[PIFF 2012]

Dans le cadre du PIFF 2012, je suis allée voir 3 films la semaine dernière dont 2 vraiment réussis. Voici les deux premières  critiques.

Bonne lecture et bon cinéma!

CITADEL

Jeune père de famille modeste, Tommy bascule dans l’agoraphobie suite à l’agression de sa femme enceinte par un gang d’enfants violents et monstrueux.

Le film s’est vu desservir le Prix du Public – meilleur long-métrage au PIFF dimanche dernier. Pas étonnant quand on voit la qualité du premier film de Ciaran Foy.

Pour une fois, ce film d’horreur est complètement ancré dans la réalité. Réalité d’une banlieue irlandaise crade, pauvre, vide et sans espoir. La force du film réside non pas dans la surenchère des effets d’horreurs, mais bien dans la morale proposée. Ainsi, Foy nous offre une belle métaphore de la PEUR. Qu’est-ce que la peur? Pourquoi vient-elle soudainement briser notre vie? Pourquoi ne peut-on pas la contrôler? Mais surtout que se passe -t-il quand la peur prend le dessus? Car Tommy, très jeune marié, probablement au chômage, est dès le début stressé par cette nouvelle vie qui l’attend. Sa très jeune femme est enceinte et ils doivent déménager de leur résidence minable pour offrir un bon foyer à leur futur enfant. Ce gang d’enfants monstrueux, gangrène un immeuble miteux, vidé petit à petit de ses habitants où une jeune fille aurait abandonné des jumeaux dans les caves, il y a bien longtemps de cela. Sordide cité que Tommy, par la force des choses, décide de quitter. Seulement ce jeune homme est-il prêt à être un père? Est-il assez responsable?

Tout au long du film, Tommy se renferme peu à peu et s’enferme aussi chez lui. Dans une scène très touchante, il en devient même incapable de sortir de son appartement qu’il barricade comme si une horde de zombies l’attendait à l’extérieur. Car ses enfants monstrueux, errant à la recherche dune âme apeurée, veulent-ils réellement attraper la fille de Tommy ou le jeune homme n’est-il en proie qu’à de simples, mais terribles hallucinations?

Même la scène finale laisse planer le doute et termine ainsi le film en beauté.

Certains passages ralentissent un peu la tension du film à cause de dialogues un peu longs ou de tentatives explicatives métaphysiques peu judicieuses. Cependant, l’arrivée du prêtre un peu étrange aux côtés de Tommy évite d’enfoncer trop profondément le personnage. Mettre son personnage en danger est une bonne chose, mais sans trop le faire souffrir. Papi rock’n’roll et ronchon, le prêtre accepte d’aider Tommy dans sa quête. Traînant dans son sillage un de ses Enfants sauvé des griffes des Autres, aveugle, capable, en surface, d’effacer l’aura « peur » chez les gens. L’homme sombre peu à peu dans la folie se mettant en tête de brûler l’immeuble pour effacer le vice qui y sévit.

L’ambiance, à la fois sombre et poétique contraste vraiment avec les films d’horreur actuels. On notera une seule scène gore, mais dont le but est plus de nous toucher plutôt que de nous dégoûter. En trame de fond, Ciaran Foy dénonce la misère dans laquelle vivent certains habitants des quartiers qui n’ont pas d’autres choix que d’y rester; enfermés comme des pestiférés.

Au final, le doute, la peur, ne pas faire de choix, ne pas se faire confiance; ne sont-ils pas les seuls bâtons que nous nous mettons dans les pieds pour éviter d’avancer? De se projeter dans le futur…

Citadel

de Ciaran Foy

avec Aneurin Bernard, James Cosmo, Wunmi Mosaku et Jake Wilson

DRAGON GATE, LA LEGENDE DES SABRES VOLANTS

Chine, fin de la dynastie Ming. Yu, un eunuque sanguinaire, fait régner la terreur et cherche à éliminer tous ses opposants. Mais un groupe de rebelles, mené par le résistant Zhao, prépare la riposte…

Après Seven Swords, film d’aventure et de sabre fort sympathique, Tsui Hark nous revient avec un film dénué de tout intérêt.  Financé par les Chinois alors qu’il était jusqu’à récemment interdit au pays, ce film est une surenchère d’effets volants peu intelligents ET peu intéressants.

Entre humour à plat, cascades avec belle visibilité sur les fils de protection, maquillages ratés et moues des acteurs, ce film est d’une stupidité flagrante. Il faut avouer que je me suis endormie avant la fin et que cela ne m’était pas arrivé depuis le dernier RAMBO… Ajoutez à cela un JET LI pitoyable, saupoudrez de décors en carton-pâte et terminez par un nappage d’effets spéciaux démodés!

Le seul point positif reste sans doute les costumes bien travaillés et tout à fait en accord avec la période abordée.

Comment apprécier un film mal mis en scène et mal monté où chaque séquence est l’occasion de se moquer des personnages? Difficile alors de s’identifier au héros et partager sa quête. Les figures féminines se résument au garçon manqué et à la barbare débile.

Quant au méchant du film, difficile de ne pas rire devant cet eunuque efféminé, assoiffé de sang pour on ne sait quelle raison et obsédé par la concubine de son palais. Loin d’être un véritable chef de guerre ou un empereur au redoutable pouvoir politique, l’eunuque n’est autre qu’un bouffon aux vêtements soignés.

Film vite oubliable et à oublier, loin d’un bon divertissement poétique qu’était Seven Swords

Dragon Gate: le secret des sabres volants

de Tsui Hark

avec Jet Li, Zhou Xun , Kun Chen et Lun-mei Kwai

La suite très rapidement avec une interview spéciale…

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