Les chroniques des Feals est un excellent roman de fantasy, servi par une histoire originale et riche en rebondissements.

Il est un endroit légendaire, au cœur de l’Empire de Grif’, dont on ne parle qu’à voix basse : la Tour Écarlate.

Ce donjon de pierre rouge, entouré de mystère et de crainte, est la demeure des phéniciers. Depuis la nuit des temps, ces mages préservent un secret qui pourrait être vital dans la guerre qui s’annonce : la maîtrise des fabuleux oiseaux de feu !

Januel, le plus doué de leurs disciples, a été choisi pour faire renaître le phénix de l’empereur. Ce prodige doit sceller l’alliance des royaumes contre l’ennemi surgi du domaine des morts : la Charogne. Mais la cérémonie tourne au drame et confronte le jeune homme à un destin inouï…

Dans le cadre de leur 20 ans – 10 romans – 10 euros, les Éditions Bragelonne ont décidé de rééditer l’intégrale des Chroniques des Feals.

Et c’a été pour moi une excellente découverte : ça faisait bien longtemps que je n’avais pas été aussi happée par un roman de fantasy ! Gaborit confirme avec les Feals que, décidemment, les français n’ont rien à envier aux anglo-saxons en la matière.

Je suis tout de suite rentrée dans l’histoire. Dès les premières pages, le style précis, travaillé de l’auteur nous embarque au sein d’un monde poétique et cruel. Il nous y présente Januel, adolescent au passé douloureux qui voue sa vie au Phoenix avec une ferveur toute religieuse. Dévoué tout entier à son ordre, il se prépare à une existence consacrée aux Feals entre les murs de sa tour. Mais depuis bien avant sa naissance, son destin se joue sur la toile d’un conflit ancestral entre l’Onde et le Fiel…

Les chroniques des Feals s’ancre dans un univers riche, à la mythologie fabuleuse. J’ai pris plaisir à découvrir, au fil des pages, les créatures qui le peuplent et les liens si particuliers, souvent sacrificiels, qu’elles tissent avec les humains à leur service. Les symbioses entre les prêtres et leurs Feals sont fascinantes et s’expriment par un mélange savamment dosé entre magie et répugnance.

L’histoire alterne parfaitement entre les aventures, nombreuses et successives, et les descriptions indispensables à la bonne compréhension de l’ensemble. On voyage de contrées en contrées, de Feal en Feal, à la découverte de ces peuples multiples qui, chacun à leur manière, organisent leur société et leur vie autour de la créature qui les accompagne. J’ai été cependant un peu frustrée de ne pas avoir visité l’ensemble des pays qui composent cet univers si riche. Après avoir refermé ce livre, la Chimérie, la Basilice et les rivages Aspic me restent très mystérieux car ils ne sont qu’évoqués de temps à autres. J’aurais aimé parcourir un peu plus le monde imaginé par l’auteur.

Le scénario est riche en rebondissements, et de nombreuses révélations ponctuent le récit. En ce qui me concerne, chacune d’entre elles a été totalement inattendue et apporte une perspective nouvelle à l’ensemble. On est surpris jusqu’aux dernières pages !

Le premier tome est très bon, palpitant de bout en bout, et pose le décor. Le deuxième tome nous présente la suite du voyage de Januel et son évolution. Tout aussi prenant que le précédent, on y découvre en profondeur d’autres personnages grâce aux chapitres qui leur sont consacrés. Le livre se termine sur une révélation coup de poing. Le troisième tome est plus axé sur la Charogne et sait nous surprendre là où on ne s’y attend pas, tant par le contenu que dans la narration. Je m’y suis cependant perdue par moments, l’auteur s’éloignant un peu trop de ce que j’attendais.

Le final aurait pu être absolument génial s’il n’avait pas été bouclé en une page. C’est dommage, car la révélation ultime est exceptionnelle. Elle vient clore en beauté la perspective que l’auteur donne à l’œuvre, et à laquelle il nous prépare depuis le départ sans qu’on s’en rende compte. La chute est cependant beaucoup trop rapide pour qu’on ait véritablement le temps d’en saisir les implications, ce qui m’a laissée sur un petit bémol.

Les chroniques des Feals est donc un excellent roman de fantasy que j’ai adoré découvrir !

NokomisM

NokomisM

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