Le NWOBHM n’est pas mon style de prédilection. Je n’y ai jamais vraiment porté attention, en-dehors de Judas Priest et Iron Maiden. Quand l’opportunité de parler de Saxon s’est présentée, j’y ai vu un challenge intéressant, sans trop savoir à quoi m’attendre. Cette chronique retrace donc mon expérience personnelle de l’album plutôt qu’un avis aussi objectif que possible.

Saxon n’a pas besoin de présentation : le groupe existe depuis des décennies, joue régulièrement partout dans le monde, et Carpe Diem est le vingt-troisième album de la formation britannique. Le titre interpelle en cette période de pandémie et de crises. La locution latine fait bien sûr référence à la maxime du poète Horace “cueille le jour”, reprise de façon plus populaire en 1989 dans Le Cercle des Poètes Disparus. Notons que le chanteur Biff Byford a dû subir une opération suite à de sérieux problèmes cardiaques. Dans ce contexte, ce n’est guère difficile de comprendre la raison du titre de l’album.

De mon côté, je connais Saxon depuis très longtemps déjà, mais pas en détail. Il me faudrait plusieurs minutes de réflexion avant de pouvoir citer un autre morceau que Heavy Metal Thunder ou Wheels Of Steel, et j’ignorais combien d’albums le groupe avait sorti avant d’entamer la rédaction de cette chronique. Dans un sens, cela me permet aussi d’écouter Carpe Diem sans le poids de leur écrasante discographie sur les épaules. Alors, verdict ?

Je ne m’attendais ni à une claque magistrale, ni à une daube infâme, et c’est donc dans ce large entre-deux que je placerai l’album. La production du célèbre Andy Sneap fait le travail, et les dix pistes se suivent sans déplaisir. Le titre éponyme offre une entrée en matière efficace, qui met les choses au clair : Saxon ne se renouvelle pas, il fait ce qu’il sait faire de mieux depuis des années, que ça vous plaise ou non. La construction des morceaux se montre trop prévisible avec des refrains “titre/ligne/titre/ligne”. Seuls les thèmes abordés se prêtent à un peu de nouveauté, par exemple avec Remember The Fallen qui évoque les victimes du Covid-19. Pour le reste, c’est un album qui a le mérite d’exister, et c’est louable car le metal a évolué de tant de façons différentes qu’on pourrait s’interroger sur la pertinence de faire survivre des genres et des groupes aussi anciens.

Quid des solos de guitares ? Où se place l’album dans la discographie de Saxon, parmi le bon ou le mauvais ? Quel morceau sort du lot, en bien ou en mal ? Y trouve-t-on des hymnes qui ravageront tout en concert ? J’ai bien peur que pour cela, ce sera à chacun de se faire son avis. Saxon a une telle carrière que mon opinion, basée sur ce seul album – le seul du groupe que j’ai donc écouté entièrement de ma vie – ne pourrait leur rendre justice. Je n’ai pas passé un désagréable moment lors de l’écoute, au contraire, et je pourrais même être tenté de voir ce que ça donne en live. Mais voilà, le peu d’attaches que j’ai avec cette frange du metal me fait largement préférer les deux groupes cités plus haut, dont on trouve par ailleurs des traces assez nettes dans Carpe Diem.

Carpe Diem donne aux fans de heavy metal exactement ce qu’ils sont en droit d’attendre d’un groupe d’une telle longévité. À ce titre, Saxon ne déçoit pas son public. Pour les autres, ce sera l’occasion de passer une agréable petite heure, avant peut-être de l’oublier aussi vite au profit d’autres albums bien plus marquants sortis cette année, autour de thèmes très proches.

Wolflord

Wolflord

Infatigable arpenteur des plans de l’imaginaire, je me réincarne au fil de mes voyages. De Gotham City à R’lyeh, du sanctuaire d’Athéna aux terres de Rokugan, je parcours les mondes en quête de nouveaux défis à relever et d’histoires à raconter. Et sans jamais oublier de prêcher la bonne parole du dieu Metal.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.