Accueil / Deadman Wonderland 3 – Jinsei Kataoka et Kazuma Kondou

Deadman Wonderland 3 – Jinsei Kataoka et Kazuma Kondou

A ce jour, 11 volumes sont parus au Japon contre 8 en France, grâce aux Editions Kana et leur collection Dark Kana. Avec Deadman Wonderland, nous avons affaire à un manga à succès qui a obtenu son adaptation animée diffusée au Japon durant le printemps 2011. Cette série ultraviolente de Jinsei Kataoka et Kazuma Kondou ne lésine pas sur les effets – pas forcément du meilleur goût – avec une représentation de membres arrachés qui ornent la quatrième de couverture suivante :

Deadman Wonderland, la prison d’où on ne revient pas !
Ganta est accusé d’avoir tué tous les élèves de sa classe. Il est incarcéré à la prison Deadman Wonderland. Pour gagner des jours de vie supplémentaires, les détenus doivent s’affronter dans des épreuves mortelles ! Ganta parviendra-t-il à rester en vie ?

Pour ce troisième volume de la série, la quatrième a été légèrement modifiée par rapport aux précédents. Elle n’éclaire en rien le lecteur sur l’avancement du récit et laisse à penser qu’il va encore s’agir d’une suite de combats qui ne feront pas vraiment évoluer les personnages vers la compréhension de l’enfer carcéral qui leur sert de décor.

Ganta a été séparé de ses amis Shiro et Yô dans l’épisode précédent, afin qu’on lui prélève une portion de la roche étrange qu’il a dans le torse. Lorsqu’il reprend conscience, il fait la connaissance de Minatsuki, une fille de son âge, et à son goût. Là, les mangakas ne sont pas privés de la faire apparaître au fil du récit en petite tenue, comme cela semble être d’usage dans un certain nombre de manga de type shōnen.

Nous sommes en plein dans le carnival corpse, une session de combat entre les prisonniers ayant un pouvoir. Le perdant, comme nous l’avons vu dans l’épisode deux, est condamné à subir une loterie cruelle qui désigne quel organe va lui être retiré par la savante folle au service du directeur de la prison. Le prochain combat va engager à nouveau Ganta qui s’est vu attribuer le nom de combattant de Pic-Vert. Une surprise l’attend quant à la personnalité de son adversaire.

Yô poursuit sa recherche ; il espère retrouver sa sœur dans cette prison. Lui aussi va connaître une grande désillusion. Quant à Shiro, le président est bien décidé à en faire sa créature. Ses pouvoirs semblent cependant difficilement maîtrisables. Nous n’en apprenons guère plus sur ce mal qu’est le deadman dont souffrent nombre de détenus aux pouvoirs surprenants. Même si les guerres de pouvoir se poursuivent dans l’enceinte du bâtiment, un semblant d’ordre arrive encore à être maintenu.

Que dire de ce troisième tome ? Les graphismes sont toujours aussi précis, même si les combats peuvent parfois sembler surchargés par la mise en encre des pouvoirs des combattants. Le scénario paraît de plus en plus mince, même si des pistes nouvelles peuvent s’esquisser. On a l’impression que les auteurs ont décidé d’allonger la sauce pour obtenir plus de volumes sans pour autant enrichir les personnages. Quand cela est fait, c’est de façon assez maladroite. Par exemple, quand Ganta retrouve un souvenir d’enfance – qui n’est pas si loin de son âge actuel – qui est fondamental, cela tombe comme un cheveu sur la soupe.

Là où Jinsei Kataoka et Kazuma Kondou se contentaient de présenter de petits bonus sous forme de blagues plutôt potaches en fin de volume, ils introduisent maintenant dans le récit même quelques remarques qui relèvent de la private joke propre à décontenancer le lecteur. Je ne suis pas un fan invétéré de manga, et n’ai pas toute la culture qui s’y rapporte, ni une vision suffisante de la culture audiovisuelle nippone, aussi la lecture de ce manga devient au fil de ma progression assez pénible. Espérons que la suite ne se limite pas à une série de combats dont le seul intérêt est d’exprimer une violence gratuite.

Deadman Wonderland 3
Jinsei Kataoka et Kazuma Kondou
Editions Kana
Collection Dark Kana
2010

6,85 €

À propos Chris

Chris a toujours apprécié les littératures de l’imaginaire, mais il lit également d’autres genres pour son plus grand plaisir. Il préfère le terme de critique à celui de chronique qui lui semble toujours trop consensuel. Non qu’il dise systématiquement du mal des auteurs, mais quand il tient une bonne daube ou une resucée maladroite alors il laisse la plume glisser dans de bien sombres humeurs. Comme tout lecteur passionné – ça lui arrive parfois – il n’aime rien tant que de devenir festivalier et d’aller à la rencontre des auteurs. Chris participe de temps à autre à des appels à texte et s’intéresse depuis peu à la photographie, histoire d’apprendre à cerner l’essentiel d’une situation comme d’un lieu. Enfin, il aime plus que tout le transgenre et espère avec une certaine impatience pouvoir être à l’origine de la découverte d’un auteur qui aurait l’audace d’écrire un roman policier avec des sorcières, des mutants et bien entendu quelques créatures extraterrestres aux mœurs exotiques, à défaut d’être douteuses.

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*

x

Check Also

Entretien avec Quentin, chanteur de Harmonic Generator

Harmonic Generator est un de ces groupes de rock efficaces que l’on ne peut qu’aimer ...

Watch Dragon ball super