Sept longues années d’attente enfin récompensées pour les fans d’Exodus. Souvent vu comme la cinquième roue du carrosse du thrash américain, le groupe de Gary Holt prouve, avec ce onzième album, qu’il n’a paradoxalement plus rien à prouver. Si ce n’est qu’il n’a rien perdu de ses riffs rageurs.

Certes, la carrière d’Exodus n’a jamais été un long fleuve tranquille. Entre les disputes internes, les départs et retours des uns et des autres, on ne sait jamais trop à quoi s’attendre. S’y ajoute l’indisponibilité de Gary Holt, pris par ses engagements avec Slayer ces dernières années. N’empêche que sept ans, c’est bien trop long pour un groupe qui a marqué de son empreinte la scène thrash depuis plus de 40 ans.

On imagine donc le soupir de soulagement à la sortie de Persona Non Grata en novembre dernier. La question n’est pas de savoir si l’album a vocation à être le disque de l’année, ou s’il se place au sommet de la discographie des Californiens ; chacun en jugera selon son bon plaisir. Ce qui est certain, c’est que le groupe rappelle qu’il n’est pas encore éteint. Nous avons affaire à du très bon Exodus, acéré à souhait, et de quoi mettre les cervicales à rude épreuve. Outre les compositions toujours au poil du sieur Holt, et bien servi par ses comparses, il faut également saluer l’énergie de Steve “Zetro” Souza. Le chanteur n’a pas grand-chose à envier à un Mille Petrozza, et ses performances vocales si particulières s’intègrent parfaitement aux morceaux, qu’ils soient rapides ou plus lourds.

Comme son prédécesseur, Persona Non Grata dépasse tout juste l’heure. On pourrait croire que cela dessert l’album, surtout dans un style aussi rentre-dedans, mais il n’en est rien. L’album se laisse écouter sans déplaisir, et rentre dans le vif du sujet dès le titre éponyme en ouverture. Clickbait ou The Beatings Will Continue (Until Morale Improves), tous deux choisis pour présenter l’album, se montrent redoutablement puissants. Aucun doute qu’ils figureront en bonne place sur les setlists des prochains concerts d’Exodus, pour la plus grande joie des habitués du mosh pit.

À ceux qui se demanderaient encore si Exodus en a encore sous le coude, la réponse est un oui assuré. Persona Non Grata s’inscrit parmi les sorties les plus énergiques du second semestre 2021, à une période bien difficile où l’on a justement besoin de se défouler un bon coup. Et c’est bien là son principal défaut : il rend l’attente des prochains concerts un peu plus pénible !

Souhaitons au passage un bon rétablissement au batteur Tom Hunting, diagnostiqué en début d’année avec un cancer de l’estomac. La sortie de l’album avait été retardée suite à ce triste événement, et il a depuis suivi un traitement qui lui a permis de retrouver le groupe. Aux dernières nouvelles, il était en bonne voie de guérison complète. Une bonne nouvelle dans une année bien trop terne.

Wolflord

Wolflord

Infatigable arpenteur des plans de l’imaginaire, je me réincarne au fil de mes voyages. De Gotham City à R’lyeh, du sanctuaire d’Athéna aux terres de Rokugan, je parcours les mondes en quête de nouveaux défis à relever et d’histoires à raconter. Et sans jamais oublier de prêcher la bonne parole du dieu Metal.

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