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Le Dernier Magicien – Megan Lindholm

Megan Lindholm, alias Robin Hobb, est l’une des auteures de fantasy les plus prolifique de la fin du XXième siècle, et encore aujourd’hui. L’un de ses romans est réédité par Mnémos en ce mois quasi-estivalm, parfait pour les longues lectures au soleil. Je vais donc vous présenter ce livre en espérant que cette découverte soit une révélation… car la lecture du Dernier Magicien en fut une pour moi. Prix Imaginales 2003 du meilleur roman de fantasy, il mérite amplement ce titre, révolutionnant le genre de l’urban-fantasy, où l’on a peu l’habitude de voir cette auteure.

La couverture d’Eduardo Peña est un modèle du genre : intrigante, surprenante, séduisante. Seuls ces trois mots me viennent à la bouche lorsque je l’observe. Le Magicien, entouré de ses chers pigeons, environné d’un mouvement tournant dans ce qui semble être une ruelle d’une ville quelconque. Prenant à souhait et la quatrième de couverture que voici ne me fera pas mentir :

« À Seattle, les autres vagabonds l’appellent le Magicien. Lui, il voudrait juste qu’on le laisse tranquille. Quand il est revenu du Vietnam, il a cru qu’il avait laissé derrière lui ses vieux démons. Il ne voulait plus jamais sentir le souffle empoisonné de la guerre.

Mais quelque chose de maléfique s’insinue dans les rues de la cité, une magie noire qui menace la ville tout entière. Seul le Magicien possède un pouvoir suffisant pour l’arrêter. Alors bientôt, il devra choisir : rester et se battre, au risque de tout perdre, ou s’enfuir. Être un Magicien, le dernier, ou simplement un homme. »

Et tout commence comme un matin sur la verte ville de Seattle, puis tout va rapidement prendre forme, se transformer en un cauchemar éveillé. L’ensemble du scénario est étonnant de maturité, de maîtrise. A aucun moment le lecteur ne s’ennuie en suivant les aventures du Magicien dont on ne connaît pas le prénom. SDF, paria, il est néanmoins le personnage à la fois le plus puissant et le plus innofensif de Seattle. Tout ce qu’il souhaite c’est continuer à s’occuper de ses pigeons, sur son banc. Mais malheureusement Mir en a décidé autrement.

La citation du blog l’Echelle du Livre sur la première édition du roman représente finalement l’avis que je me fais de ce livre : « Un excellent roman de fantasy urbaine qui bouleverse les clichés du genre. » C’est tout à fait vrai. Tout est ficelé à la perfection, chaque détail ayant son importance, qu’il s’agisse de la vie de SDF du Magicien pour survivre, aux plus petits aspects magiques de sa personnalités.  Car ne vous attendez pas à prendre de suite des rafales de boules de feu, loin de là. L’ambiance est feutrée, épurée, et finalement bien loin des poncifs du genre que l’on trouve trop souvent. Le Magicien est le Magicien et finalement il se suffit en lui-même.

La traduction de Sylvie Denis est parfaite, il n’y a pas d’autres mots, et vient parfaitement retranscrire le style de cette auteure inimitable de la fantasy (j’ai lu quelques romans d’elle en VO). Sans cesse entre figures de style et réalité crue, je ne vois pas comment le lecteur ne pourrait pas être conquis.

Le Dernier Magicien est LE roman de fantasy urbaine de ce début 2011. Je ne lui ai trouvé aucun défaut et, comme je le disais en préambule, je comprends tout à fait qu’il ait été gratifié d’un prix tel que celui des Imaginales.

L’Urban Fantasy n’est pas forcément mon genre de prédilection et porutant j’ai été emporté. Cette vie de SDF menant au cauchemar à la fois dans l’esprit du Magicien et dans la vie de Seattle, est tout simplement impressionnante. Ce roman est du grand Robin Hobb, qui saura ne pas décevoir ses lecteurs, loin s’en faut.

Le Dernier Magicien
Megan Lindholm alias Robin Hobb
Mnémos

19 €

About Thomas Riquet

Passionné de littératures de l’imaginaire il cherche à faire partager sa passion au plus grand nombre à travers ses chroniques et le site. Depuis 2011 il est également anthologiste et directeur de la collection Reflets d’Ailleurs (Fantasy) des Editions Asgard, sous son vrai nom.

Ce faisant il assure également la direction littéraire d’anthologie lorsque tous ses boulots lui en laissent le temps, ce qui arrive trop rarement à son goût..

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