Providence – intégrale – Alan Moore

Un très beau comic parfaitement exécuté avec une ambiance “creepy” digne de Lovecraft, malheureusement la fin nous échappe totalement. 

En 1919, le jeune journaliste Robert Black se lance dans une entreprise ambitieuse : écrire un roman explorant le côté obscur des États-Unis. Il ignore hélas que ses recherches vont le plonger dans un abysse d’horreur cosmique qui bouleversera son existence. 

Avec Providence, Alan Moore propose une plongée dans l’univers lovecraftien et il le fait avec brio ! Le comic est assez conséquent (544 pages) et est mis en scène d’une façon originale entre récit à travers les cases et journal intime du protagoniste. Ce choix de couper les chapitres avec le journal de Robert permet de s’attacher vraiment au personnage.

Il faut bien noter que l’intrigue est très étrange, avec parfois des séquences malsaines, mais toujours dans la droite lignée du travail de Lovecraft. Moore maîtrise d’ailleurs totalement l’horreur et le fantastique typique de l’auteur. On ne comprend pas tout, mais c’est aussi le but et il faut l’accepter. Le mélange entre horreur, fantastique, ésotérique et questions sociales d’une époque marche parfaitement. A travers une enquête de terrain journalistique, le protagoniste plonge dans les entrailles profondes de l’Amérique puritaine de l’époque, mais aussi dans sa propre psyché pour y révéler (entre autres) sa sexualité.

Le travail de Jacen Burrows est à souligner. La mise en scène du comic est parfaite tout comme le très beau travail sur les couleurs, et la précision des décors est assez hallucinante.

Alors qu’est-ce qui ne va pas ? Les trois derniers chapitres ! On perd totalement la trace de Robert, on part dans des délires métaphysiques incompréhensibles avec un côté hallucinatoire déplaisant. Je n’ai pas compris ce que voulait dire Moore à la fin, non pas que l’on cherche absolument une explication à tout ce qu’on a vu (ce n’est pas l’objectif de l’univers de Lovecraft comme je l’ai dit plus haut), mais il faut un minimum de cohérence dans l’intrigue et là, on la perd clairement.

Conclusion

Providence est un très bel hommage à Lovecraft et c’est la premières fois que je vois un autre auteur maîtriser ainsi l’univers de cet auteur que j’affectionne énormément. Cependant, les délires de Moore ne fonctionnent pas jusqu’au bout et entraînent un non-respect des personnages créés ce qui est assez désagréable. Vraiment dommage.

Titre : Providence
Série :
N° du tome :
Auteur(s) : Alan Moore
Illustrateur(s) : Jacen Burrows
Traducteur(s) : Thomas Davier
Format : Grand format
Editeur : Panini Comics
Collection :
Année de parution : 2018
Nombre de pages : 544
Type d'ouvrage : BD/Comics/Manga

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