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Front Mission – Dog Life & Dog Style 01 – Yasuo Otagaki et C.H.Line

Front mission est d’abord une série de jeux vidéo à succès qualifiée de Tactical RPG par les spécialistes où les joueurs se combattent en étant aux commandes de machine mécanique lors d’une guerre futuriste. C’est cet univers qui a inspiré le scénariste Yasuo Otagaki (Moonlight Mile) et le dessinateur C.H.Line dont c’est le premier manga. Avant de sortir le prometteur The Arms Peddler, c’est avec Front Mission – Dog Life & Dog Style, que les éditions Ki-oon nous offrent, en ce début d’année, un seinen manga bourré de testostérone qui risque de plaire au public pour peu que les auteurs réussissent à être suffisamment originaux par rapport au jeu vidéo. La quatrième de couverture permet de resituer l’action de la série :

Deux superpuissances se disputent l’île d’Huffman, dans l’océan Pacifique. Un cessez-le-feu fragile tient depuis vingt ans, mais la tension monte et la guerre est sur le point de reprendre. Quand le journaliste Akira Matsuda rejoint l’équipe de télévision japonaise qui couvre le conflit, ni lui ni ses collègues ne se doutent de ce qui les attend…
Tiré de la célèbre série de jeux vidéo, Front Mission Dog Life & Dog Style s’affranchit des limites de la simple adaptation pour nous offrir une exploration cruelle et sans concession de la guerre à hauteur de soldat d’élite. Un seinen scénarisé par Yasuo Otagaki, auteur du complexe et fascinant Moonlight Mile.

En 2090, le journaliste Akira Matsuda travaille pour la chaîne japonaise NNTV quand il est interpellé par la police tokyoïte. Ils lui parlent alors de Kenichi Inuzuka qui est encore sur l’île d’Huffman et diffuse en direction du monde entier des photographies d’une violence extrême afin de témoigner de ce qu’il s’y passe. Cela n’est pas pour plaire aux autorités japonaises qui voient dans ce travail journalistique un moyen de discréditer l’engagement des forces dont le Japon est partie prenante. Cela ramène Akira quelques années en  arrière quand il a débarqué pour la première fois sur l’île. C’est là que commence toute l’histoire.

Lorsqu’à la fin du XXe siècle l’île Hoffmann est sortie des fonds du Pacifique sud à la suite d’une éruption sous-marine, elle n’a d’abord intéressé que les scientifiques. Ensuite, les premiers colons sont venus s’y installer. Rapidement, la fertilité des sols et la richesse de son sous-sol ont excité les appétits des états. C’est alors que l’île fut le siège d’une guerre qui opposa les forces de l’OCU (Oceania Community) qui rassemble des pays d’Asie du sud-est ainsi que l’Océanie et des états d’Asie orientale – dont le Japon – et celles de l’USN (United States of the New continent) qui regroupe tous les pays du continent de nord, centre et sud Amérique. Vingt ans après le conflit, l’île est toujours séparée en deux avec l’OCU qui occupe la partie ouest et l’USN à l’est.

Quand Akira arrive sur l’île, il a réellement peur d’une guerre. Il vient pour la chaîne NNTV relever sa collègue Leona Kurihara dont la mission doit prendre fin la semaine suivante. Leona le briefe sur la situation et elle n’a qu’une hâte, c’est de rentrer au pays avant que la guerre n’éclate. Kenichi Inuzuka fait partie de l’équipe, il est là pour l’appui logistique des journalistes de la chaîne et Leona le traite avec mépris. Sa seule hâte à lui est d’assister au conflit, car cette fois-ci, les deux camps sont équipés de wanzers, des machines de guerre redoutables pilotées par des soldats. C’est lors d’un incident sur le territoire de l’USN que le conflit est déclaré, que Leona se retrouve bloquée sur place et qu’Akira se trouve pour la première fois de sa vie dans le rôle périlleux du reporter de guerre.

Les auteurs ont eu la riche idée de voir ce conflit au travers de l’œil du journaliste. Il est vrai que le Japon est encore aujourd’hui marqué par toute l’horreur et la folie qu’une guerre peut laisser dans la mémoire d’un peuple. Les reporters de guerre risquent leur vie pour témoigner des conflits dans le monde entier, mais ils ont aussi un rôle qui est bridé par la censure. Ils ne peuvent tout rapporter, car les opinions publiques des états engagés, même si la cause est des plus légitimes, sont vigilantes quant au respect des peuples, même s’il s’agit de l’adversaire. Une belle thématique qui devrait être un bon support pour cette série, à la condition que les auteurs ne se complaisent pas dans la seule représentation des combats.

Les graphismes sont d’un détail très fin, la trame narrative est bien menée et soutenue par des dialogues de qualité qui nous épargnent tout verbiage vain. On assiste parfois à des scènes très dures, voire choquantes. De même, ce missile venant percuter une tour au début du conflit n’est pas sans rappeler une image qui a fait le tour du monde en 2001. Les éditions Ki-oon tiennent ici une série qui devrait plaire au public, à un public adulte et averti qui va progressivement intégrer le message de la vanité des guerres, aussi légitimes soient-elles, quand les horreurs auxquelles on souhaite échapper se réalisent dans les combats même. Cette série est sortie au Japon en 2007, elle y est toujours en cours avec huit volumes parus, mais cela s’explique grandement par le soin apporté par les auteurs à sa réalisation. Le deuxième volume paraîtra le 8 mars prochain.

Front Mission – Dog Life & Dog Style 01
Yasuo Otagaki et C.H.Line
Traduction par David Le Quéré
Ki-oon
2012

7,50 €

À propos Chris

Chris a toujours apprécié les littératures de l’imaginaire, mais il lit également d’autres genres pour son plus grand plaisir. Il préfère le terme de critique à celui de chronique qui lui semble toujours trop consensuel. Non qu’il dise systématiquement du mal des auteurs, mais quand il tient une bonne daube ou une resucée maladroite alors il laisse la plume glisser dans de bien sombres humeurs. Comme tout lecteur passionné – ça lui arrive parfois – il n’aime rien tant que de devenir festivalier et d’aller à la rencontre des auteurs. Chris participe de temps à autre à des appels à texte et s’intéresse depuis peu à la photographie, histoire d’apprendre à cerner l’essentiel d’une situation comme d’un lieu. Enfin, il aime plus que tout le transgenre et espère avec une certaine impatience pouvoir être à l’origine de la découverte d’un auteur qui aurait l’audace d’écrire un roman policier avec des sorcières, des mutants et bien entendu quelques créatures extraterrestres aux mœurs exotiques, à défaut d’être douteuses.

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