauté aux yeux avec Ariel Kyrou en travaillant sur Pourquoi Lire de la science-fiction et de la fantasy ?, c’est la diversification des littératures de l’imaginaire. Les nouveaux thèmes, les nouveaux auteurs et autrices, les nouvelles collections et les nouveaux segments éditoriaux se sont multipliées ces dernières années, chamboulant pas mal de choses, parfois pour le mieux. J’y vois un signe de grande vitalité de nos genres, mais aussi un signe de leur pertinence renouvelée. Sans compter l’explosion de l’imaginaire sur grands et petits écrans. Le nombre de séries et de films qui sortent chaque mois est assez dingue, si on rapporte ça à la situation des années 90 par exemple. Bref, la science-fiction, le fantastique ou la fantasy sont toujours aussi essentiels et je m’en réjouis.
Après, les littératures de l’imaginaire subissent les mêmes problématiques que la littérature en général : hausse du nombre de livres produits chaque année et forte concurrence des loisirs. Le soir, chez soi, les propositions de détentes sont de plus en plus nombreuses entre les plateformes de streaming, les jeux vidéos, les portables etc. Résultat, les tirages moyens s’érodent, fragilisant tous les acteurs et actrices de la chaîne du livre, les auteurs et autrices en première ligne, mais aussi les indépendants, les artistes, les librairies et les petits éditeurs.
Difficile de dire à quoi le monde du livre ressemblera dans quelques années. Mais il faudra en premier lieu trouver une réponse aux différentes problématiques qui se posent aux professionnels aujourd’hui. En tout cas, je suis curieux de voir cette évolution.

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