Les Ferrailleurs T1 : Le château – Edward Carey

J’ai beaucoup aimé la lecture du Château, ovni littéraire à plus d’un titre.

Au milieu d’un océan de détritus composé de tous les rebuts de Londres se dresse la demeure des Ferrayor. Le Château, assemblage hétéroclite d’objets trouvés et de bouts d’immeubles prélevés à la capitale, abrite cette étrange famille depuis des générations. Selon la tradition, chacun de ses membres, à la naissance, se voit attribuer un objet particulier, dont il devra prendre soin toute sa vie. Clod, notre jeune héros, a ainsi reçu une bonde universelle – et, pour son malheur, un don singulier : il est capable d’entendre parler les objets, qui ne cessent de répéter des noms mystérieux…
Tout commence le jour où la poignée de porte appartenant à Tante Rosamud disparaît ; les murmures des objets se font de plus en plus insistants ; dehors, une terrible tempête menace ; et voici qu’une jeune orpheline se présente à la porte du Château…

Les plus

Une histoire très originale

De très belles illustrations

Le point de départ, étonnant s’il en est, m’a tout de suite interpellée : ces objets étonnants et atypiques dont ne peuvent se séparer les protagonistes avaient de quoi me surprendre. Et de fait, j’ai particulièrement apprécié le traitement fantastique fait par l’auteur : au fil des pages, de nombreuses questions se posent sur ces mystérieux objets, qui ne sont peut-être pas si inanimés que l’on voudrait le croire, et leur lien avec les habitants des lieux.

En plus de cet aspect très fantastique, l’ensemble du livre est extrêmement étrange : difficile de ne pas penser aux personnages de Tim Burton, qui semblent avoir transmis à Clod leur nostalgie poétique. D’un bout à l’autre de l’œuvre tout est bizarre, et c’est très dérangeant car cela reste malgré tout assez crédible. On en ressort un peu déboussolés par cette atmosphère étonnante.

Il se dégage également du récit un humour particulier (la quatrième de couverture en donne une petite idée), tout aussi décalé que les situations. J’ai apprécié.

L’ensemble est raconté à travers la perception des deux personnages principaux : Clod et Lucy. L’un n’est jamais sorti de l’enceinte du château et l’autre découvre, ébahie, une société miniature dont elle n’imaginait pas l’existence. Leurs deux regards croisés se complètent et n’en dévoilent que mieux les absurdités monstrueuses qui se déroulent dans la place.

Enfin, l’objet livre en lui-même appel à la lecture : les superbes illustrations de l’auteur mettent les personnages et les objets en images. Je ne les qualifierais pas exactement de belles, car elles sont trop rugueuses pour cela. Mais elles sont tout à fait en accord avec le reste de l’histoire : étranges et dérangeantes. Elles aident à poser le décor et contribuent à l’atmosphère étrange qui nous accompagne jusqu’à la fin.

 

Quand j’ai reposé ce roman, j’avais vraiment envie d’en découvrir la suite.

Le château est donc une très jolie découverte, qui ravira sans aucun doute les amateurs d’histoires bizarres…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *