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Devil City – Jana Oliver

Castelmore continue de nous étonner chaque mois avec sans cesse plus de parutions de grande qualité. Cette fois c’est une dystopie de grande qualité que cette maison nous propose de découvrir. Mais qu’est-ce donc que la dystopie ? Elle s’oppose à l’utopie par le principe selon lequel le personnage principal vit dans un monde qui ne veut pas son bonheur, ou celui de tout membre de l’humanité. En gros, pour reprendre une expression commune, c’est « chacun pour sa gueule et Dieu pour tous. » Même si cet écart de langage peut vous surprendre vous comprendrez vite avec Devil City ce que je veux dire…

La couverture est assez esthétique pour bien représenter le roman sans trop en dire.  Ce fond de ruine avec simplement cette perle de verre doré, énigmatique, inquiétante. La quatrième de couverture est aussi évocatrice :

Piégeur de démon : un métier dangereux et exclusivement masculin ! Pourtant, c’est la carrière qu’a choisi Riley Blackthorne. Dans un monde en ruine, démoli par des démons apparus à la surface de la terre, elle devra prouver à tous qu’elle est de la trempe des meilleurs. Ça tombe plutôt bien, les démons n’attendaient que ça.

La première remarque à faire concernant ce roman est qu’il surprend réellement par son univers. En effet rares sont les romans entrant dans la catégorie young adult à nous proposer un univers dystopique aussi poussé. Car dans Devil City les démons sont sortis de terre pour prendre leur place dans notre monde. Et de là vont s’enchaîner des évènements impressionnants de complexité. Car au-delà des intrigues ami-amour, du deuil (finalement de plus en plus récurrents dans les publications YA), Jana Oliver nous développe une excellente aventure. Développant ses nombreux éléments scénaristiques au fil des pages, nous révélant des personnages attachants (Beck notamment), développant ses intrigues comme une fileuse devant son écheveau. L’un des avantages de ce titre est le rythme imprimé par l’auteur. En effet, hormis au moment crucial du deuil, il n’y a pas de temps morts avec une action débridée temporisée par des instants de réflexion et d’émotion.

Scénaristiquement le lecteur sera surpris par les développements ouverts par l’auteur au fil du récit. En fait à aucun moment je n’ai été en mesure de supposer quel serait le dénouement de cette trépidante histoire où les démons viennent prendre la part belle. Le background lié justement aux personnages démoniaques est suffisamment bien développé (avec le manuel du chasseur de démon entre autres) pour rendre l’histoire crédible.

Le personnage de Riley est par contre assez classique dans son genre. En effet elle ressemble à toutes les héroïnes de romans YA avec sa jeunesse, son impétuosité, ses travers,… Rien de bien changé en la matière, donc. Une fois de plus le personnage principal du roman va aller contre le sens commun en devenant ce que seuls des jeunes hommes sont censés devenir. Bref, cet aspect du roman est fort classique mais cela ne m’a gêné à aucun moment car tel est le jeu de ce type de publication. Un autre aspect qui est par contre très appréciable est le cynisme récurrent de l’héroïne, cet humour noir qui va faire sourire le lecteur au fil de sa lecture et dédramatiser certaines scènes tendues. L’usage que fait Jana Oliver de ce trait de son héroïne est particulièrement judicieux en fait.

La traduction de Nenad Savic est de bonne qualité et même si j’ai lu ce roman sur épreuves on corrigées je dois dire que j’ai relevé peu de problèmes d’incohérences stylistiques ou de coquilles pures. Du bon travail de la part de l’éditeur, donc.

Devil City saura surprendre par certains de ses aspects scénaristiques peu habituels et notamment cette trame de fond dystopique passionnante. Castelmore continue donc à nous proposer des publications young adults de qualité même si elles restent ancrées dans un certain classicisme reprenant une formule éculée mais qui fonctionne à merveille. Devil City n’est pas une incursion sur de nouveaux territoires littéraires mais la recette employée fonctionne à merveille, invitant le lecteur au cœur d’une aventure trépidante. Personnellement je ne demande pas autre chose. Surtout lorsque le final de ce roman ouvre sur une suite que j’attendrais finalement avec une impatience non  dissimulée.

Devil City
Jana Oliver
Traduction de Nenad Savic
Castelmore

14,90 €

About Thomas Riquet

Passionné de littératures de l’imaginaire il cherche à faire partager sa passion au plus grand nombre à travers ses chroniques et le site. Depuis 2011 il est également anthologiste et directeur de la collection Reflets d’Ailleurs (Fantasy) des Editions Asgard, sous son vrai nom.

Ce faisant il assure également la direction littéraire d’anthologie lorsque tous ses boulots lui en laissent le temps, ce qui arrive trop rarement à son goût..

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