Les plus qu’humains – Théodore Sturgeon

 

Pour Tousseul, idiot congénital et analphabète, la vie n’est qu’une fuite éperdue loin du regard des hommes. Il ne s’arrête que pour mendier ou dérober de la nourriture, avant de trouver un jour refuge au cœur de la forêt. C’est là qu’il va construire la plus étonnante famille qu’on puisse imaginer, avec un groupe d’enfants aux dons étranges. Autant de personnalités que rien ne destinait à se rencontrer, mais qui ensemble forment les « plus qu’humains », une entité presque parfaite d’un ordre supérieur…

J’ai trouvé ce roman intéressant à plus d’un titre, même si certains points m’ont un peu dérangée.

 

De par le résumé de la quatrième de couverture, je m’attendais à découvrir une histoire défendant l’originalité et la différence de chacun. Cela s’est révélé partiellement vrai, même si l’ensemble ne correspondait pas vraiment à ce que j’avais imaginé.

Les personnages de ce roman sont, pour la plupart, attachants, de par justement cette particularité qui les coupe du reste du monde. Car au-delà des pouvoirs étranges qu’ils semblent posséder, chacun d’entre eux est en décalage avec le reste de la société : les jumelles de par leur couleur de peau, les sœurs Kew à cause de leur éducation, et Janet et Tousseul en raison de leur spécificité intellectuelle (l’une parce qu’elle est « trop » intelligente, l’autre parce qu’il ne l’est « pas assez »).

De tous ces protagonistes, c’est probablement Tousseul qui m’a le plus touchée : malgré l’idiotie que semble lui attribuer l’auteur, Tousseul a néanmoins, de par sa différence, énormément à apporter au reste du monde, qu’il n’aura de cesse d’essayer de comprendre.

Le roman est plus faible, à mon sens, au niveau du rythme et de certains éléments de l’histoire.

Si la première partie est prenante et très intéressante, sur le reste, j’ai trouvé qu’il y avait beaucoup trop de longueurs. L’auteur délaye en utilisant des prétextes peu pertinents (la psychanalyse ou l’amnésie), alors qu’il est clair que le seul but est de faire durer le plus possible. Mais trop de suspense tue le suspense, et certains passages m’ont paru franchement ennuyeux à force d’utiliser n’importe quel excuse pour retarder les révélations indispensables.

Certains éléments du scénario sont donc peu crédibles, et parmi eux ce postulat selon lequel l’humanité serait en train d’évoluer vers une forme nouvelle. Cette idée est en soi très intéressante et aurait pu être mieux développée, mais en l’état les justifications pseudo-scientifiques qui l’accompagnent la rendent très peu crédible.

Reste le message de tolérance porté par ce roman, un point positif à mon sens indéniable.

Ce message se retrouve tout d’abord dans l’absence de véritables méchants : au cours de leur voyage initiatique, les « plus qu’humains » n’auront d’autre ennemi que cette part sombre et inconnue d’eux-même qu’il leur faudra affronter pour, enfin, se comprendre et s’accepter tels qu’ils sont.

Le sujet des différences (intellectuelle, couleur de peau, etc.) est également ici abordé avec intelligence, et montre surtout une ouverture d’esprit étonnante quant on sait que le livre date du début des années 50.

Les plus qu’humains est donc un roman intéressant qui, malgré quelques longueurs, porte un message positif méritant d’être découvert.

 

Les plus qu’humains

Théodore Sturgeon

J’ai Lu

Mars 2019

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